Cancellara, seul contre tous

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Cancellara, seul contre tous
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Battu sur le Tour des Flandres, Fabian Cancellara entend bien prendre sa revanche dimanche sur Paris-Roubaix, dont il est le vainqueur sortant. Echaudé par le comportement de certaines équipes à son égard, le Suisse veut frapper un grand coup. Pout Tom Boonen, l'autre grand favori, il s'agira d'oublier les erreurs tactiques du Ronde pour viser une quatrième victoire.

Battu sur le Tour des Flandres, Fabian Cancellara entend bien prendre sa revanche dimanche sur Paris-Roubaix, dont il est le vainqueur sortant. Echaudé par le comportement de certaines équipes à son égard, le Suisse veut frapper un grand coup. Pout Tom Boonen, l'autre grand favori, il s'agira d'oublier les erreurs tactiques du Ronde pour viser une quatrième victoire. Sa troisième place sur le Tour des Flandres lui reste encore en travers de la gorge. Très remonté contre ses adversaires, Tom Boonen et les Quick Step en tête, Fabian Cancellara a prévenu: il sera très difficile à battre sur Paris-Roubaix dimanche. Ses déclarations sans concession au lendemain du Ronde devraient l'isoler encore un peu plus. Mais c'est dans l'adversité que le Suisse semble puiser son énergie. "Tout le monde sait que, si je suis à 100%, ils devront boucler leur ceinture lorsque je partirai, comme un avion, a-t-il confié dans les colonnes du Corriere della Sera. J'étais le seul favori devant lors du Tour des Flandres, je pense que je suis encore le favori numéro un à Roubaix. Je suis le seul capable de mener à son terme une si longue échappée comme lors du Ronde ou de Paris-Roubaix en 2010." Le seul aussi à lutter contre tous les autres prétendants. S'il était déjà l'homme à battre avant le Tour des Flandres, la défaillance qu'il a connue dans le mur de Grammont lui a donné un visage plus humain. Celui d'un coureur livré à lui-même face aux favoris qui ne voulaient que sa perte. "J'ai montré que j'étais simplement un homme. J'ai perdu en tentant de l'emporter, les autres n'ont roulé que pour m'empêcher de vaincre, a regretté Cancellara. Finalement, celui qui l'a emporté n'a fait que rester dans les roues. Félicitations à Nuyens, mais moi je ne souhaite pas gagner de la sorte." De quelle façon alors ? A la pédale sans doute, comme l'an dernier lorsqu'il avait déposé Boonen, Hushovd et Flecha avant de rallier le Vélodrome de Roubaix en solitaire. Ce scénario le ravirait à plusieurs titres: une revanche du Tour des Flandres, un pied de nez aux Quick Step et surtout un coup de balai sur la polémique liée à l'utilisation d'un moteur électrique. Boonen rêve de la passe de quatre Seul contre tous, c'est aussi la rançon de la gloire que récolte Cancellara. Il va pourtant falloir qu'il s'y habitue, car c'est le lot des immenses coureurs qui dominent leur discipline de la tête et des épaules. Sa puissance et son habileté en font déjà un coureur hors norme, ses victoires dans les plus grandes courses l'élèvent encore un peu plus au-dessus des autres. Comment alors ne pas être catalogué danger numéro un par ses adversaires ? Le Suisse se plaint d'être la cible d'une fronde, mais il la cultive par son talent et ses déclarations. Une situation peut-être inextricable dont pourrait bénéficier Tom Boonen. Le Belge, triple vainqueur de l'épreuve (2005, 2008 et 2009), rêve de rejoindre au palmarès l'illustre Roger De Vlaeminck, seul coureur à s'être imposé à quatre reprises à Roubaix (1972, 1974, 1975 et 1977). Derrière ces deux grands favoris, une meute de prétendants guette la défaillance ou la neutralisation pour leur voler la vedette, à l'image de Nuyens sur le Ronde. Le Belge de la Saxo Bank ne sera pas au départ à Compiègne dimanche matin, tout comme Philippe Gilbert. Charge alors au champion du monde Thor Hushovd, épaulé par Roger Hammond et deuxième l'an dernier, Juan Antonio Flecha, Björn Leukemans, Filippo Pozzato et Alessandro Ballan d'animer la course émaillée de 27 secteurs pavés, dont les redoutables passages de la Trouée d'Arenberg et du Carrefour de l'Arbre. Sur la lancée de son excellent Tour des Flandres, Sylvain Chavanel, huitième à Roubaix en 2009, a peut-être une carte à jouer. Mais c'est sans doute Cancellara, seul contre tous, qui détient les clés de l'Enfer du Nord.