C'était le "Cav'" Fréhel

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C'était le "Cav'" Fréhel
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Battu par Tyler Farrar à Redon, Mark Cavendish a pris sa revanche en remportant dans un sprint de costauds la 5e étape du Tour de France, entre Carhaix et le Cap Fréhel. Le Britannique, qui ouvre son compteur sur l'édition 2011, a devancé Philippe Gilbert et José Joaquin Rojas Gil. Si Thor Hushovd conserve son maillot jaune, l'étape a été marquée par les nombreuses chutes, dont l'une d'elles a provoqué l'abandon de Janez Brajkovic.

Battu par Tyler Farrar à Redon, Mark Cavendish a pris sa revanche en remportant dans un sprint de costauds la 5e étape du Tour de France, entre Carhaix et le Cap Fréhel. Le Britannique, qui ouvre son compteur sur l'édition 2011, a devancé Philippe Gilbert et José Joaquin Rojas Gil. Si Thor Hushovd conserve son maillot jaune, l'étape a été marquée par les nombreuses chutes, dont l'une d'elles a provoqué l'abandon de Janez Brajkovic. Il avait prévenu. Enfermé par Feillu et Rojas à Redon, Mark Cavendish avait promis à ses détracteurs qu'il aurait sa revanche. Le Britannique est un homme de parole, et n'a pas entendu plus longtemps que la deuxième étape promise aux sprinteurs, entre Carhaix et le cap Fréhel, pour aller décrocher son 16e succès sur la Grande Boucle, le premier cette année. Le final en faux-plat montant n'était pas forcément taillé pour lui, en atteste la 2e place du puncheur Philippe Gilbert. Mais le Cav' avait de la ressource, et si Boasson Hagen, tout en puissance, a lancé le sprint de très loin, l'homme de l'Île de Man a soufflé tous ses adversaires (Rojas, Hushovd, ou même Gallopin, surprenant 4e) sur la ligne pour l'emporter d'un boyau. Lui qui, si facile, a l'habitude de se retourner pour narguer ses adversaires ne sera sans doute pas moins fier de cette victoire au forceps. "C'était un effort incroyable lors du sprint, confessera le Britannique à l'arrivée sur Eurosport. Je suis très content car j'étais passé à côté de mes premiers sprints. Ça allait très vite dans le dernier kilomètre avec l'accélération de Boasson Hagen mais je suis revenu de l'arrière, j'ai profité de l'aspiration pour bien finir dans les derniers mètres. C'est en tout cas super de voir que le travail de l'équipe est récompensé par une victoire aujourd'hui. C'est aussi une immense satisfaction personnelle d'avoir prouvé aux autres sprinteurs de quoi j'étais capable et de m'affirmer comme un client solide pour le maillot vert." Un paletot qu'a perdu Rojas, 3e sur la ligne d'arrivée, juste derrière Gilbert, mais déclassé du sprint intermédiaire, tout comme Boonen, ce qui a profité au coureur d'Omega Pharma. Voeckler et Roy y ont cru Avec ses 164 kilomètres, l'étape la plus courte de ce début de Tour n'était pas la moins piégeuse. On attendait des bordures, on a finalement surtout eu des chutes. Une vraie hécatombe, intervenue peu avant la mi-course. Auparavant, l'étape s'était révélée plutôt calme, avec la traditionnelle échappée "matinale" composée de Sébastien Turgot (Europcar), Tristan Valentin (Cofidis), José Ivan Gutierrez (Movistar) et Anthony Delaplace (Saur-Sojasun), le benjamin du Tour avec ses 21 ans, qui s'est offert l'unique "grimpeur" du jour. C'est quelques kilomètres avant le sprint intermédiaire, remporté par Borut Bozic devant Tom Boonen en ce qui concerne le peloton, que l'allure a nettement augmenté, avec de nombreuses victimes. La principale se nomme Janez Brajkovic, candidat au top 10 sinon mieux, qui est allé à terre en compagnie de Robert Gesink. Si le Néerlandais de la Rabobank, salement touché au genou, a pu repartir, le vainqueur du Dauphiné 2010, l'arcade ouverte, est resté sur le carreau. Alberto Contador, lui aussi pris dans une chute, a eu plus de chance. L'Espagnol s'en est tiré avec un maillot déchiré, mais surtout avec une belle chasse derrière le peloton mené grand-train par... les Leopard-Trek d'Andy Schleck. Comme du règlement de comptes dans l'air... Et puis ? Malgré le vent de terre, la grande bataille attendue n'a pas vraiment eu lieu. Les Garmin ont bien mis un coup d'accélérateur juste quand les côtes de la Manche ont été atteintes, mais la seule conséquence aura été de réduire à peau de chagrin l'avance des échappés, repris à 46 kilomètres du Cap Fréhel. Voyant le peloton temporiser, Jérémy Roy (encore) a tenté sa chance en sortant en compagnie de Thomas Voeckler, qui a comme bien souvent senti le bon coup. Sortis à 32 bornes du but, les deux fuyards y ont sans doute cru lorsque leur avance a atteint la minute, sous la banderole de 20 kilomètres. Le moment choisi par les HTC pour lancer leur train sur la voie rapide. Rejoints par les Lampre et les Garmin, les coéquipiers de Cavendish ont fait le travail pour avaler les deux courageux, Roy d'abord, puis Voeckler en suite, à 3 kilomètres de l'arrivée. "C'était quasi-mission impossible, reconnaîtra l'ancien champion de France. On aurait été un de plus au moins, ça aurait pu être jouable. Mais à deux contre les équipes de sprinteurs qui roulent, c'était trop difficile." Cavendish la voulait trop.