Ça frémit à Paris

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Ça frémit à Paris
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Rejeté dans le ventre mou du Top 14, une déchéance qui le prive cette saison de l'exposition médiatique de la Coupe d'Europe, le Stade Français aspire à retrouver la lumière de ses années fastes. Une reconquête entamée dans la coulisse comme sur le terrain, où Michael Cheika assume l'étroitesse de son banc et joue la carte jeune face à l'armada toulonnaise pour la première de la saison ce samedi au Stade de France.

Rejeté dans le ventre mou du Top 14, une déchéance qui le prive cette saison de l'exposition médiatique de la Coupe d'Europe, le Stade Français aspire à retrouver la lumière de ses années fastes. Une reconquête entamée dans la coulisse comme sur le terrain, où Michael Cheika assume l'étroitesse de son banc et joue la carte jeune face à l'armada toulonnaise pour la première de la saison ce samedi au Stade de France. "D'ici deux ou trois ans, ce club redeviendra très estimé et craint, j'en suis sûr." Dans un entretien accordé cette semaine à notre site, Pascal Papé, devenu par la force des choses l'un des cadres de l'effectif parisien, affichait son optimisme quand à l'avenir à moyen terme du Stade Français. Une confiance qui, signe des temps, s'appuie moins sur la richesse de l'effectif et ses individualités que sur les promesses d'une jeune garde à laquelle Michael Cheika, le nouveau mentor de l'équipe parisienne, chargé de ranimer le malade, n'hésite pas à responsabiliser. Paris, qui mise sur sa jeunesse et la qualité de sa formation, c'est plutôt nouveau. Un choix plus contraint et forcé que vraiment choisi par l'entraîneur australo-libanais, qui depuis son arrivée dans la capitale fait valoir toute son expérience. "Never panic", assure l'ancien entraîneur du Leinster, au moment de recevoir l'armada toulonnaise samedi au Stade de France avec une première ligne composée des jeunes piliers Rabah Slimani, Arthur Joly et Damien Weber. "Je n'ai pas de crainte", dit-il. Les Toulonnais ont une grosse mêlée. Ils vont vouloir nous dominer dans ce secteur. Ils vont venir avec une idée claire sur la façon de gagner." La recette du RCT, même si elle a tourné à l'indigestion le week-end dernier pour l'équipe de Philippe Saint-André écrasée par le Munster à Limerick (45-18), n'a pas de secret entre mêlée, maul, ruck et combat, le tout soutenu par la botte de Jonny Wilkinson. Cheika: "Nous allons proposer un grand combat" Un cocktail qui laisse froid un Cheika, qui en a vu d'autres, imperturbable malgré une première ligne indisponible, de Rayno Gerber (ischio-jambiers et coup au bras) à David Attoub (suspension) en passant par Pedro Ledesma (reprise) ; l'image d'un Stade Français qui assume son nouveau standing, moins clinquant sans doute, avec ses limites, mais pas sans ambition. A l'image de celle qui semble de nouveau animer dans la coulisse un président Max Guazzini, qui après une saison de déprime, semble enfin bien décidé à contre-attaquer face à un Racing-Métro 92 plus offensif que jamais, tant sur le plan sportif qu'économique et médiatique (voir par ailleurs). Le Stade tête haute à l'heure de retrouver l'écrin d'un Stade de France, encore il y a peu synonyme de désillusions en série, face à l'armada toulonnaise et sa ribambelle de stars. Le deuxième ex-aequo du Top 14 débarque dans la capitale et la jeunesse parisienne, inspirée et mise en confiance par Cheika, bien que consciente du danger, ne baisse pas les yeux. "On a regardé les vidéos de Toulon", souligne Rabah Slimani. "On a axé sur les rucks et le jeu d'avants car ils axent leur jeu là-dessus. Il n'y avait que du jeu d'avants. On sera au rendez-vous." "On", c'est ce trio de jeunes piliers formés au club, qui prend la relève des absents. Malgré une blessure aux ischios, Rodrigo Roncero est sur le pont pour encadrer les jeunes. Une nécessité aux yeux du staff. En venant à Paris, Michael Cheika connaissait les problèmes de pénuries à certains postes - pilier, ailier et ouvreur. Il ne pensait peut-être pas que ce serait à ce point. Mobilisés depuis le début de la saison, les jeunes joueurs du centre de formation ont déjà été sollicités et auront encore une occasion de se jauger. "Les jeunes vont prendre de l'expérience dans ce genre de match. J'ai confiance en eux. Nous allons proposer un grand combat, un grand spectacle au Stade de France." Si Damien Weber (1,78m pour 110 kg), champion du monde des moins de 20 ans en 2006 avec la génération Ouedraogo, est le plus expérimenté du haut de ses 24 ans, Slimani (1,78 m pour 110 kg), a imposé son style compact et tonique à seulement 21 ans. Encore un peu tendre, Arthur Joly, 22 ans, au look "ZZTop" n'a pas encore dompté son gabarit hors norme (1,88 m pour 115kg). "Cela fait trois intersaisons qu'ils travaillent dur avec le groupe professionnel", souligne le préparateur physique Benjamin Del Moral. L'adage "no scrum, no win" (pas de mêlée, pas de victoire) risque encore de se vérifier. Une bonne mêlée ne fait toujours pas gagner un match mais une mauvaise mêlée le fait perdre. Face aux Carl Hayman, Davit Kubriashvili et Laurent Emmanuelli, les jeunes piliers parisiens devront être malins et motivés. "On a déjà joué contre eux en amical cet été (victoire de Toulon , ndlr)", rassure Slimani. "Au début c'est impressionnant. Après, c'est un match comme les autres. Ce sont des adversaires comme les autres." Le plus difficile à gérer sera peut-être l'environnement si particulier du Stade de France. "Je n'ai pas d'appréhension, mais c'est impressionnant la première fois", souffle Slimani. "C'est toujours une grande émotion d'être au Stade de France. C'est juste à côté de Sarcelles d'où je viens. Quand j'étais petit, je passais à côté en me disant qu'un jour peut-être j'irai là bas." Paris a bien changé...