Chabal, le chouchou

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Chabal, le chouchou
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RUGBY - Sébastien Chabal a une nouvelle fois été plébiscité sportif préféré des Français.

RUGBY- Sébastien Chabal a une nouvelle fois été plébiscité sportif préféré des Français. A 32 ans, le géant barbu entame sous les couleurs du Racing sa deuxième saison de Top 14 depuis son retour d'exil en Angleterre. Déjà barragiste la saison dernière pour son retour dans l'élite, la fusée Racing est prête à ajouter un étage supplémentaire qu'un recrutement cinq étoiles autorise pour décrocher la lune. De l'ambition, l'ancien chouchou de Sale en déborde. Il fallait voir à Brive cap'tain Chabal sauter un cabri devant le premier essai de la saison inscrit par Wisniewski dès l'entame. Et pourtant, il y a encore quatre mois, l'international tricolore était loin d'afficher la grande forme qui est la sienne aujourd'hui avec un dos en capilotade, qui s'il l'a privé de tournée dans l'hémisphère sud lui a permis de goûter un repos salvateur. Un jeune homme, dont la cote auprès du grand public ne cesse d'être à son zénith. Pour la deuxième année consécutive, Chabal est plébiscité en tant que sportif préféré des Français par L'Equipe Mag(*). Une reconnaissance qu'il prend avec pas mal de recul. "Ce n'est pas rien, mais c'est du vent en même temps. Je n'ai pas changé ma façon de vivre. Je suis resté abordable, franc et direct." Lui qui, trop soucieux de sa tranquillité, jurait il y a quelques années encore qu'il ne signerait jamais à Paris, vit sa notoriété en toute simplicité. "C'est vrai, mais je n'habite pas Paris. Je vis à trois minutes du terrain d'entraînement. Je suis assez casanier: je travaille, je rentre en famille, je fais quelques promenades dans le parc de Sceaux. Et puis on fait les touristes les jours de repos: Cité des sciences, tour Eiffel, le Louvre..." Ainsi va la vie de Chabal... J'ai le même train de vie qu'il y a dix ans Et à ceux qui lui reprochent d'être devenu plus un produit marketing très rentable qu'un joueur incontournable, il renvoie la réussite du Racing, où il a trouvé un club à sa mesure. "Il n'y a pas de marque Sébastien Chabal. Je suis juste un joueur de rugby. Je pense que c'est surtout le Racing qui m'a pris pour reconquérir de la notoriété. Moi, je suis venu pour relever un défi sportif, pas pour l'image. (...) J'ai le même train de vie qu'il y a dix ans, les mêmes amis. Je roule dans la voiture du club. Je me suis acheté une belle maison dans la Drôme, face au Vercors. Je place mon argent. Je fais des petits tas pour mon après-rugby, comme disait mon grand-père. Mais pas en Bourse. On ne joue pas avec l'argent." Le jeu, Chabal le conçoit avant tout sur le pré chaque week-end sous les couleurs d'un Racing avec lequel le troisième ligne voit très loin. "Notre recrutement peut nous permettre de jouer les premiers rôles. Avec la Coupe du monde en ligne de mire, il va falloir être performant en club. On aura plus de pression. L'objectif n'est plus le maintien. Finir dans les six serait très bien. Dans les deux premiers, ce serait parfait." Avec des renforts du calibre de Hernandez ou Fall, c'est aussi la pression médiatique qui se dilue quelque peu au Racing. Une perspective loin de lui déplaire. "Je n'ai pas de rival", lâche un Chabal, qui aura sans doute quelques conseils à glisser au jeune Benjamin Fall sur les pièges de la médiatisation. (*) Avec 39,1 % des opinions interrogées, Chabal devance le pilote de rallye Sébastien Loeb (35,7 %) et la cycliste Jeannie Longo (35,1 %). (Sondage réalisé pour L'equipe Mag par l'institut TNS Sofres-Logica les 7 et 8 juillet 2010 auprès d'un échantillon national de 1 075 personnes représentatif de l'ensemble de la population française âgée de 15 ans et plus.)