"C'était fou"

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"C'était fou"
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Henri Monteil a vécu de près le rocambolesque week-end des Bleus. Il se livre à la Charente Libre.

Henri Monteil a vécu de près le rocambolesque week-end des Bleus. Il se livre à la Charente Libre.Henri Monteil est le numéro 3 de la Fédération française de football. En tant que tel, il a vécu aux premières loges le pathétique week-end des Bleus, marqués par l'exclusion d'Anelka, la chasse au traître et le boycott des joueurs de l'entraînement de dimanche. "Accompagner l'équipe de France en Afrique du Sud était une expérience que j'avais beaucoup de plaisir à vivre. Mais ce qui se passe est absolument déplorable. Ça dépasse l'entendement, tout ce que je pouvais imaginer", déclare dans la Charente Libre, le président de la Ligue du Centre-Ouest.L'homme confirme que si L'Equipe n'avait pas fait sa Une sur les insultes de Nicolas Anelka à Raymond Domenech, l'attaquant de Chelsea serait probablement encore dans le groupe. "Rien n'aurait filtré si L'Equipe ne l'avait pas rapporté", reconnaît Henri Monteil. "Je ne l'ai appris que samedi. Le président Jean-Pierre Escalettes était au courant la veille. Il pensait que ça ne sortirait pas.""C'était fou"La décision a ensuite été collégiale. "On s'est réuni avec Raymond Domenech et les membres du comité fédéral. On a demandé à Anelka de s'excuser. Son avocat a refusé des excuses publiques parce que le joueur voulait s'en prendre à L'Equipe", poursuit le numéro 3 de la FFF. "Alors il était normal qu'une décision soit prise. Avec l'impact médiatique, on ne pouvait pas faire autrement que de l'exclure."Henri Monteil aborde ensuite l'épisode de l'entraînement boycotté, quand les joueurs sont restés près d'une demi-heure dans leur bus. "J'étais juste à côté", raconte le dirigeant angoumoisin. "Jean-Pierre Escalettes et Raymond Domenech sont allés parlementer. Mais il n'y avait rien à faire. Des joueurs n'arrêtaient pas de frapper sur les vitres en hurlant au chauffeur de démarrer. C'était fou."Les dégâts sur le staff technique sont immenses. Henri Monteil raconte ainsi avoir trouvé Bruno Martini, l'entraîneur des gardiens, et Robert Duverne, le préparateur physique qui avait eu une altercation avec Patrice Evra sous l'oeil des caméras, en larmes, cachés derrière un camion."Gallas, Abidal, peut-être Henry"Quant à la lettre des joueurs lue devant les médias par Raymond Domenech, Henri Monteil pense "que ce ne sont pas les joueurs qui l'ont écrite. C'était tapé à l'ordinateur et il n'y avait aucune faute d'orthographe. C'était prémédité", croit-il. Enfin, sur la belle unanimité des joueurs, Henri Monteil est plus que sceptique. "Des joueurs sont allés voir Domenech dans sa chambre. Ils pleuraient. Ils disaient regretter ce qui se passe", assure-t-il. Quels joueurs ? "Des jeunes. Je ne peux pas vous donner de noms. De toute façon les trois ou quatre leaders [de cette fronde] sont des joueurs sur le déclin, qui ne joueront plus jamais de Coupe du monde. Qui sont-ils ? Je ne sais pas... Gallas, Abidal, peut-être Henry qui est ami avec Anelka."