Ça peut faire mal...

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Ça peut faire mal...
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Malheureusement exacte au rendez-vous fixé par son sélectionneur avant la compétition, l'équipe de France dispute un véritable "huitième de finale" de Coupe du monde samedi, à Wellington (en direct sur notre site à 7h00, heure française), face à la très rugueuse équipe des Tonga, qui a besoin d'une victoire bonifiée pour éliminer les Bleus. Improbable ? Sauf qu'on a appris à craindre le pire de la part de ces Tricolores toujours habités d'aussi peu de certitudes.

Malheureusement exacte au rendez-vous fixé par son sélectionneur avant la compétition, l'équipe de France dispute un véritable "huitième de finale" de Coupe du monde samedi, à Wellington, face à la très rugueuse équipe des Tonga, qui a besoin d'une victoire bonifiée pour éliminer les Bleus. Improbable ? Sauf qu'on a appris à craindre le pire de la part de ces Tricolores toujours habités d'aussi peu de certitudes. "Le risque, c'est qu'on perde le match et qu'on fasse nos valises dimanche matin pour rentrer en France." S'il était besoin de livrer la réalité crue et sans fard de cette équipe de France à la veille de ce week-end, où se clôture en Nouvelle-Zélande la phase de poules de cette Coupe du monde, Marc Lièvremont s'en est chargé vendredi, en conférence de presse. Au moins le sélectionneur tricolore avait-il eu raison sur un point: cette dernière levée face aux Tonga, à Wellington, sera bel et bien le "huitième de finale" officieux que le coach des Bleus avait pointé en amont de la compétition sur le plan de route des Tricolores. "C'est la compétition, c'est le sport, c'est quelque chose, qui fait mal au ventre, quand on y pense, en se disant que c'est possible, mais c'est comme ça", ajoute Lièvremont, tout aussi lapidaire. "Dès le moment où l'on n'a pas su prendre ce point qui nous aurait qualifiés contre la Nouvelle-Zélande, on savait qu'on avait cette opportunité d'avoir "deux huitièmes de finale". Ça n'a pas été fait la semaine dernière, c'est donc un vrai huitième de finale, donc éliminatoire, qu'on joue ce week-end." Et cette fois, Thierry Dusautoir et ses coéquipiers évolueront sans filet au Westpac Stadium, dans ce stade que l'on promet quasiment, ou en très grande partie, tout acquis à la cause des Tonga, forts sans doute des meilleurs supporters dans cette Coupe du monde 2011. Papé: "On n'a pas le droit de faire les cons..." Un contexte hostile, c'est là l'un des premiers paramètres du traquenard qui est tendu en grand sur le chemin des Français, qui jouent donc à se faire peur. Une semaine après avoir à de trop brefs instants su contrarier les All Blacks, cette équipe serait donc capable d'être la victime de ce qui, il faut bien le reconnaître, résonnerait comme l'un des plus graves échecs de l'histoire du rugby français, toujours capable de s'extraire d'une phase préliminaire en Coupe du monde, et avec du sport français en général. Car tout de même, l'équation ne paraît pas complètement insurmontable. "On est à un point d'un quart de finale éventuel, on n'a pas le droit de faire les cons", prévient ainsi Pascal Papé, en passe de devenir l'un des tauliers de ce groupe, qui en a tant besoin. Avec dix unités au compteur, les Bleus n'ont en effet besoin que de prendre un petit point lors de ce match pour accompagner les All Blacks en quarts de finale quand les Tonga ont nécessité, pour croire encore en leurs chances de qualification, de signer une victoire à quatre essais, tout en privant leurs adversaires d'un bonus quel qu'il soit (voir: Scénarios possibles: Poules A et B). Au regard de ce que les frères Maka et leur équipe ont montré jusqu'à présent dans la compétition, on est en droit d'être circonspect. "Je préfère juger mon adversaire sur son potentiel, répond Lièvremont. Et ponctuellement, ils sont capables de faire de très bonnes choses. Ils vont jouer leur va-tout sur ce match, ils ont tout à gagner, rien à perdre devant ce public qui va les aider et les décomplexer", avec au moins en point de mire une troisième place de la poule, déjà qualificative pour la prochaine Coupe du monde et cette possibilité, en dominant les Bleus, de les éliminer. "Suffisamment d'arguments à prendre en considération", prévient encore le sélectionneur français, qui connaît trop bien son équipe pour ne pas céder au moindre excès de confiance. La valeur sans doute la moins partagée chez ces Bleus, aux épaules alourdies par la pression, comme l'avoue sans détour leur capitaine (voir Dusautoir: "Enlever cette pression") ; une pression plus médiatique que populaire d'ailleurs. Venons-en dès lors aux choses qui fâchent... Les Bleus ont réclamé cette semaine l'union sacrée derrière cette équipe de France jusque chez les "scribouillards" que nous sommes. On a dans ces pages suffisamment fait en sorte de démontrer à quel point certains de nos confrères cherchaient avant tout à nuire plutôt qu'à décrypter ou critiquer de manière constructive pour aujourd'hui, à la veille de ce premier match couperet, selon l'expression consacrée, signifier en retour que l'engouement, ça se mérite... Et que le temps est venu pour cette équipe de France de montrer ce qu'elle a vraiment dans le ventre. L'heure n'est plus à se contenter du minimum, comme le dit encore si bien Papé: "Je ne me vois pas perdre avec le bonus, on veut vraiment gagner ce match pour emmagasiner de la confiance." On y revient toujours...