Cavendish est bien le plus fort

  • A
  • A
Cavendish est bien le plus fort
Partagez sur :

Grand favori de la course, Mark Cavendish a remporté au forceps son premier titre de champion du monde. Le Britannique a devancé de justesse l'Australien Matthew Goss, à l'issue d'un sprint pour costauds. L'Allemand André Greipel complète le podium, à la photo finish, devant l'étonnant Fabian Cancellara (Suisse). Premier Français, Romain Feillu arrache la sixième place d'une course longtemps animée par Anthony Roux.

Grand favori de la course, Mark Cavendish a remporté au forceps son premier titre de champion du monde. Le Britannique a devancé de justesse l'Australien Matthew Goss, à l'issue d'un sprint pour costauds. L'Allemand André Greipel complète le podium, à la photo finish, devant l'étonnant Fabian Cancellara (Suisse). Premier Français, Romain Feillu arrache la sixième place d'une course longtemps animée par Anthony Roux. Il le reconnaît lui-même, c'était sans doute la chance de sa vie. Au sortir d'une saison encore une fois exceptionnelle, marquée par cinq nouvelles victoires d'étapes sur le Tour de France et un premier maillot vert à Paris, Mark Cavendish a profité d'un circuit taillé pour les sprinteurs, et donc pour lui, pour conquérir, à 26 ans, le premier titre de champion du monde sur route de sa carrière. A Copenhague, la bombe de l'Ile de Man a encore explosé au terme des 266 kilomètres d'une course éprouvante, mais parfaitement gérée de bout en bout par une équipe de Grande-Bretagne (Froome, Thomas, Wiggins, Millar...) plus royale que jamais. A l'arrivée, Cavendish, seulement le deuxième britannique à revêtir la précieuse tunique arc-en-ciel, n'a pas manqué de saluer le travail de ses coéquipiers, comme il en a l'habitude. "Je sais que je succède à Tom Simpson cet après-midi. C'est un travail exceptionnel de mon équipe, du départ à l'arrivée, a réagi le Cav' après sa victoire, devant les caméras d'Eurosport. On s'était dit ce matin que cela pourrait être notre unique chance de devenir champion du monde. Nous avons beaucoup travaillé cette saison pour ce succès. Maintenant on pense aux Jeux Olympiques qui sont un objectif pour nous. On était huit au départ et on veut tous promouvoir notre sport dans notre pays." La crème des sprinteurs Habitué à tout rafler sur son passage lors des grands Tours (30 victoires d'étape), dans le sillage de l'époustouflant train de la HTC, Cavendish a cette fois bâti sa victoire avec l'ossature de l'équipe Sky, pour laquelle il devrait rouler l'an prochain. Dès les premières attaques, Wiggins, parfait capitaine de route (et même beaucoup plus), et sa bande ont pris les commandes de la course, en compagnie de l'Allemagne (Degenkolb, Kittel, Greipel), pour contrôler un peloton remuant. Parmi les coureurs qui avaient la bougeotte, il faut saluer la grosse performance d'Anthony Roux. Pour ses premiers Mondiaux, le coureur de la FDJ, 24 ans seulement, a passé plus de 200 kilomètres à l'avant, rejoint après la mi-course par Yoann Offredo, et avait encore la force pour se lancer dans un baroud d'honneur en solitaire dans l'avant-dernier tour. Avec un Thomas Voeckler dernier attaquant, et la sixième place de Romain Feillu à l'arrivée, les Français ont joué crânement leur chance, et ne pouvaient guère espérer mieux dans un final pour hommes très forts. Cavendish, donc, était le plus costaud d'entre tous, mais il a dû s'employer dans une dernière ligne droite exigeante, qui a en a rebuté plus d'un (dont Peter Sagan, 12e devant Anthony Ravard), et a permis à d'autres de caresser des rêves de podium (Fabian Cancellara, 4e). Mais au bout du compte, le trio de tête contient bien la crème des sprinteurs avec André Greipel troisième, et Matthew Goss, le meilleur australien, battu d'un boyau par Cavendish, son futur ex-coéquipier. Un Cavendish qui est, plus que jamais, le grand favori pour le titre olympique à Londres l'été prochain.