Ciao Marco

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Ciao Marco
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Les médias italiens ont abondamment relayé ce dimanche la mort de Marco Simoncelli, décédé suite à un accident lors du Grand Prix de Malaisie. Les stades de la péninsule ont observé une minute de silence dimanche après-midi et les hommages se multiplient. Attachant, "Super Sic" n'avait pas que des amis en raison de son comportement agressif en piste mais laisse le MotoGP orphelin d'un talent fou à la trajectoire brisée à 24 ans.

Les médias italiens ont abondamment relayé ce dimanche la mort de Marco Simoncelli, décédé suite à un accident lors du Grand Prix de Malaisie. Les stades de la péninsule ont observé une minute de silence dimanche après-midi et les hommages se multiplient. Attachant, «Super Sic» n'avait pas que des amis en raison de son comportement agressif en piste mais laisse le MotoGP orphelin d'un talent fou à la trajectoire brisée à 24 ans. Il avait la fougue, l'impétuosité, le talent mais aussi les défauts de la jeunesse. Marco Simoncelli laisse un terrible vide dans le monde de la moto, foudroyé par le décès d'un pilote au talent fou, parti à 24 ans dans la touffeur malaise du circuit de Sepang. Partout règne la même émotion. Son portrait avec ces cheveux ébouriffés qui faisaient sa marque a été affiché entre autres sur l'écran géant du stade olympique de Rome avant la rencontre de football entre la Roma et Palerme. Le choc est énorme et l'Italie, passionnée de moto, s'est réveillée ce lundi avec les terribles images de la chute puis du choc entre Simoncelli, pantin coincé sous sa Honda, et Edwards puis entre "Super Sic" et Rossi, son ami, choqué, effondré et qui a fini par quitter le circuit sans un mot. Forçant l'admiration du paddock, le père du champion, Paolo, avait traversé les stands pour annoncer et répéter la terrible nouvelle. Il n'y avait plus rien à faire. Malgré les efforts des médecins qui avaient tenté en vain de le réanimer, Marco, victime d'un arrêt cardiaque durant son transfert vers la clinique mobile, s'était envolé. A 24 ans à peine. Et la MotoGP de ressasser d'autres terribles images, celle de Daijiro Kato se tuant à Suzuka en 2003 (déjà avec le team Gresini, cruel clin d'oeil du destin) ou de Shoya Tomizawa en Moto2 à Misano l'an passé... Le débat sur la dangerosité de la moto sera sans doute relancé comme celui sur la sécurité. Déjà, l'enquête se met en place via les systèmes électroniques embarqués. L'autopsie pratiquée après le retour du corps en Italie ce lundi soir devrait aussi permettre d'en savoir plus sur les circonstances du drame. Selon la presse italienne, le choc entre Edwards et Simoncelli aurait eu lieu à plus de 100 km/h, brisant les vertèbres cervicales du pilote Honda. L'aide électronique visant à assurer l'antipatinage n'aurait pas bien fonctionné. La Gazzetta Dello Sport rappelle ce lundi matin que les combinaisons renforcées par un airbag et diverses plaques ne permettent toujours pas de protéger suffisamment les cervicales lors d'un tel concours de circonstances. Quel avenir pour Rossi ? Stigmatiser la moto, cette discipline spectaculaire, engagée mais dangereuse comme d'autres, serait oublier l'essence même de ce sport. Oui, la moto comprend sa part de risques mais le destin a rappelé à quelques jours d'intervalle que la mort peut toucher n'importe quel acteur des sports mécaniques, l'Anglais Dan Wheldon en ayant fait les frais il y a une semaine au volant de sa monoplace d'Indycar. Triste mois d'octobre... Cruels, les faits ont voulu en plus que Rossi soit aussi impliqué dans l'accident de son ami, celui perçu comme son héritier. Le pilote Ducati n'a rien pu faire et a lourdement heurté la tête de son ami, emportant son casque avant que le corps inerte de Simoncelli ne stoppe sa course folle sur le côté gauche de la piste. "Vale" avait fait de son compatriote son petit protégé, répondant aux critiques sur son pilotage agressif, stigmatisé notamment par Dani Pedrosa après une joute virile, trop engagée, au Mans. La chute de l'Espagnol avait valu à Simoncelli un passage obligatoire par les stands et de vives critiques. "J'ai vu son père et nous nous sommes pris dans les bras, tout le reste ne compte plus. C'était un accident terrible et tout le monde est encore sous le choc dans le paddock. On oublie beaucoup trop souvent à quel point ce sport peut être dangereux et lorsqu'on perd quelqu'un comme ça, on a l'impression que tout a perdu son sens", a commenté dans la journée le pilote Honda au sujet d'un Simoncelli vu comme l'un des grands espoirs du MotoGP, fort de deux podiums cette saison, trois ans après son titre en 250cc, devenu Moto2 en 2010. Rossi lui s'est longtemps tu, alimentant les rumeurs et déclarations hâtives. Certains parlaient déjà de l'annonce d'une retraite immédiate, la mort de son ami étant le coup de trop après une saison pénible au guidon d'une Ducati difficile à maitriser. Dans la soirée, l'un des amis les plus proches de Rossi démentait sur son compte Twitter, repris par La Gazzetta Dello Sport : "Pour ceux qui en font la demande, il n'a vraiment pas la tête à penser à se retirer." Dans la foulée, le nonuple champion du monde publiait un hommage sur son Twitter: "Sic" (surnom de Simoncelli, ndlr) était pour moi comme un frère plus jeune. Si fort en piste, si agréable dans la vie. Il me manque tellement." Sa peine est si grande qu'il convient de s'interroger sur ses motivations et son envie de disputer un dernier Grand Prix, de toute façon sans enjeu, dans deux semaines à Valence. Un rendez-vous espagnol bien illusoire où la silhouette et l'exubérance de Marco Simoncelli nous manqueront de toute façon terriblement...