Ça va faire mal...

  • A
  • A
Ça va faire mal...
Partagez sur :

Une semaine après un premier test victorieux face à l'Irlande (19-12), l'équipe de France s'offre un dernier match de préparation avant la Coupe du monde (9 sept.-23 oct.) toujours face au XV du Trèfle samedi, à Dublin. Une ultime revue d'effectif dans un contexte forcément difficile qui prendra une dimension plus dramatique encore à la veille de l'annonce des 30 pour le Mondial. Même si seule une nouvelle blessure pourrait modifier le douloureux choix, déjà acquis, des coachs.

Une semaine après un premier test victorieux face à l'Irlande (19-12), l'équipe de France s'offre un dernier match de préparation avant la Coupe du monde (9 sept.-23 oct.) toujours face au XV du Trèfle samedi, à Dublin. Une ultime revue d'effectif dans un contexte forcément difficile qui prendra une dimension plus dramatique encore à la veille de l'annonce des 30 pour le Mondial. Même si seule une nouvelle blessure pourrait modifier le douloureux choix, déjà acquis, des coachs. Tous tentent de s'en persuader, mais personne n'est vraiment dupe... Tandis que les vainqueurs de Bordeaux seront bien au chaud dans les tribunes de l'Aviva Stadium ce samedi, les treize nouveaux rentrants de cet ultime galop de préparation avant la Coupe du monde se voient offrir un drôle de cadeau empoisonné. Des retrouvailles face à des Irlandais sous haute pression après deux revers concédés face à l'Ecosse (10-6) et face aux Bleus (19-12), qui devant leur public -le match devrait se jouer à guichets fermés- ont un besoin trop urgent de se rassurer pour ne pas mobiliser l'artillerie lourde, à l'image du retour du capitaine Brian O'Driscoll et de son fidèle compère Gordon D'Arcy. Ce sera épais, quoi qu'il arrive. "Je préfère parler d'émulation, répond Marc Lièvremont. Si on doit commencer à avoir la trouille, ou une mauvaise trouille quand on va jouer un match à Dublin, alors qu'est-ce que ça va être dans un mois face aux Blacks, à Auckland... Dont acte. Des terres irlandaises d'ailleurs plutôt hospitalières pour une équipe de France, qui s'y imposa (22-25) l'hiver dernier, durant le Tournoi. Mais c'est un avis de gros temps qui s'annonce sur Dublin samedi pour cette équipe de France recomposée, où seuls deux "Bordelais" ont rempilé, Alexis Palisson et Dimitri Szarzewski. Loin de la ferveur patriotique de la douce soirée girondine, le contexte promet d'être parfaitement hostile: "C'est un contexte parfait pour un match de préparation avant justement cette compétition, juge, plein de détermination Pascal Papé. Un test-match parfait par rapport à ce qui nous attend durant la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande. A l'extérieur, avec beaucoup de monde et certainement un grand combat." On parierait bien, en effet, notre Guiness du soir, que Messieurs les Irlandais ne reproduiront pas à une semaine d'intervalle la même entame calamiteuse, qui a permis aux Tricolores de lâcher les chevaux comme jamais, ou presque, depuis quatre ans. Barcella, un retour pour rien ? On ne risque donc pas d'y voir que du bleu au coup d'envoi, même si Marc Lièvremont compte tout autant sur ce dernier rendez-vous pour peaufiner sa revue d'effectif. "Ce sont des matches de préparation. On a besoin de faire jouer les mecs. On est sur une projection vers la Coupe du monde et il était hors de question d'avoir fait suer sang et eau une quinzaine de joueurs et de ne pas les faire jouer, explique le sélectionneur. Dès le moment qu'on avait choisi de jouer deux matches de préparation, et je ne regrette pas ce choix, il fallait que tout le monde joue." Tirer son épingle du jeu samedi, dans le chaudron vert, pourrait en effet valoir son pesant d'or et influencer la réflexion des sélectionneurs... En théorie, oui. Un match que l'on voudrait croire à double enjeu pour une équipe de France, emmenée par le deuxième ligne Lionel Nallet, relais au capitanat d'un Thierry Dusautoir, suppléant au pied levé sur le banc des remplaçants d'un Raphaël Lakafia lui-même forfait ; des Bleus qui voudront progresser dans la gestion de leurs temps forts et de leurs temps faibles afin d'éviter l'asphyxie aperçue lors de la seconde mi-temps à Bordeaux. Avec 90% de joueurs titulaires pour leur première rencontre, et malgré une semaine d'entraînement supplémentaire, le manque de repères physiques individuels et d'automatismes collectifs risquent de reproduire le même scénario, qualités et défauts compris. S'il est acquis désormais que les deux convalescents, Thomas Domingo et William Servat, touchés au genou, seront évalués sans avoir joué la moindre minute, le retour à la compétition d'Aurélien Rougerie et de Fabien Barcella sera scruté à la loupe. C'est là a priori l'autre enjeu de ce match, qui réside dans les performances d'un Rougerie, opéré début mai d'une fracture de la malléole gauche, et de Barcella, victime d'une rupture du tendon d'Achille gauche lors l'été 2010, d'une lésion au quadriceps de la jambe gauche en juillet dernier et d'une récente déchirure du biceps brachial gauche. Pourtant, malgré son peu d'entrain à évoquer un sujet qui, à l'évidence le déchire, à moins de 48 heures de dévoiler la liste définitive des 30 dimanche à 9 heures (10h, heure française), depuis l'hôtel très sélect, où les Bleus ont leurs habitudes, Marc Lièvremont va finir ce vendredi par lâcher la phrase qui met un terme à tout débat lorsqu'on lui demande si cette dernière sortie pourrait influencer son choix: "Non, je ne crois pas, sauf blessure..." (voir par ailleurs) S'ils sont épargnés sur le terrain, les Bleus éprouveront quoi qu'il arrive une autre forme douleur ce week-end...