Citroën, la guerre des chefs

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Citroën, la guerre des chefs
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Deux pilotes de top niveau et une DS3 déjà au-dessus du lot. Le rallye de l'Acropole a été le théâtre d'une magnifique bagarre entre Sébastien Ogier, finalement vainqueur, et un Sébastien Loeb qui n'a pas forcément toujours compris la stratégie de son équipe. Il en ressort, malgré les risques évidents, que les deux pilotes sont traités avec une stricte égalité. Tant mieux pour le spectacle.

Deux pilotes de top niveau et une DS3 déjà au-dessus du lot. Le rallye de l'Acropole a été le théâtre d'une magnifique bagarre entre Sébastien Ogier, finalement vainqueur, et un Sébastien Loeb qui n'a pas forcément toujours compris la stratégie de son équipe. Il en ressort, malgré les risques évidents, que les deux pilotes sont traités avec une stricte égalité. Tant mieux pour le spectacle. Sébastien Loeb a compris. Tout septuple champion du monde qu'il est, l'Alsacien n'est plus le pilote numéro 1 de l'équipe Citroën. Ou plutôt, il n'est plus le seul numéro 1. Durant un rallye de l'Acropole qu'il aura vécu en position de balayeur, Loeb a ramé pour rester devant. Il a cravaché dur avant de subir le choix tactique de Sébastien Ogier, samedi, qui a pris le parti de ralentir pour ne pas avoir à balayer. Une tactique connue et appliquée de longue date, pour contrer un règlement injuste amené à disparaître en 2012. "On a balayé deux jours et on a été une fois 2e sur la piste, explique Loeb. En trois jours, on a été pénalisé tout le temps, alors finir 2e comme ça, ça prouve qu'on était les plus rapides. C'est juste frustrant de ne pas gagner quand on est les plus rapides mais c'est la réglementation. On termine à 10 secondes mais on ne pouvait pas faire mieux." Un propos tenu dimanche à l'issue de la course, qui était évidemment édulcoré par rapport à son coup de colère de samedi, quand il a compris qu'il serait encore leader au soir de la deuxième étape (et donc qu'il balaierait encore dimanche) car Ogier avait volontairement perdu 17 secondes dans la dernière spéciale. De fait, Loeb connaissait la fin du film, puisqu'il a avoué ensuite qu'il aurait fait la même chose en sens inverse. Et la fin du rallye a donné raison à Ogier, qui s'est imposé, mais également à Olivier Quesnel, puisque les DS3 ont réalisé un doublé qui leur permet de réaliser une double bonne opération, au classement des pilotes et des constructeurs. "C'est le premier doublé de Citroën en Grèce, il est agrémenté d'un doublé en power stage, s'extasie Quesnel. C'est le 22e doublé de la marqué à égalité avec Lancia, le 100e podium pour Loeb." Quesnel "regrette que cette règle existe encore" Le patron de l'écurie Citroën n'oublie pas non plus de ménager Sébastien Loeb: "Le rallye a été très dur et s'est joué à peu de choses, avec toujours cette règle du balayage qui me gêne énormément et qui fait que Loeb, depuis le début, balaye pour tout le monde. Je lui tire mon chapeau d'avoir pu terminer 2e, car honnêtement il y avait de quoi baisser les bras ou finir plus loin. Je regrette que cette règle existe encore." Au-delà du résultat final, Loeb a désormais totalement intégré la donnée suivante: Ogier doit, par contrat, être traité à égalité avec lui. Or, le Haut-Alpin est extrêmement rapide. Ce qui, forcément, aura des incidences pour les deux hommes, qui seront nécessairement en position d'affrontement direct d'ici la fin de la saison. Sans la moindre consigne. Ce qui représente évidemment un risque pour Citroën, mais la vélocité des deux pilotes semble surtout constituer, aujourd'hui, un atout phénoménal. Avec six succès (trois pour Loeb et trois pour Ogier) lors des sept premiers rallyes, l'écurie aux Chevrons n'a guère pâti de cette lutte. Bien au contraire.