Ce n'est pas encore l'Amérique

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Ce n'est pas encore l'Amérique
@ REUTERS
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EQUIPE DE FRANCE - Les Bleus se sont imposés (1-0) face aux USA dans un match guère emballant.

La série continue. L'équipe de France a poursuivi sa série d'invincibilité, en signant un seizième match sans défaite, vendredi soir, au Stade de France, face aux Etats-Unis. Mais la victoire, car victoire il y a eu (1-0), a été bien longue à se dessiner. Ce sont deux joueurs venus du banc qui ont fait la différence. Sur une habile passe lobée, Marvin Martin a servi Loïc Rémy qui a fait preuve de son sang-froid habituel devant le but pour tromper Tim Howard (73e). Quelques minutes auparavant, l'attaquant marseillais avait déjà été tout près d'ouvrir le score, dans la même situation. La bonne deuxième mi-temps tricolore est venue contraster avec 45 premières minutes très médiocres durant lesquelles les Bleus n'ont pas cadré un seul tir...

Jérémy Mathieu (930x620)

© MAXPPP

Quatre nouveaux Bleus. Pas moins de quatre joueurs ont fêté leur première sélection chez les A lors de ce France-USA. Titulaire au coup d'envoi, le latéral gauche valencian Jérémy Mathieu (photo) est plutôt bien entré dans la rencontre avant de rater plusieurs gestes techniques, dont un coup franc des 25 mètres. Associé à Adil Rami dans l'axe de la défense, le joueur d'Arsenal Laurent Koscielny n'a pas été exemplaire dans ses interventions mais a eu toujours le souci de relancer proprement. Entré en jeu peu avant l'heure de jeu, le milieu de terrain lyonnais Maxime Gonalons a dû jouer un premier ballon brûlant dans sa propre surface de réparation. Il fut très discret ensuite. Enfin, le Montpelliérain Olivier Giroud, qui a joué la dernière demi-heure seul en pointe, a fait des débuts encourageants, même s'il a manqué deux belles occasions de but dans le temps supplémentaire, la première sur une frappe légèrement dévissée alors qu'il était seul face au gardien (90e+1), la seconde sur un tir en angle (très) fermé qui est venu s'écraser sur le poteau gauche du but américain. A revoir.

Ça ne s'anime pas. Pour ce match amical, Laurent Blanc avait décidé d'abandonner son traditionnel 4-2-3-1 pour un 4-4-2 avec deux attaquants axiaux, en l'occurrence l'inamovible Karim Benzema et le Parisien Kévin Gameiro et deux milieux excentrés, Franck Ribéry à gauche et Jérémy Ménez à droite. Force est de constater que ça n'a pas trop marché. Comme avec le PSG, Gameiro a touché très peu de ballons et Ménez a fait beaucoup de mauvais choix, avant de mieux terminer. Ce fut l'inverse pour Ribéry, plutôt à son avantage en début de match avant de décliner nettement par la suite. Benzema, lui, s'est toujours rendu disponible et a même trouvé la barre transversale sur une reprise de la tête à un mètre du but. Mais c'est après la sortie du joueur du Real que les Bleus ont forcé le verrou de la défense américaine, lors de leur retour en 4-2-3-1 avec Martin en animateur axial derrière Giroud et aux côtés de Rémy.

Mathieu Debuchy (930x620)

© MAXPPP

Debuchy, une vraie satisfaction. A l'issue d'une première mi-temps insipide, il était le seul Bleu à sortir clairement du lot. Percutant dans ses déboulés et tranchant dans ses interventions, Mathieu Debuchy a été le Français le plus solide sur la durée. En fin de match, il a récolté un carton jaune pour une faute "utile" sur Clint Dempsey, qui menait la contre-attaque US. Le joueur de Fulham a été l'un des Américains les plus en vue, avec son compère de l'attaque Jozy Altidore. On notera également la bonne performance du gardien Tim Howard ainsi que la bonne discipline tactique de l'équipe entraînée par l'Allemand Jürgen Klinsmann.

Un laser et une sirène. Si les éclairs ont été rares sur le terrain, un laser, lui, est descendu bien trop souvent des gradins. Plaie habituelle des tribunes, ce rayon vert censé déstabiliser les joueurs a arrosé tout le monde, jusqu'au sélectionneur Laurent Blanc lors de son interview d'avant-match. Si des yeux ont souffert, que dire de nos oreilles, avec ce perpétuel bruit de sirène, sorte de réminescence des stades russes ou ukrainiens. Les 67.000 spectateurs du Stade de France (dont 1.500 Américains), eux, n'ont visiblement voulu retenir que la victoire en applaudissant poliment leurs joueurs au coup de sifflet final. Allez, à mardi, pour France-Belgique...