Brunel: "Il n'y a pas le feu..."

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Brunel: "Il n'y a pas le feu..."
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Distancée dans le Top 14 à un stade de la mi-saison, qui les avait consacrés Champions d'automne l'an dernier, l'Usap, dos au mur, doit rebondir sous peine de s'enfoncer dans la crise dès ce samedi, à Aimé-Giral, à l'occasion de la première de ses deux confrontations face aux Anglais de Leicester. Malgré ce contexte, le manager Jacques Brunel conserve toute sa confiance dans ses hommes, persuadé qu'il est de la capacité de réaction de son équipe.

Distancée dans le Top 14 à un stade de la mi-saison, qui les avait consacrés Champions d'automne l'an dernier, l'Usap, dos au mur, doit rebondir sous peine de s'enfoncer dans la crise dès ce samedi, à Aimé-Giral, à l'occasion de la première de ses deux confrontations face aux Anglais de Leicester. Malgré ce contexte, le manager Jacques Brunel conserve toute sa confiance dans ses hommes, persuadé qu'il est de la capacité de réaction de son équipe. Jacques, après une défaite à Castres (23-13), marquée par quelques 25 fautes de mains de la part de vos joueurs, leur remise en cause entre quatre yeux dès le retour aux vestiaires est-elle de nature à vous rassurer ? Non, il n'y a pas lieu à une prise de conscience ou à une remise en cause. Simplement, on n'a pas les mêmes certitudes, ni la même confiance qu'on pouvait avoir il y a encore quelques temps. Mais on reste, je crois, dans la même dynamique, dans le même état d'esprit, dans la même envie et la même base de jeu. Malheureusement, il nous manque la réussite qui va avec, d'où cette sorte de frustration qui naît chez les joueurs après une telle rencontre. Néanmoins les voir ainsi assumer leurs responsabilités sans se reposer sur le staff (voir par ailleurs), c'est une belle marque de maturité de la part de ce groupe ? Comme je le dis, c'est le reflet de cette situation. Il n'y a pas le feu et il n'y a pas lieu de chercher des raisons à nos difficultés, autres que celles observées sur le terrain. Quelques fois un mauvais choix, quelques fois une maladresse, c'est là qu'il faut creuser et chercher peut-être plus de concentration et de précision, c'est vers cela qu'il faut tendre. "On va sortir le match qu'il nous faut" Depuis le banc, vous ne devez plus reconnaître l'équipe qui a su atteindre par deux fois la finale du championnat ces deux dernières saisons... Oui, bien sûr qu'en tant qu'entraîneurs, en dehors du terrain, on ressent cette même frustration, mais en même temps, on a complètement confiance en cette équipe. On sait que pour vivre ensemble tous les jours, ce qu'elle est capable de faire, le potentiel qui existe, et on ne doute pas un seul instant qu'à un moment donné, ça va tourner et qu'on va sortir le match qu'il nous faut pour nous mettre sur une bonne dynamique. Le risque dans ces conditions n'est-il pas de se focaliser sur un classement qui risque de faire naître la tension ? Si on prend le classement ponctuel aujourd'hui, effectivement, on est en droit d'être inquiet. Mais on s'aperçoit aussi qu'il reste treize matches de championnat à jouer, soixante-cinq points possibles à prendre, c'est la manière dont il faut le voir, il peut se passer encore plein de choses. Et la vérité d'aujourd'hui ne sera certainement pas la vérité de demain. C'est peut-être aussi l'occasion de prendre conscience du niveau auquel l'Usap évolue depuis deux saisons (champion d'automne ces deux dernières saisons) et montrer que ce groupe peut aussi se surpasser dans l'adversité ? On l'a déjà vécu lors de la saison 2007-2008 et on n'avait su renverser la vapeur, donc moi, je reste persuadé que cette équipe-là avec le potentiel qui est le sien, quand la malchance va arrêter de nous accabler et sur notre effectif, va être capable une nouvelle fois de renverser la situation. Votre infirmerie s'est vidée de joueurs blessés de longue date, c'est aussi paradoxalement à ce moment-là qu'il vous faut retrouver des repères collectifs, qui manquent... Il faut effectivement retrouver ça avec des garçons, comme Olibeau ou Le Corvec, dont c'était le premier match de la saison (à Castres). Tuilagi a très peu joué, Mermoz, c'est la même chose et n'a pas encore repris, des internationaux (Porical, Guirado, Mas, Schuster) de retour d'une tournée de novembre, qui a laissé quelques-uns affectés. Tout ça fait qu'avec cette dynamique, qui n'a pas pu s'enclencher pour les raisons qu'on le sait en début de saison, il nous faudra peut-être, on l'espère le moins possible, un peu de temps pour signer le match qu'il nous faut et retrouver de cette complicité qui nous fait défaut. "Surtout ne pas se morfondre..." Sauf que désormais le temps est compté... Saut qu'on n'a pas le temps, donc on va essayer surtout de positiver, surtout ne pas se morfondre et ne pas penser négatif, regarder ce qu'il y a eu du bon, que sur ce match de Castres, l'initiative venait de nous, que nous avons été les plus actifs, se concentrer sur cet aspect des choses et non pas sur le résultat brut. Dans ce contexte, un choc de cette nature face à Leicester, une équipe parmi ce qui se fait de mieux en mieux en Europe, est-il de nature à remobiliser votre groupe sans se crisper ? Pour se sortir de cette spirale négative, on est de toute façon obligé d'évoluer à notre meilleur niveau, on ne peut pas se contenter d'un match à moitié ou même à trois-quarts, qui vient encore de s'imposer contre les London Irish ce week-end (23-14 chez les Exiles, ndlr), redoutable, grosse puissance, grosse implication dans le jeu, complet partout. Je le répète, un match à moitié ne suffira pas.