Capitaine fracassé !

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Capitaine fracassé !
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Jamais sans doute Thierry Dusautoir n'était apparu à ce point dévasté par une défaite que ce samedi, à Wellington, où le capitaine de l'équipe de France, humiliée par les Tonga (19-14), a eu toutes les peines à justifier l'injustifiable. Sifflé par son public, il lui faudra des ressources insoupçonnées pour trouver les mots susceptibles de relancer son groupe avant le quart de finale face à l'Angleterre.

Jamais sans doute Thierry Dusautoir n'était apparu à ce point dévasté par une défaite que ce samedi, à Wellington, où le capitaine de l'équipe de France, humiliée par les Tonga (19-14), a eu toutes les peines à justifier l'injustifiable. Sifflé par son public, il lui faudra des ressources insoupçonnées pour trouver les mots susceptibles de relancer son groupe avant le quart de finale face à l'Angleterre. Quatre ans après le tour d'honneur de Cardiff, où il fut porté en triomphe comme le principal artisan de l'exploit accompli en quart de finale face aux All Blacks, Thierry Dusautoir a vécu sans doute samedi, à Wellington, la plus pénible sortie d'une terrain de sa carrière lorsque dans la foulée du coup de sifflet final, scellant le naufrage et la défaite (19-14) des Bleus face aux Tonga, le capitaine tricolore, interrogé sur la pelouse du Westpac Stadium par la télévision néo-zélandaise, a récolté les sifflets nourris de son propre public. Du jamais vu pour le flanker depuis deux ans qu'il porte aussi fièrement que possible le brassard. Une bronca comme un dernier KO porté au chef de file tricolore. Cette fois, le Toulousain, qui d'ordinaire avait toujours su surnager en toutes circonstances, ou presque, n'a pas échappé à la nouvelle humiliation subie par les Bleus, rattrapé par la médiocrité générale, qui accable cette pauvre équipe de France. Quelques minutes plus tard, c'est comme pétrifié qu'il se présente face à la presse et étale son impuissance à expliquer l'inexplicable. "Il y a eu beaucoup trop d'approximations pour mettre en place notre jeu, notera le capitaine du XV de France. C'est quelque chose qui nous suit depuis un certain temps. Quand on manque des plaquages, des un contre un, quand on passe au sol, on ne peut pas parler décemment de manque de repères" A Wellington, l'équipe de France de France a en effet sombré dans l'indécence sans que Dusautoir n'y puisse rien. Dusautoir: "Se raccrocher au fait que l'on soit en quarts de finale " Ce n'est pas faute d'avoir tenté d'alerter et de sensibiliser les uns et les autres depuis bientôt un an que les Tricolores vont de désillusion en désillusion. Mais rien n'y fait et la voix de Dusautoir ne porte pas, ou plus. Un discours qui s'est érodé, tout comme ses plaquages qui, pour la première fois, sans doute samedi, avaient perdu de leur intensité. Le voir subir le premier à l'impact avait déjà tout d'un symbole. "Aujourd'hui, c'est sûr que lorsqu'on voit les comportements sur le terrain, on peut se demander ce qui s'est passé dans nos têtes, notre fébrilité dont je parle depuis un certain temps, y est pour beaucoup." Il lui faut pourtant mener, ô miracle, ses troupes en quart de finale de la Coupe du monde et trouver les mots pour défier l'Angleterre dans une semaine. A l'entendre, c'en serait presque plus facile: "Je pense que le fait de n'avoir qu'un match à jouer désormais et ce quart à négocier nous met face à nos responsabilités, la motivation est toute trouvée ; en quart de finale, on n'aura vraiment pas grand-chose à perdre, c'est sûr que chez les bookmakers, on ne sera vraiment pas favoris. [...] On va déjà se concentrer sur nous-mêmes pour que le groupe soit encore plus fort, tente-t-il de se convaincre autant que son auditoire d'une voix plus monocorde que jamais. Nous sommes dans une situation compliquée, mais il faut se raccrocher au fait que l'on soit en quarts de finale. On est capable de battre l'Angleterre. Mais c'est sûr que si on évolue sur ce tempo contre les Anglais, on perdra et on rentrera en France." Etait-il seulement besoin de le rappeler...