Bryant, le dérapage verbal

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Bryant, le dérapage verbal
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Fin de saison régulière décidément difficile pour les Lakers. Poussifs en attendant le coup d'envoi des playoffs, un temps inquiets pour l'état du genou d'Andrew Bynum, les champions en titre doivent désormais faire face à une polémique impliquant leur star Kobe Bryant. Accusé d'insulte à connotation homophobe, la vedette californienne a été condamné à 100 000 dollars par la Ligue.

Fin de saison régulière décidément difficile pour les Lakers. Poussifs en attendant le coup d'envoi des playoffs, un temps inquiets pour l'état du genou d'Andrew Bynum, les champions en titre doivent désormais faire face à une polémique impliquant leur star Kobe Bryant. Accusé d'insulte à connotation homophobe, la vedette californienne a été condamné à 100 000 dollars par la Ligue. Les errements des Lakers auraient-ils fait perdre son sang-froid à leur habituel leader ? Il faut bien le croire au vu de son comportement, mardi, après avoir écopé face aux Spurs d'une nouvelle faute technique, la 15e depuis le début de la saison. Particulièrement énervé au moment de rejoindre le banc californien, sûrement autant par la décision des officiels que par les difficultés éprouvées par son équipe à venir à bout de Spurs B, Bryant a tout d'abord jeté une serviette, puis, surtout, interpellé l'arbitre Bernie Adams avant de susurrer un "fucking fagget" (putain de pédé) lourd de conséquences. Car si l'arbitre visé n'a pas entendu l'insulte, les caméras de la chaîne TNT étaient là pour capter l'instant. Et bien plus que les 100 000 dollars d'amende dont devra finalement s'acquitter la star de L.A. pour ce "commentaire offensant et inexcusable", dixit la Ligue et son commissionnaire David Stern, c'est bien son image qui risque d'en prendre un sacré coup dans une Amérique puritaine. D'autant que l'intéressé n'en est pas à sa première incartade, KB24 ayant en effet été accusé de viol au coeur de l'été 2003 avant que la plaignante, une standardiste d'un hôtel du Colorado, ne retire sa plainte après un arrangement à l'amiable. Aussi n'a-t-il pas traîné pour présenter ses excuses les plus plates. Par l'intermédiaire d'un communiqué dans un premier temps, le double MVP des dernières Finales y expliquant notamment qu'"il ne fallait pas prendre au premier degré ce que j'ai dit", la faute à "la frustration et au feu de l'action ", et ajoutant que "les mots que j'ai prononcés ne reflètent pas mes sentiments à l'égard des communautés gay et lesbienne et n'avaient pas pour but de blesser qui que ce soit." Puis dans une émission télé d'Espn, Bryant y reconnaissant à nouveau son erreur et se montrant "soucieux vis-à-vis de ce qui le considèrent comme un modèle." Faute avouée, à moitié pardonnée. Pour l'autre moitié, les 100 000 dollars d'amende feront donc l'affaire. "Je suis bien conscient que le basket est un sport plein d'émotions, mais un terme aussi grossier ne doit jamais être toléré, a tenu à expliquer David Stern, Kobe et tous les autres acteurs de la Ligue savent que les commentaires insensibles ou désobligeants sont inacceptables et n'ont pas leur place en NBA comme dans la société." De quoi contenter les associations de défense des minorités, à l'image de Joe Salmonese, président d'une association de Human Rights Campaign. "Nous tenons à saluer la réaction de David Stern, non pas pour cette amende mais pour avoir expliqué que de telles insultes n'avaient pas leur place dans la société. Et nous tenons également à saluer les excuses et les regrets de Kobe Bryant." Fermez le ban...