Cammas touche au but

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Cammas touche au but
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A désormais moins de 500 milles de Pointe-à-Pitre, Franck Cammas conserve une avance confortable sur Thomas Coville, pointé à près de 200 milles dans son sillage, et Francis Joyon qui tente un dernier coup au sud. Pour sa dernière course sur Groupama 3, l'Aixois a de grandes chances de remporter la Route du Rhum lundi en début d'après-midi. En Imoca, Roland Jourdain garde la main.

A désormais moins de 500 milles de Pointe-à-Pitre, Franck Cammas conserve une avance confortable sur Thomas Coville, pointé à près de 200 milles dans son sillage, et Francis Joyon qui tente un dernier coup au sud. Pour sa dernière course sur Groupama 3, l'Aixois a de grandes chances de remporter la Route du Rhum lundi en début d'après-midi. En Imoca, Roland Jourdain garde la main. Ultimes : Pas de record et plus de suspense ? S'il ne s'imposera pas, sauf improbable retournement de situation, en 50 pieds, quatre ans après sa victoire express en 60 pieds, Lionel Lemonchois conservera son record de la course, en 7 jours, 17 heures, 19 minutes et 6 secondes, au terme de cette neuvième édition. Un temps envisagée en milieu de semaine, l'hypothèse de voir Franck Cammas battre ce record est aujourd'hui exclue. Qu'importe pour le skipper de Groupama 3 pour qui l'essentiel est ailleurs : remporter enfin, après trois échecs, la Route du Rhum. A moins de 500 milles désormais de Pointe-à-Pitre, l'Aixois touche au but, faisant toujours la course en tête avec près de 200 milles d'avance sur Thomas Coville, son premier poursuivant. Un adversaire que Cammas surveille dans son rétroviseur. "Thomas a empanné et se trouve derrière moi maintenant. S'il est sur la même trajectoire que moi, il n'est pas au même endroit au même moment", confiait-il au petit matin. Depuis, le skipper de Sodebo n'a pas réussi à combler le trou, ne gagnant qu'une petite dizaine de milles en quatre heures. Probablement insuffisant pour entamer le tour de la Guadeloupe avec moins de 50 milles de retard, un maximum pour espérer s'imposer sur le fil selon notre chroniqueur Yann Eliès. D'autant que la situation ne devrait pas être aussi critique que prévue à l'approche de l'île antillaise. "Pour faire le tour de la Guadeloupe, on devrait avoir du vent de sud sud-ouest. C'est un peu inhabituel, notamment pour aller chercher la bouée de Basse-Terre", expliquait Cammas. En attendant, le skipper de Groupama 3 devra négocier au mieux une zone de vents faibles à l'abord de l'arc antillais. Tout en gardant un oeil sur Coville. "Il faut faire le tour de cette zone, et Thomas derrière aura tendance à vouloir couper la route", disait-il. "Thomas, je le gère forcément. A ce stade de la course, c'est important de regarder ce qui se passe derrière. Il faut observer chaque classement." Pas sûr que le leader de la course ne s'attarde encore longtemps sur celui de Francis Joyon qui a tenté un coup en passant au sud de cette zone perturbée mais s'y est brûlé les ailes. "En fait, on est tombé dans un petit piège météo. Il était prévu des vents réguliers de travers, et en fait ce sont des vents debout très instables, qui changent de direction et de force. Ça passe de 8 à 30 noeuds en quelques minutes en changeant de direction. C'est très dur à gérer", confiait le recordman du tour du monde en solitaire, toujours troisième devant Yann Guichard, lequel s'est fait une belle frayeur la nuit dernière. "C'est un peu chaud par vent de travers avec de la mer. J'ai eu des grains violents. C'est hyper irrégulier. Je me suis fait surprendre par grain cette nuit, j'ai failli me mettre sur le toit. Le vent est monté à 43 noeuds, j'étais avec 2 ris et l'ORC. Ça risque d'être comme ça jusqu'à l'arrivée. Ça se mérite la Guadeloupe !" Franck Cammas approuvera... Imoca : Jourdain contrôle, les autres souffrent Et vogue la galère... Pendant que Cammas touche au but, les monocoques 60 pieds en ont encore pour une petite semaine de mer. Et enchaînent les perturbations avec les problèmes que ça peut générer. Après Marc Guillemot (Safran) et surtout Kito de Pavant (Groupe Bel), contraint à l'abandon en raison d'un problème de quille, c'est au tour de Jean-Pierre Dick d'avoir souffert. "J'ai eu pas mal de soucis techniques avec mes batteries", avouait ce dimanche le skipper de Virbac-Paprec 3. "J'ai eu deux black-out complets au passage du front vendredi. Je me suis retrouvé en polaire dehors, trempé, avec la barre dans une main, l'écoute de gennaker dans l'autre, tout en essayant de rouler le gennak'. Résultat : la voile s'est enroulée dans l'étai par 25 noeuds de vent et j'ai bien galéré pour récupérer tout ça. Le black-out, c'est le pire cauchemar du solitaire. C'est ingérable ! Tu te retrouves à la barre d'un bateau qu'il faut réussir à arrêter. J'ai vécu deux journées d'enfer." Résultat, le Niçois accuse désormais 130 milles de retard sur Roland Jourdain, qui mène toujours la flotte devant Vincent Riou (PRB) et Armel Le Cléac'h (Brit Air). Le vainqueur de la Solitaire du Figaro, décalé dans l'est du leader, a lui aussi perdu du terrain, la faute à son option mais aussi à une "sortie de piste, un départ à l'abattée". La preuve que personne n'est à l'abri dans ces surfs à près de 20 noeuds...