Chauvin: "En pleine reconstruction"

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Chauvin: "En pleine reconstruction"
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Fraichement arrivé à Nantes en juin dernier, Landry Chauvin débarque dans des eaux tumultueuses, où près de 12 entraineurs successifs se sont noyés en l'espace de 8 saisons. Mais l'ex-entraîneur de Sedan ne compte pas se laisser abattre, et "promet du travail" cette saison pour parvenir à reconstruire quelque chose de solide sur les fragiles fondations de ce chef d'oeuvre en péril.

Fraichement arrivé à Nantes en juin dernier, Landry Chauvin débarque dans des eaux tumultueuses, où près de 13 entraineurs successifs se sont noyés en l'espace en 8 saisons. Mais l'ex-entraîneur de Sedan ne compte pas se laisser abattre, et "promet du travail" cette saison pour parvenir à reconstruire quelque chose de solide sur les fragiles fondations de ce chef d'oeuvre en péril. Est-ce que, malgré 3 défaites en 4 matchs amicaux, le stage de préparation vous a satisfait ? On ne peut pas dire que perdre 3-0 ou 4-0 puisse donner confiance ! Il y a énormément de travail, on le sait, mais il y a aussi des signes annonciateurs de bonnes choses à venir, donc j'espère que ça se fera le plus rapidement possible. Au niveau de l'investissement et de la manière dont mes joueurs ont travaillé, il y a beaucoup de satisfaction, maintenant c'est vrai que pour l'instant il n'y a aucune répercussion de cela sur nos résultats lors des matchs amicaux, donc il y a malgré tout une petite inquiétude. Est-ce les résultats qui vous inquiètent ou le jeu proposé ? Le jeu surtout parce qu'il n'y a pas de résultats sans jeu dans la continuité. Défensivement, on est beaucoup trop friables pour pouvoir vivre une saison sereine. Quel sera donc votre objectif cette saison ? Aujourd'hui il est difficile d'avoir un objectif sur le long terme. Dans un premier temps, on est là pour reconstruire un groupe, une équipe. Il va falloir s'armer de patience et j'espère qu'on aura quelques bons résultats au départ, qui nous amèneront ce petit soupçon de confiance, mais qui nous fuit en ce moment, car aujourd'hui on n'a pas trop de repères. Est-ce que vous êtes satisfait du groupe à votre disposition ? On cherche aujourd'hui un remplaçant à N'Dy Assembé, qui quitte le club, et Simon Pouplin fait partie des pistes qu'on explore, mais il n'y a rien de concret pour le moment. On reste également à l'affût au poste de latéral gauche. On a un groupe qui apprend à se connaitre puisqu'il y a eu quatorze départs à l'intersaison. On est en pleine reconstruction, seuls trois joueurs étaient titulaires l'année dernière, donc on a besoin de vécu, donc de temps forcément, et c'est la traditionnelle difficulté de l'entraineur de trouver du temps pour construire. "Au moindre grain de sable, ça lâche trop facilement" Vous étiez l'an passé l'entraineur de Sedan, qui a terminé deuxième meilleure attaque du championnat, allez-vous tenter d'apporter ce football offensif à Nantes ? Avant de faire de grandes déclarations, il faut toujours rester très prudent. J'aimerai qu'on arrive à trouver un style comme on avait pu le mettre en place sur trois saisons à Sedan. J'aimerai donc que l'on ait autant de patience et de temps comme on m'a laissé à Sedan pour pouvoir y parvenir. Car tout peut s'emballer rapidement à Nantes, êtes-vous inquiet par rapport à ce contexte ? Non, ça ne sert à rien d'avoir peur, je suis très serein. Maintenant, j'ai conscience que c'est un paramètre qu'il faut savoir maitriser quand on est entraîneur, mais pas seulement à Nantes. Suite à la défaite face à Bastia (4-0), vous avez déclaré vendredi dernier: "Il y a un problème qui dure à Nantes, c'est le mental." J'ai dit ça sous le coup de la colère parce qu'au moindre grain de sable, ça lâche beaucoup trop facilement. Donc pour être des compétiteurs de haut niveau, c'est d'abord la tête qui doit entraîner le coeur et les jambes. C'est pour ça que c'est important d'être beaucoup plus costauds là-haut. Une saison n'est jamais linéaire, il y a toujours des passages difficiles, et il faut être costauds dans ces moments-là pour les surmonter parce que si à la moindre contrariété on s'enfonce, alors là, ça devient compliqué. Comment comptez-vous remédier à cela ? Je crois beaucoup aux rapports humains, au dialogue et à la confiance mutuelle, donc c'est cet état d'esprit que l'on va adopter. Pour avancer il faut avoir confiance en soi et confiance en ses partenaires, donc c'est là-dessus qu'on travaille aujourd'hui. "Le jeu "à la nantaise" ne reviendra pas d'un coup de baguette magique" Est-ce que Nantes souffre encore de la disparition du jeu "à la nantaise" depuis les années 2000 ? Il y a tellement eu de choses magnifiques qui ont été faites ici qu'il y a encore ce cliché qui existe, et je crois qu'aujourd'hui il faut un peu le dépasser. On aimerait tous retrouver ce jeu "à la nantaise". Mais ça ne s'est pas fait en un jour, et ça ne reviendra pas comme ça d'un coup de baguette magique ! Donc il ne faut surtout pas essayer de copier car chaque époque avec ses joueurs ont leur spécificité. Le FC Nantes a connu 13 entraîneurs en 8 saisons, qu'allez-vous apporter de différent ? Vous savez l'entraîneur est d'abord jugé sur ces résultats. Moi, je crois simplement à une chose, c'est que les résultats ne sont que le fruit du travail. Je ne vais pas me prendre pour ce que je ne suis pas, je sais d'où je viens, la seule chose que je peux promettre, c'est du boulot. Tout en étant cohérent dans ce que l'on souhaite faire. Et on sait aussi qu'un entraineur n'est rien sans l'adhésion de ses joueurs, donc c'est un travail en commun qu'on a à fournir pour que la saison soit la meilleure possible. Premier match ce vendredi face à Reims en Coupe de la Ligue, quelle importance accordez-vous à cette rencontre ? C'est un premier match de compétition officielle donc c'est important d'être proche de son maximum, on sait qu'on ne sera sans doute pas à 100% de nos possibilités, mais j'espère qu'on pourra franchir un palier dans la constance et la consistance de ce que l'on fait. Comptez-vous sur l'appui du public pour réaliser une belle saison ? Le public, il faut qu'on le reconquière car il a déserté La Beaujoire. Il n'est pas toujours derrière son équipe, mais bon, c'est comme partout vu qu'il a été habitué à du très bon et qu'aujourd'hui il est plutôt sevré de dessert. Donc si on veut qu'il soit à nouveau derrière nous, c'est à nous de faire le premier pas.