C'était Bercy sur glace !

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C'était Bercy sur glace !
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Sans surprise, le Canada l'a emporté à Bercy face à l'équipe de France (3-2), lors du match amical de gala qui aura surtout servi à promouvoir le hockey auprès du public parisien. Les Bleus ont pu opposer une vraie résistance aux champions olympiques, malgré un peu de naïveté. Pas de quoi être inquiet toutefois à moins d'une semaine du début du Mondial, tant les deux équipes ne boxent pas dans la même catégorie.

Sans surprise, le Canada l'a emporté à Bercy face à l'équipe de France (3-2), lors du match amical de gala qui aura surtout servi à promouvoir le hockey auprès du public parisien. Les Bleus ont pu opposer une vraie résistance aux champions olympiques, malgré un peu de naïveté. Pas de quoi être inquiet toutefois à moins d'une semaine du début du Mondial, tant les deux équipes ne boxent pas dans la même catégorie. Il y a des hiérarchies qui ne se discutent pas. Celle du hockey sur glace, par exemple. Aussi motivés soient-ils par un public de Bercy qui a répondu présent, les Bleus se sont inclinés face au Canada (2-3). Mais l'intérêt principal - car il y avait un petit intérêt sportif, quand même - ne se situait pas là dimanche après-midi. Pour le hockey français, réussir à accueillir le prestigieux Team Canada sur son territoire, qui plus est pour disputer un match de gala, est une performance de choix. "On a la chance que le Canada pose son camp d'entraînement en France, nous expliquait ainsi le directeur général de la Fédération, Eric Ropert. Des joueurs de toutes les franchises de NHL vont arriver. Effectivement, ce match sera un vrai test pour l'équipe de France, puisque le Canada est une des meilleures nations au monde. Pour le spectacle, ce sera également très bien, dans un Bercy a priori plein. Et c'est positif pour notre sport, puisqu'un effet médiatique s'est créé autour de cette rencontre." Le POPB pouvait théoriquement accueillir 12 000 spectateurs pour ce France-Canada. Ce fut encore mieux que ça, avec finalement 12 737 personnes comptabilisées. Certes, l'ambiance bon enfant n'a pas dû émouvoir plus que ça les joueurs canadiens, habitués lors de la monstrueuse saison régulière de NHL à évoluer dans des salles immenses. Uniquement lors de la saison régulière d'ailleurs, pour les éléments présents à Bercy en tout cas... Les play-offs de la Ligue nord-américaine, qui ont débuté il y a dix jours, ont forcément réduit les choix de l'entraîneur Ken Hitchcock. A grand renfort de pom-pom girls, de petits intermèdes musicaux très américains ou encore d'une barrière de feu au moment de l'entrée des joueurs, Bercy a fait au mieux pour offrir un spectacle de qualité. Un spectacle qui donnera envie, normalement, de revenir. Pour les fans comme pour les novices. Même la "Kiss Cam" était de sortie, montrant à tout Bercy de langoureuses embrassades. Ou pas... Après Bercy, l'avenir est à eux Niveau show, tout s'est donc passé à peu près comme prévu. Du point de vue du jeu, les Bleus pourraient sortir à peu près rassurés de cette courte défaite, surtout dans leurs enchaînements offensifs qui ont semé la pagaille dans la défense canadienne, surtout lors du premier tiers. Le problème, c'est que l'arrière-garde des champions olympiques en titre devrait être un peu plus concernée par l'évènement au moment de retrouver l'équipe de France lors du Championnat du monde, dans une semaine jour pour jour pour le deuxième match du groupe B. Après une excellente entame de match, pleine d'envie et ponctuée de nombreux face-à-face devant Dubnyk suite à des étourderies canadiennes, Nash a puni les Bleus sur la première véritable occasion des visiteurs (0-1, 11e). A côté de la star de Columbus, le nouvel arrivant en NHL Stéphane Da Costa n'a pas encore assez d'expérience à revendre. Toutefois, l'animation des Bleus profite incontestablement de l'apport du nouveau joueur d'Ottawa, ainsi que de la clairvoyance et - pour le coup - du vécu de Cristobal Huet, de retour dans le but français après trois ans d'absence et qui a réussi un énorme match avec plus de 40 arrêts, se rappelant au bon souvenir de ses années NHL pas si lointaines. L'égalisation signée Hecquefeuille, peu après la reprise du deuxième tiers-temps (1-1, 25e), n'était pas franchement imméritée, mais presque dans la foulée, Spezza redonnait l'avantage aux visiteurs (1-2, 27e). Comme un symbole, Da Costa égalisait dans le troisième tiers (2-2, 50e). Egalité à tous les niveaux donc, entre les deux formations comme dans le match dans le match entre les deux Senators. Un dernier but de Stewart (2-3, 59e) a achevé les Français, qui auront donc cru neuf minutes à la prolongation, voire encore mieux. Trop lâches en défense pour résister à une telle opposition, les Bleus vont devoir se servir de ce match. Car une petite défaite face au Canada, avec de vraies séquences intéressantes par moments, n'a pas la même valeur que les revers concédés contre l'Italie ou la Slovénie un peu plus tôt dans la préparation. Les Bleus ne joueront pas tous les jours devant 12 000 personnes acquises à leur cause, mais il convient de confirmer au Championnat du monde les jolies choses entrevues au POPB. Pour l'avenir du hockey français, surfer sur cette nouvelle et inhabituelle vague médiatique est primordial.