Castres, le tombeau toulonnais

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Castres, le tombeau toulonnais
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En déplacement vendredi sur la pelouse de Pierre-Antoine, forteresse castraise imprenable depuis le début de la saison, Toulon n'avait pas d'autre choix que de s'imposer pour continuer de croire à une qualification pour les phases finales. Peine perdue, le RCT étant tombé (18-12) sur un CO solide, emmené par la botte de son buteur maison, Romain Teulet, auteur de la totalité des points tarnais.

En déplacement vendredi sur la pelouse de Pierre-Antoine, forteresse castraise imprenable depuis le début de la saison, Toulon n'avait pas d'autre choix que de s'imposer pour continuer de croire à une qualification pour les phases finales. Peine perdue, le RCT étant tombé (18-12) sur un CO solide, emmené par la botte de son buteur maison, Romain Teulet, auteur de la totalité des points tarnais. "Si ça perd, derrière il faudra faire strike jusqu'à Montpellier." Mourad Boudjellal, interrogé sur le caractère peut-être décisif de cette rencontre au micro de Canal + quelques secondes avant qu'elle ne débute, avait annoncé la couleur. Mais son message n'a pas fait tilt dans l'esprit de ses joueurs. La faute à une formation castraise plus que déterminée dans les vingt premières minutes du match, éteignant complètement les rares velléités offensives toulonnaises. Castres était prévenu, Toulon venait en conquérant sur la pelouse de Pierre-Antoine, car quasiment dans l'obligation de s'imposer pour revenir au contact de son adversaire du soir. C'est peut-être pour cela que d'entrée les percées tarnaises se multiplient, mettant sous pression une défense varoise complètement prise de vitesse et offrant à Romain Teulet de multiples occasions de briller. Que le meilleur buteur du championnat ne laisse pas passer, permettant au CO de mener 12-0 après seulement 17 minutes de jeu. Pire encore, symbole des difficultés rencontrées par le RCT en cette douce soirée de mars, cet en-avant grossier, signé pourtant de l'un des troisième-ligne pourtant les plus adroits du Top 14, Fernandez-Lobbe. Vient ensuite un carton jaune plus que logique adressé à Kris Chesney, suivi d'une nouvelle pénalité de Teulet qui porte le score à 15-0. Wilko, deux pénalités à la dernière seconde N'en jetez plus, Toulon, qui a décidé de jouer contre le vent dans ce premier acte, ne sort enfin la tête de l'eau que durant le dernier quart d'heure, réussissant à revenir en mettant enfin la main sur l'ogive. Mais Castres n'est pas invaincu à domicile cette saison pour rien, et fait parler ses arguments défensifs. Toulon s'en remet donc au pied de Jonny Wilkinson, qui parvient enfin à vaincre les éléments pour répondre à Teulet et passer deux pénalités,, dont l'une après la sirène, ramenant les siens à neuf points à la pause (15-6). "Ces trois points sur la sirène j'espère que ce n'est pas ce qui fera la différence à la fin", craint Benjamin Kayzer quelques secondes après ce coup de pied. Ces craintes seront finalement dissipées au coup de sifflet final. Après un farouche combat livré au cours d'une seconde période elle aussi vierge d'essais sans pour autant être dénuée d'intérêt, Castres tient son succès, finalement brouillon, mais ô combien précieux. Pour Toulon, en revanche, cette pénalité à quelques secondes de la pause revêt une importance non négligeable. Car après deux échecs consécutifs aux 52e et 55e minutes, Jonny Wilkinson ne tremble pas à quelques secondes du terme et offre à Toulon le point du bonus défensif, portant le score final à 18-12. Un moindre mal pour un RCT qui, s'il n'a pas réellement brillé en terre tarnaise, aura au moins eu le mérite de ne jamais lâcher. Un aspect que préfèrera retenir Pierre Mignoni, quelques secondes après le coup de sifflet final: "Les Castrais nous ont posé beaucoup de problèmes, ils ont mis beaucoup de vitesse, nous on s'est accrochés. On a quand même de bonnes intentions ce soir, je suis content d'accrocher le point de bonus. C'est bon pour la suite." La suite, justement, s'apparente à un véritable chemin de croix pour le RCT. Quatre matches encore à jouer pour espérer accrocher une qualification pour la phase finale, quatre finales, au sens propre du terme: le Stade Français, Toulouse et Perpignan à recevoir, avant de conclure la saison régulière à Montpellier, qui pourrait également devoir gagner pour se qualifier. Un parcours du combattant, qui ressemble peut-être finalement davantage aux caractéristiques toulonnaises. Quatre montagnes que n'aura pas à gravir le CO, mais qui regardera certainement tranquillement tout cela de sa troisième place, avec une qualification qui semble aujourd'hui quasiment acquise.