Cancellara: "Si je m'arrête pour un café..."

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Cancellara: "Si je m'arrête pour un café..."
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Impressionnant de facilité sur le Tour des Flandres et Paris-Roubaix l'année dernière, Fabian Cancellarra n'est pas parvenu à conserver sa couronne. Une semaine après avoir été battu sur le Ronde, le Suisse a dû se contenter de la deuxième place dans l'Enfer du Nord. Conscient de ses limites du jour, le Suisse déplore toutefois l'attitude de ses principaux rivaux, qui ont surtout rouler pour le faire perdre.

Impressionnant de facilité sur le Tour des Flandres et Paris-Roubaix l'année dernière, Fabian Cancellarra n'est pas parvenu à conserver ses couronnes. Une semaine après avoir été battu sur le Ronde, le Suisse a dû se contenter de la deuxième place dans l'Enfer du Nord. Conscient de ses limites du jour, le Suisse déplore toutefois l'attitude de ses principaux rivaux, qui ont surtout roulé pour le faire perdre. Fabian, les autres favoris (Boonen, Hushovd, Ballan...) ont-ils couru contre vous ? Il faut leur demander, mais je pense que oui. Le problème c'est qu'il y a toujours des gens derrière moi. Je pense que si moi je m'arrête pour boire un café, les gens aussi arrêtent pour boire un café... C'est comme ça, être le favori c'est un compliment mais aussi une chose difficile à gérer. Après le Tour des Flandres, on pouvait penser qu'il y aurait du changement dans cette course, mais Paris-Roubaix c'est toujours particulier. On ne sait jamais ce qu'il peut se passer. C'est vraiment la tactique qui a tout bouleversé dans cette course. Je suis très content pour Johan van Summeren, c'est super pour lui, pour le cyclisme. Il s'est sans doute réveillé ce matin en voulant aider son équipe et il remporte Paris-Roubaix. Je suis très content pour moi aussi, c'est un nouveau podium. Il n'y a pas la victoire, mais je ne peux pas faire grand-chose pour changer ça. Je n'ai pas pu bénéficier d'une troisième jambe dans le final. Comment voyez-vous la suite de votre saison ? On verra la semaine prochaine, je veux d'abord me reposer. J'aurai moins de pression, on parlera plus des autres coureurs. Ici depuis une semaine, mon nom ressortait tout le temps. Ça n'est jamais facile de pouvoir gérer une telle pression. Mais je suis satisfait d'avoir pu montrer que j'avais les épaules suffisamment larges pour supporter cela. C'est un point positif, car cette pression peut vous faire perdre tous vos moyens. Ça n'a pas été le cas avec cette deuxième place. "L'équipe Léopard-Trek a fait son boulot" Votre équipe était-elle assez forte aujourd'hui ? La course s'est passée comme elle s'est passée. Ça a été à fond, à fond jusqu'au premier secteur pavé. C'était quasiment impossible de se reposer ou de s'arrêter pour satisfaire un besoin naturel. L'équipe Léopard-Trek a fait son boulot. Sur le papier, l'équipe Garmin-Cervélo était sans doute la meilleure. Ils ont joué leur carte à fond. Ils recherchaient cette victoire depuis longtemps maintenant. Je n'ai pas eu vraiment moyen de changer le cours des choses, même si j'ai tout essayé, comme l'équipe Leopard-Trek, qui a fait du mieux qu'elle pouvait aujourd'hui. Vous avez tout donné dans les derniers kilomètres, mais sans réussir à revenir sur Johan Van Summeren. Etait-il vraiment le plus fort aujourd'hui ? Le plus fort, je ne sais pas. Mais il a roulé devant. Je ne dis pas que c'est plus facile, mais c'est un petit peu plus facile. Il y a moins de stress, tu roules toujours au même rythme. Alors que derrière, c'est beaucoup plus par à-coup, soit à bloc, soit tranquille. Je cherchais à faire la sélection, mais ça n'a pas été possible. 1 minute 20, 1 minute, après 50 secondes, puis 30 secondes, mais c'était trop tard. Il a su jouer sa carte. Pour gagner Paris-Roubaix, c'est sûr tu dois avoir de bonnes jambes. Il en avait la capacité et il a su donner encore un peu plus pour l'emporter. C'est comme moi, je ne sais pas si j'étais le plus fort, mais j'ai donné le maximum et c'est ça le plus important. Vous l'aviez évoqué vendredi dernier. Etait-ce votre dernier Paris-Roubaix ? Je veux d'abord me reposer. Quarante-cinq minutes après la course, je n'ai pas envie de penser à l'an prochain. J'ai d'autres objectifs à atteindre, mais je verrai ça en août ou à la fin de l'année. Je veux d'abord apprécier le moment, remercier mon équipe et retrouver ma famille pour un bon dîner. C'est un peu triste de penser à ce genre d'échéance.