Brest, ça fait causer

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Brest, ça fait causer
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La première place du promu brestois ne laisse personne insensible dans une Ligue 1 plus resserrée que jamais. Si pour certains, à l'image de Didier Deschamps, cette pole bretonne ne dit rien de bon sur le niveau de notre championnat, d'autres, à l'instar des Caennais, qui partagent le même statut que les Brestois, y voient au contraire une belle source d'inspiration.

La première place du promu brestois ne laisse personne insensible dans une Ligue 1 plus resserrée que jamais. Si pour certains, à l'image de Didier Deschamps, cette pole bretonne ne dit rien de bon sur le niveau de notre championnat, d'autres, à l'instar des Caennais, qui partagent le même statut que les Brestois, y voient au contraire une belle source d'inspiration. Attention, cette première partie de saison de Ligue 1 est une exception ! Voilà des lustres qu'on n'avait pas assistés à un tel resserrement de la hiérarchie au sein de l'élite. Jugez plutôt: seulement six malheureux points séparent aujourd'hui au classement le premier du neuvième. De Brest à Lyon, toute une première partie de tableau réunie dans un mouchoir de poche. La question, elle, dès lors coule de source: faut-il s'en inquiéter ? Et faut-il se réjouir de voir le promu brestois, aussi rafraichissante soit l'aventure d'Alex Dupont et de ses joueurs, être capable de s'installer après onze journées de championnat au sommet de la Ligue 1 ? Où est-ce au contraire le signe supplémentaire de cet affaiblissement, dont le championnat de France serait victime saison après saison, lié notamment à la fuite de ses meilleurs joueurs à l'étranger ? Interrogé lundi en conférence de presse, Didier Deschamps, lui, n'a pas hésité à nuancer l'enthousiasme qui entoure le parcours des Brestois. "Une question de mayonnaise" Une première place qui ne fait pas que des heureux. L'entraîneur marseillais a ainsi exprimé de manière claire ses craintes quant aux conséquences sur le niveau du championnat de France. "Il y a un nivellement (sous-entendu par le bas, ndlr) et je ne suis pas persuadé que ça soit une bonne chose pour le foot français. Les gros doivent être très forts pour représenter la France au niveau européen. La particularité de la L1, c'est que le dernier peut battre le premier", a regretté le technicien phocéen. Un discours qui n'est pas nouveau et met en exergue l'incapacité récurrente des grosses écuries françaises à assumer leur statut sur la durée. Un mal qui aujourd'hui n'épargne même pas Lyon... Mais la réussite brestoise a aussi le don d'en inspirer certains. Et pour cause... C'est le cas des Caennais, qui partagent le même statut cette saison avec le club breton. Précurseur en matière de promu trustant les premières places de l'élite, le Stade Malherbe est quelque peu rentré dans le rang dernièrement. Mais face à la réussite brestoise, les Normands n'affichent pas de jalousie. Bien au contraire, cette bonne santé est synonyme d'espoirs pour Benjamin Nivet. "C'est une bonne chose parce qu'on est un peu dans la même catégorie que Brest. On se rend compte que les Brestois sont leaders et pour des clubs comme nous, ça donne beaucoup d'espoir. C'est possible avec des budgets moins important d'y arriver et voir Brest devant, je trouve que c'est une bonne chose. C'est bien et ça donne envie. Leur première place est méritée, ils ont une équipe enthousiaste qui reste sur sa dynamique de l'année dernière", a affirmé le meneur de jeu sur les ondes de RMC. Brest ne doit en effet rien à personne, comme l'affirme Ahmed Kantari, défenseur central du Stade Brestois 29, en réponse à Deschamps dans l'émission Luis attaque, toujours sur RMC. "Ce n'est pas de notre faute. Ce serait réducteur de dire cela. On n'a rien volé à personne. Si les grosses écuries n'arrivent pas à avoir des résultats et à montrer leur suprématie, ce ne sont pas les petites équipes qui vont résoudre le problème. Monsieur Deschamps a raison de dire que, dans les championnats étrangers, les grandes équipes comme Chelsea, le Real ou le Barça sont toujours au dessus. S'ils le sont, c'est qu'ils s'en donnent les moyens. Ce n'est pas qu'il y a moins de joueurs talentueux, mais simplement une question de mayonnaise." De mayonnaise, et peut-être un peu plus... Car ce resserrement des valeurs, s'il est un phénomène historique à l'échelle nationale, fait aussi bel et bien figure d'exception européenne (voir par ailleurs). Une exception française qui permet aujourd'hui à Brest de côtoyer au rang des leaders européens, Chelsea, le Real Madrid ou Dortmund. Jusqu'à quand ?