Button remercie le ciel

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Button remercie le ciel
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Au terme de la course la plus folle de l'année, et surtout la plus longue, Jenson Button a remporté le Grand Prix du Canada en profitant d'une erreur de Sebastian Vettel dans le dernier tour. La course a été marquée par une interruption de plus de deux heures, en raison de pluies diluviennes. Mark Webber et Michael Schumacher suivent, tandis que Lewis Hamilton et Fernando Alonso ont abandonné.

Au terme de la course la plus folle de l'année, et surtout la plus longue, Jenson Button a remporté le Grand Prix du Canada en profitant d'une erreur de Sebastian Vettel dans le dernier tour. La course a été marquée par une interruption de plus de deux heures, en raison de pluies diluviennes. Mark Webber et Michael Schumacher suivent, tandis que Lewis Hamilton et Fernando Alonso ont abandonné. Qu'il neige, qu'il vente ou surtout qu'il pleuve, le paddock était persuadé qu'il y avait une bonne étoile au-dessus de Sebastian Vettel. Archi-leader du championnat du monde, l'Allemand a encore tiré son épingle du jeu au Canada pendant 69 tours et demi. Il manquait juste un demi-tour... Dans un premier temps, l'Allemand n'avait rien eu d'autre à faire que de prendre le meilleur départ... lancé, derrière une voiture de sécurité qui aura, elle aussi, été une des principales animatrices de cette course complètement folle, avec six apparitions au total. Mais dimanche, le panache était pour Jenson Button. Impeccable de concentration et de détermination dans les derniers tours, le pilote McLaren a décroché son premier succès depuis le Grand Prix de Chine, en avril 2010, en poussant Vettel à la faute. Un exploit retentissant, dans la configuration actuelle de la Formule 1, qui voit la domination absolue de "Baby Schumi". Au moins, Felipe Massa n'est pas seul à ronger son frein. Le Brésilien, en plus de Button et donc de Vettel, aura été l'autre des trois leaders, l'espace du 21e tour. Au moment de rentrer chausser les pneus pluie face à l'averse grandissante, il n'imaginait probablement pas que quatre boucles plus tard, un drapeau rouge allait arrêter la course plus de deux heures (le dernier précédent du genre remontait au GP de Malaisie 2009, et la course n'avait pas repris). Et quatre tours derrière la voiture de sécurité avec les intermédiaires, même sur une piste détrempée, entre dans le domaine du possible. Pas de chance pour le Brésilien, qui aurait donc pu repartir en tête au moment de la reprise de la course. Pour Vettel, au-delà d'une question de chance, c'était aussi une question de nerfs. L'Allemand les a perdus, pour la première fois de la saison. Button: "Je ne sais vraiment pas quoi dire""J'ai été un peu trop prudent quand la course a repris et alors que je menais, a admis le champion du monde à l'issue de la course, en conférence de presse. Je n'osais pas sortir de la trajectoire pour améliorer mes temps de passage. Jenson n'était pas loin et lorsque j'ai voulu attaquer, il a pu en profiter." Toutefois, Vettel n'est pas vraiment le plus à plaindre, et il ne se plaint pas tant que ça, d'ailleurs. "Ce qui est tout de même positif, c'est que beaucoup n'ont pas terminé aujourd'hui. Cette deuxième place représente de bons points pour moi." Felipe Massa et Kamui Kobayashi, par exemple, terminent 6e et 7e après avoir occupé les 2e et 3e places au moment de l'arrêt. Mais ce n'est évidemment pas ce qui intéresse le plus l'Allemand. Lewis Hamilton (McLaren), trop nerveux, a dû abandonner dès le 7e tour après un accrochage avec... Button. Cette fois, ce n'était pas vraiment de son fait, contrairement à un autre incident qui a impliqué Mark Webber lors du 5e tour, le premier lancé. En plus de son dauphin - dont l'identité a donc changé désormais - Sebastian Vettel a aussi réalisé une excellente opération par la bonne grâce de Fernando Alonso. L'Espagnol a abandonné au 37e tour suite à un accrochage avec... Button, qui n'était déjà pas tout blanc sur l'incident avec Hamilton, en plein dépassement et envoyé dans le mur par son coéquipier, qui n'avait pas vraiment regardé dans ses rétroviseurs. L'abandon d'Alonso est intervenu moins de trois boucles après la sortie de la voiture de sécurité, qui avait encore fait des siennes en reprenant la piste durant neuf tours suite à la reprise. Pas terrible pour le spectacle, surtout pour les pauvres spectateurs québécois qui avaient eu le courage de braver la violente pluie. Derrière Button, vainqueur en un temps irréel de 4h04'39", et Vettel, le podium est complété par Mark Webber. L'Australien a soufflé in extremis la 3e position à Michael Schumacher, incontestablement auteur de la meilleure course de sa saison. Le septuple champion du monde a occupé la deuxième place une petite dizaine de tours avant de se faire doubler par le vainqueur du jour, forcément aux anges. "Je ne sais vraiment pas quoi dire. Je suis très ému. Cette course était une longue poursuite, une véritable bagarre. Dans le dernier tour, Vettel est sorti large et j'ai pu m'engouffrer dans la brèche." Effectivement, Vettel est sorti large dans une chicane juste avant la grande épingle. Et Button, qui avait eu l'autorisation radio de son équipe pour lâcher les chevaux dans les derniers tours, s'est envolé vers la 10e victoire de sa carrière. Malgré une enquête contre le Britannique pour une vitesse excessive sous voiture de sécurité, la direction de course ne devrait pas lui enlever. Ce n'est pas le succès qui comptera le moins, au vu de son scénario absolument sensationnel. Tout le monde a attendu très longtemps, mais ça valait le coup.