C'est à la fin du (FC) Bâle...

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C'est à la fin du (FC) Bâle...
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Le bal de la phase de poules de la Ligue des champions touche à sa fin et les musiciens mancuniens n'ont toujours pas l'assurance d'être payés. En ballottage favorable dans le groupe C, les Red Devils seront éliminés en cas de revers mercredi soir sur le terrain du FC Bâle. Une improbable déconvenue pour un club devenu infaillible en terre hostile. Et pourtant la menace est réelle.

Le bal de la phase de poules de la Ligue des champions touche à sa fin et les musiciens mancuniens n'ont toujours pas l'assurance d'être payés. En ballottage favorable dans le groupe C, les Red Devils seront éliminés en cas de revers mercredi soir sur le terrain du FC Bâle. Une improbable déconvenue pour un club devenu infaillible en terre hostile. Et pourtant la menace est réelle. Jamais depuis neuf ans le FC Bâle ne s'était retrouvé en si bonne position en Ligue des champions. Lors de cet exercice 2002-2003, les Helvètes, issus des tours préliminaires de la C1, s'étaient permis de faire la nique à Liverpool et au Spartak Moscou pour rallier la seconde phase de poules en vigueur à l'époque. Outre Manchester United, la Juventus avait alors pris le meilleur sur le club suisse au seul goal-average particulier, passant ensuite quarts et demies pour s'incliner aux tirs-au-but devant l'AC Milan. Cette fois, ce sont les huitièmes de finale qui sont à portée de crampons pour l'équipe de la présidente Oeri. L'équation est simple: troisième de son groupe à un point seulement de Manchester United, le FC Bâle sera qualifié pour le tour suivant en cas de succès mercredi soir dans son Parc Saint-Jacques. De fait, l'ogre mancunien, sacré en 2008 et finaliste en 2009 et 2011, serait évincé s'il venait à tomber en Suisse. Une issue presque inimaginable alors que les Red Devils sont invaincus depuis huit matches hors de leurs bases en coupe d'Europe, avec un seul but encaissé à déplorer lors de ces huit dernières sorties en date. A plus grande échelle, le bilan continental des hommes d'Alex Ferguson en terre hostile est encore plus impressionnant. Sur leurs 25 derniers déplacements, les Rooney et consorts ne se sont inclinés qu'une fois, dans l'antre du Bayern Munich en 2010. Aussi les Bâlois se veulent-ils réalistes: "C'est clair qu'il nous faudra peut-être un miracle, souffle Marco Streller sur le site de la Télévision Suisse Romande. Nous devrons être au point dans tous les domaines pour avoir une chance. Mais Manchester ne pourra pas non plus se permettre de jouer 5 % en dessous. On l'a vu lors du 3-3 du match aller à Old Trafford." Bâle veut croire au miracle A l'aller, le 27 septembre dernier, le FCB a effectivement tenu tête à Goliath, frôlant même l'exploit dans un Théâtre des Rêves incrédule. "Je pense qu'ils nous avaient pris un peu de haut, témoigne Alexander Frei, sondé par l'Alsace. Ce ne sera pas le cas cette fois, c'est certain. On est quand même le petit boxeur qui affrontait le gros boxeur, qui, lui, était proche du KO." Et celui qui avait alors inscrit un doublé d'ajouter dans les pages du site officiel de la Fifa: "J'ai revu le match contre Manchester. Pour moi, nous étions presque meilleurs. Nous avons mis notre adversaire pratiquement au pied du mur." L'appétit venant en mangeant, Frei et ses coéquipiers ne se ferment désormais aucune porte. "Pour le FC Bâle, c'est important de pouvoir tirer son épingle du jeu dans un tel groupe. Au début, l'objectif, c'était l'Europa League (promise aux troisièmes de poule et déjà acquise pour les Bâlois, ndlr). Puis nous nous sommes dit: nous verrons", avoue l'ancien buteur du Stade Rennais. "Vous savez, nous avons récolté huit points dans cette phase de poules, nous sommes invaincus à l'extérieur, c'est tout simplement extraordinaire pour une équipe suisse. On rêve tous d'ajouter une cerise sur le gâteau, mais nous avons besoin d'un miracle. Bien sûr qu'il faut y croire, c'est clair. On ne va surtout pas débuter avec la peur de mal faire, mais avec de la passion. Et on espère que le dieu du foot sera de notre côté et qu'il nous aidera à accomplir ce miracle." Sir Alex Ferguson ne l'entend évidemment pas de cette oreille, et compte jouer la carte de l'expérience pour tirer ses diables rouges de ce mauvais pas. "Depuis trois ou quatre ans, notre bilan européen à l'extérieur est exceptionnel, prend-il soin de rappeler. "Eux sont dans l'obligation de gagner mais nous, nous savons garder le ballon et nous savons généralement nous servir de cet atout pour dominer. Nous avons les joueurs qu'il faut pour passer, ça ne fait aucun doute..." Reste que Manchester United, balayé par City fin octobre en championnat (6-1), ne semble plus aussi souverain que par le passé. Privés de Berbatov et surtout de Chicharito mercredi, les Mancuniens de sauraient trop se méfier de ces Bâlois aux dents longues. Sous peine de vivre une troisième désillusion, après 1994 et 2005, en 17 participations à la phase de poules de la Ligue des champions.