Castres malgré la casse ?

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Castres malgré la casse ?
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S'il a su renouer avec le succès de manière spectaculaire aux dépens de Northampton, éliminé à Pierre-Antoine (41-22) le week-end dernier, et se relancer du même coup en H Cup avant le match retour chez les Saints, le Castres Olympique est en proie à une terrible hécatombe, dont la dernière victime, Rémi Talès, ne rejouera plus cette saison. Du même coup, l'espoir de qualification pourrait ne pas y résister.

S'il a su renouer avec le succès de manière spectaculaire aux dépens de Northampton, éliminé à Pierre-Antoine (41-22) le week-end dernier, et se relancer du même coup en H Cup avant le match retour chez les Saints, le Castres Olympique est en proie à une terrible hécatombe, dont la dernière victime, Rémi Talès, ne rejouera plus cette saison. Du même coup, l'espoir de qualification pourrait ne pas y résister. "On enchaîne beaucoup de grosses cylindrées, quand on prend les Scarlets, le Munster, Toulon, Clermont et Northampton, ça fait une série où on peut se casser les dents, comme cela été un peu le cas. Ce qui est dommage, c'est aussi de casser des joueurs". Laurent Travers, qui affichait ainsi ses craintes à la veille de la réception de Northampton dans les colonnes de La Dépêche du Midi, ne croyait pas si bien dire. Englué dans une spirale de quatre matches sans victoire, le Castres Olympique, confronté à une avalanche de blessures et d'indisponibilités longue durée parmi ses cadres, a encore payé cher son réveil européen aux dépens des vice-champions d'Europe. A Pierre-Antoine, le CO a livré un grand match, digne d'un grand club européen, au point de mériter l'hommage de Jim Mallinder, le coach des Saints, à l'issue de la victoire bonifiée (41-22) des joueurs de Travers et Labit. Mais Rémi Tales, victime d'une lésion du ligament croisé antérieur du genou gauche, synonyme d'une indisponibilité de six mois, ne s'est pas relevé pour venir grossir à son tour les rangs d'une infirmerie castraise déjà trop garnie: Taumoepeau, Forestier, Kulemin, Tékori, Andreu, Lamerat, Autant de cadres dont l'absence ne peut que peser sur le rendement d'une formation capable malgré tout de surclasser et d'éliminer l'un des ténors européens. Pour autant, Le sentiment d'impuissance face à ce qui ressemble fort à une fatalité s'impose: "C'est la grosse difficulté, quand c'est de la casse musculaire, on se remet en cause, on se demande qu'est-ce qu'on a fait faire comme exercice, souligne encore Travers, mais là c'est en match dans des confrontations de très haut niveau, cela fait partie du jeu, cela arrive aux autres. Hélas, pour nous, cela se cumule et en termes d'effectif, c'est difficile surtout que pour le moment on n'a pas pris de joker." A Bernard de jouer... A l'heure d'un match retour à Northampton qui, en cas de nouvel exploit, pourrait relancer pour de bon les Tarnais dans la course aux quarts de finale, Castres ne tombe pourtant pas dans la complainte: "On ne cherche pas des excuses, il faut d'abord qu'on soit capable de se remettre en question avant d'aller chercher des réponses ailleurs." Une remise en question et des solutions qui existent, à l'image de ce poste d'ouvreur, où si l'absence de Tales est forcément préjudiciable, le jeune Pierre Bernard (22 ans) a l'opportunité de prendre sa chance. Labit, qui réfléchissait à l'option d'aligner et d'associer et Tales en dix, et Bernard à l'arrière. Un schéma qui attendra. Samedi, sur le terrain des Saints qui, bien qu'éliminés, promettent l'enfer à Teulet et ses coéquipiers, c'est Bernard, joueur polyvalent, racé, précis et juste dans son jeu, buteur aussi, et élégant, ce qui ne gâte rien, qui tiendra les commandes du CO. Une promotion inévitable qui, si elle doit à un coup du sort, répond à la prédiction formulée par Labit il y a peu. ""En ce moment, Bernard est en réussite, il est jeune, s'il continue comme ça, il va beaucoup plus jouer", déclarait l'entraîneur des lignes arrière, toujours dans La Dépêche du Midi. En attendant le retour des blessés, Castres compte donc sur ces ressources internes avant tout. "Ce qui est le plus important, c'est de remettre le bleu de chauffe et de préparer au mieux ces confrontations et les prochaines, commente Travers. Pour se qualifier il faut gagner quatre matchs, c'est-à-dire aller gagner au Munster, à Nortampton. Ce qui nous importe, surtout, ce n'est pas le résultat, mais notre prestation, d'être capable de montrer que le CO est fier et présent et surtout éviter la casse lors des rencontres qui arrivent pour pouvoir aborder le match de Bayonne dans les meilleures dispositions." Car Castres n'oublie pas que sa priorité reste au Top 14.