Chavanel échoue pour un souffle

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Chavanel échoue pour un souffle
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Grand animateur de la course, Sylvain Chavanel, qui a fait la course en tête pendant plus de 80 kilomètres, a échoué à la deuxième place du Tour des Flandres, la faute à un sprint mal maîtrisé. Le Français abandonne les honneurs de la victoire au Belge Nick Nuyens, deuxième en 2008 derrière son compatriote Stijn Devolder, qui, à 30 ans, signe la plus belle victoire de sa carrière.

Grand animateur de la course, Sylvain Chavanel, qui a fait la course en tête pendant plus de 80 kilomètres, a échoué à la deuxième place du Tour des Flandres, la faute à un sprint mal maîtrisé. Le Français abandonne les honneurs de la victoire au Belge Nick Nuyens, deuxième en 2008 derrière son compatriote Stijn Devolder, qui, à 30 ans, signe la plus belle victoire de sa carrière. Bientôt 20 ans que Jacky Durand a inscrit son nom au palmarès du Tour des Flandres. C'était en 1992, au terme d'une échappée au long cours, plus de 222 kilomètres en solitaire, dont il avait le secret. Un exploit rare du sport français dont Sylvain Chavanel aurait pu se faire l'héritier cette année. La victoire sur le Ronde 2011 ne se sera jouée qu'à une demi-longueur, celle conservée par Nick Nuyens sur la ligne d'arrivée, laissant le Français à ses regrets. Et ils sont immenses tant l'ancien protégé de Jean-René Bernaudeau dans ses jeunes années, passé chez Cofidis avant de rejoindre la Quick Step en 2009 pour progresser sur ce genre de classiques, aura été l'un des grands animateurs de cette course, le seul, peut-être, capable de rivaliser ce dimanche avec Fabian Cancellara, le grand favori à sa propre succession au départ. S'il n'a pas la folie de son aîné, encore que, le Châtelleraudais a en effet du panache plein les guiboles. Suffisamment pour se porter à l'avant de la course à plus de 80 kilomètres de l'arrivée et pour insister, qu'importe les réactions épidermiques du peloton. "J'étais dans une forme exceptionnelle aujourd'hui, confiait-il à l'arrivée à Sporza. J'avais des jambes de feu. J'ai voulu anticipé et lancé la bagarre tôt parce que, à la pédale, dans les monts, je suis un ton en dessous des Cancellara, Gilbert et autres, sans me sous-estimer." Si on devine derrière cette échappée une consigne d'équipe de la part de Patrick Lefévère afin de placer son coureur en éclaireur pour Tom Boonen, revanchard un an après avoir été humilié par la fusée suisse dans le mur de Grammont, le Français a le mérite de jouer son rôle avec conviction, partant seul au sommet du Mollenberg, à près de 50 bornes de l'arrivée. Dans la roue de Spartacus... Mieux, le double vainqueur d'étape sur le dernier Tour de France est suffisamment costaud pour s'accrocher à la roue de Cancellara, l'homme à battre sur cette 95e édition, quand son leader, Boonen, et tous les autres outsiders (Boasson Hagen, Boom, Van Avermaet, Leukemans ou encore Pozzato) sont incapables de suivre l'accélération du Suisse dans le Leberg. Le mur de Grammont approche et le scénario implacable de la saison dernière ressurgit quand « Spartacus », sans même se lever de sa selle, avait laissé Boonen sans réaction. La pancarte de favori est cependant trop grosse dans le dos du Bernois et, sous l'impulsion des BMC et Vacansoleil, les grosses cuisses du peloton reviennent au milieu du mur sur les deux hommes de tête, malgré l'insistance de Cancellara, toujours suivi comme son ombre par Chavanel. Si ce n'est le Mur de Grammont, le Bosberg permet un dernier écrémage devant le coup de pédale de Gilbert, lequel emmène dans sa roue Scheirlinckx, Ballan, Leukemans, Cancellara et... Chavanel. Six hommes pour la gagne ? Le nombre de prétendants double avec le retour, à six kilomètres de Meerbeke, de Flecha, Nuyens, Thomas, Lengeveld, Boonen et Hincapie. Douze mercenaires pour un Ronde, c'est trop et Cancellara repart à l'attaque à trois bornes de la ligne. Un dernier coup de poker auquel Chavanel, encore et toujours, et Nuyens sont les seuls à répondre. La victoire se jouera au sprint. Une épreuve de force que Chavanel, peut-être déstabilisé par le retour de Boonen, négocie mal, permettant à Nuyens, deuxième en 2008 derrière son compatriote Stijn Devolder, de mettre à 30 ans la main sur la plus belle victoire de sa carrière. "Il m'a manqué un peu de fraîcheur dans le sprint après avoir passé plus de 100 kilomètres devant", regrettait Chavanel. "Cette deuxième place, je ne la vole pas. Mais je vais avoir du mal à trouver le sommeil ce soir en repensant au scénario, surtout ce sprint où j'ai coupé deux fois mon accélération." D'autant qu'à bientôt 32 ans, les occasions seront rares de faire aussi bien à l'avenir...