Clerc: "Une motivation décuplée"

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Clerc: "Une motivation décuplée"
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"Un peu de gaieté !" Face à une salle de presse un brin endormie, Vincent Clerc affiche un grand sourire. Et l'ailier tricolore a de quoi: avec un sixième essai personnel dans cette Coupe du monde, le Toulousain a pris la tête du classement des meilleurs marqueurs et sera samedi, face aux Gallois, à l'occasion de sa deuxième demi-finale personnelle, encore une fois l'arme n°1 des Bleus. Soucieux surtout de ne pas revivre la désillusion de 2007.

"Un peu de gaieté !" Face à une salle de presse un brin endormie, Vincent Clerc affiche un grand sourire. Et l'ailier tricolore a de quoi: avec un sixième essai personnel dans cette Coupe du monde, le Toulousain a pris la tête du classement des meilleurs marqueurs et sera samedi, face aux Gallois, à l'occasion de sa deuxième demi-finale personnelle, encore une fois l'arme n°1 des Bleus. Soucieux surtout de ne pas revivre la désillusion de 2007. Vincent, comment se déroule cette semaine de préparation avant d'affronter cette redoutable équipe du Pays de Galles ? Comme la semaine dernière. On a quand même pas mal récupéré jusqu'à lundi parce que le match a laissé des traces et un peu de fatigue ; et puis on s'est bien remis à bosser depuis mardi, on a remis la même intensité, le même sérieux et on n'a pas trop changé els choses par rapport au week-end dernier. On essaie d'être sur les mêmes bases de travail. C'est pareil, on a les mêmes objectifs, la pression est différente, on est aux portes d'une possible finale de Coupe du monde et les méthodes de travail restent les mêmes parce qu'on reste ambitieux et on s'est prouvés en plus qu'on pouvait faire des choses intéressantes, donc on a envie de continuer dans cette voie. On a pris du plaisir, on a envie que ça dure. L'équipe de France reste sur trois victoires face aux Gallois. Est-ce que ça vous donne un surplus de confiance ? Non, je pense que ce n'est pas la même équipe galloise, je pense que c'est une équipe qui a progressé ces dernières années ; c'est vrai qu'on les a battus, à chaque fois en faisant de bons matches, mais selon moi, avec les Blacks, c'est l'équipe qui a le mieux joué depuis le début de la compétition, qui a été la plus efficace. Donc les compteurs sont vraiment remis à zéro, on ne peut pas trop prendre de confiance sur les trois dernières années, il faut oublier ces matches-là. "C'est décevant d'échouer à cet instant-là" Qu'est-ce qui rendez cette équipe galloise plus efficace selon vous que dans un passé encore récent ? Je ne sais pas ce qui la rend plus efficace, mais déjà elle avance tout le temps, même sur des phases arrêtées, ils arrivent toujours à reprendre une dynamique d'avancée, même quand ils sont contrés, ils arrivent à conserver le ballon très longtemps ; elle s'appuie sur des joueurs très puissants qui la placent dans cette dynamique, et avec des avants qui se déplacent énormément, qui sont à la fois capables d'aller à l'affrontement, mais aussi de faire jouer leurs trois-quarts pour faire jouer ensuite sur les extérieurs. Je crois qu'ils ont vraiment trouvé leur carburation entre avants et trois-quarts. Ils ont une capacité assez énorme, même dans la difficulté, à trouver une brèche et avoir énormément de variation dans le jeu. Vous avez-vous-même, comme plusieurs autres coéquipiers, déjà disputé une demi-finale de Coupe du monde en 2007, ce sera pour certains la deuxième. Les Gallois sont tous novices à ce niveau. Est-ce que ce déficit d'expérience peut avoir une influence ? Non, je pense qu'un quart de finale ou une demi-finale, c'est presque la même chose, un match éliminatoire avec beaucoup de pression, donc à mon avis, ça ne change pas grand-chose pour eux. Maintenant, c'est vrai qu'on est pas mal dans le groupe à avoir déjà subi une élimination en demi-finale d'une Coupe du monde et on n'a pas l'intention de le revivre. C'est décevant d'échouer à cet instant-là, d'autant plus qu'en 2007, on avait été éliminé en France. En ce qui me concerne, je n'ai pas envie de le revivre, et j'espère que tous ceux qui l'on connu, et même ceux pour qui ça n'est pas le cas, auront une motivation décuplée pour aller chercher une finale de Coupe du monde. Vous figurez en tête du classement des meilleurs marqueurs d'essais. On imagine qu'en termes de confiance, lorsqu'on reste sur une série de 8 essais en 8 matches, c'est forcément un plus. Comment vous situez-vous par rapport à ça ? Ce n'est pas tellement l'essai, qui donne de la confiance. Je n'y réfléchis pas trop, en fait, ça vient naturellement, ça vient pas, c'est pas grave. Moi, j'aime bien marquer, j'aime bien pouvoir finir des coups, mais je n'en fais pas un objectif personnel durant un match. Dans cette Coupe du monde, j'ai souvent été à la finition, mais je n'avais plus qu'à courir et à aplatir ; ça veut dire qu'on réussi à envoyer le ballon sur les ailes. C'est plus anecdotique et c'est sympa de marquer parce que lorsqu'on est ailier, on aime valider le travail des autres et souvent, on est à la conclusion du travail de ses coéquipiers. La confiance, elle vient surtout du fait qu'on est en forme, qu'on a pris beaucoup de plaisir ce week-end, alors qu'on en n'avait pas pris spécialement contre le Tonga, qu'on enchaîne les matches de haut niveau depuis maintenant un mois et demi et qu'on se sente de mieux en mieux. La confiance, elle vient de la performance et de la façon dont on se sent sur le terrain. C'est monté en puissance depuis le Japon. "On ne sait pas si on le revivra un jour " On insiste beaucoup sur la longévité de Shane Williams, vous sentez-vous personnellement mieux dans votre jeu qu'il y a de cela quatre ou cinq ans ? Oui, je me sens vraiment bien, je me sens aussi bien physiquement et j'ai plus d'expérience ; il y a sûrement des choses que je discerne mieux sur le terrain, je suis moins fou-fou à certains moments et je pense que je commets moins d'erreurs sur le terrain, et ça vient avec l'expérience, c'est certain. Vous avez enchaîné tous les matches depuis le début de la compétition. Physiquement, comment le gérez-vous ? Je le gère bien. On se sent bien, on a eu cette chance de se préparer deux mois et demi ; ça monte en puissance au contraire et il n'y a pas encore de fatigue, si ce n'est une fatigue normale liée à l'intensité des matches de ce niveau-là, mais on récupère bien. C'est vraiment dû à une bonne préparation physique. Le fait de vivre pour certains d'entre vous peut-être une dernière demi-finale de Coupe du monde, c'est une source de motivation supplémentaire ? Oui, c'est vrai qu'il y a plein de sources de motivation quand on est engagé dans une semaine comme ça. C'est peut-être la fin, mais même pour ceux qui sont plus jeunes, on ne sait jamais si on reviendra à ce niveau-là, si on rejouera une Coupe du monde ou si on arrivera en demi-finale. Potentiellement, c'est peut-être la dernière finale de Coupe du monde, qui s'offre à nous, donc on a envie d'en profiter, de se donner les chances de franchir une étape supplémentaire et peut-être d'aller chercher encore plus loin... Mais la motivation, qu'on soit jeune ou vieux, qu'on l'ait déjà vécu ou pas, elle est toute trouvée parce qu'on ne sait pas si on le revivra un jour.