Braqueuses à mains armées

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Braqueuses à mains armées
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Depuis leur titre continental conquis il y a deux ans, l'équipe de France a changé de statut. Les "Braqueuses", qui débutent leur Euro 2011 contre la Croatie samedi soir à Katowice, ne sont plus hors-la-loi. "On a les armes", assure Gomis. Notamment un secteur intérieur très dense, renforcé par les retours de Gruda et Yacoubou, qui forme avec les meneuses Dumerc et Lawson-Wade l'axe fort des Bleues.

Depuis leur titre continental conquis il y a deux ans, l'équipe de France a changé de statut. Les "Braqueuses", qui débutent leur Euro 2011 contre la Croatie samedi soir à Katowice, ne sont plus hors-la-loi. "On a les armes", assure Gomis. Notamment un secteur intérieur très dense, renforcé par les retours de Gruda et Yacoubou, qui forme avec les meneuses Dumerc et Lawson-Wade l'axe fort des Bleues. Tony Parker, Joakim Noah, Mickaël Pietrus, Ronny Turiaf et Nicolas Batum n'ont pas encore joué ensemble qu'ils forment déjà la "dream team française". Chez les filles, les stars s'appellent Céline Dumerc, Sandrine Gruda, Edwige Lawson-Wade, Isabelle Yacoubou et Emilie Gomis. Moins évocateur et pourtant, elles composent peut-être la plus belle équipe de France jamais formée. Une équipe sans doute plus forte encore que celle qui, il y a deux ans à Riga, était montée sur le toit de l'Europe, un peu à la surprise générale. Une équipe qui, du 18 juin au 3 juillet prochains en Pologne, tentera de doubler la mise. Du jamais-vu depuis que l'ex-URSS a explosé. "Pour moi l'objectif, c'est le titre et rien d'autre, annonce Sandrine Gruda, qui retrouve la sélection après un Mondial 2010 qu'elle avait manqué. On part confiantes, on n'a rien à envier à personne." A l'intérieur, c'est sûr. Les Bleues sont armées jusqu'aux dents car, en plus de la joueuse d'Ekaterinbourg, le sélectionneur Pierre Vincent peut compter sur Isabelle Yacoubou, Emmeline Ndongue et Endéné Miyem pour peser sur les défenses adverses pendant quarante minutes. L'axe meneur-pivot est d'ailleurs "le" véritable point fort, Céline Dumerc et Edwige Lawson-Wade, qui effectue son retour après quatre ans d'absence, n'étant pas manchots pour organiser le jeu. A l'intérieur toute ? Faut-il comprendre que les Françaises, invaincues en préparation avec huit victoires en autant de rencontres, vont passer leur temps les pieds dans la peinture ? "On est peut-être un peu plus en difficulté à l'extérieur, confirme le coach tricolore. On n'est pas très adroites et les adversaires vont défendre près du cercle, nous laisser tirer de loin. Si on ne contrôle pas les ballons, si on tire trop vite, on sera en difficulté contre n'importe qui. Si, au contraire, on est patientes, on impose notre jeu et on marque physiquement nos adversaires, on sera dangereuses." La Croatie, adversaire des Bleues samedi soir à Katowice, la Lettonie et la Grèce, qui les affronteront aussi dans le Groupe D, sont prévenues. En réalité, la crainte qu'inspire cette équipe de France est partagée par tout le monde. Depuis 2009, le statut des filles de Pierre Vincent a changé. Il s'est renforcé. Celles qui avaient été qualifiées de "Braqueuses" à l'époque de leur titre continental font désormais les choses dans les règles. Elles s'annoncent conquérantes, ambitieuses, déterminées. Et le prouvent ensuite sur le terrain. Sans un terrible faux-pas contre l'Espagne (71-74) en quarts de finale du dernier Championnat du monde, alors qu'elles menaient de treize points à l'entame du dernier quart-temps, les Bleues ne se seraient d'ailleurs pas contentées d'une modeste sixième place en République tchèque. Un échec qui les a fait grandir et leur permet, aujourd'hui, d'aborder l'Euro 2011 avec une solide expérience. Yacoubou: "Nos adversaires nous envient" A l'heure de défendre leur médaille d'or, les Françaises sont donc confiantes. "J'ai la sensation que nos adversaires nous envient, estime l'arrière Emilie Gomis. On est une vraie équipe, tout le monde participe à la préparation contrairement à la Russie ou d'autres pays qui comptent sur un cinq majeur et deux ou trois rotations. Chez nous, il n'y a pas les stars d'un côté et les jeunes de l'autre. La hiérarchie s'installe naturellement. C'est le groupe qui fait notre force. Le coach n'a presque besoin de rien faire parce que l'équipe s'entend bien." Cette alchimie suffira-t-elle pour hisser les Tricolores jusqu'au titre, qui leur offrirait le seul ticket direct pour les Jeux Olympiques 2012, dans une compétition où l'Espagne, la Russie, le Biélorussie et la République tchèque seront également favorites ? Ce n'est pas vraiment l'objectif principal des joueuses de Pierre Vincent, qui pourraient tout de même voir Londres si elles finissaient dans les quatre ou cinq premiers de cet Euro 2011, en fonction du résultat de la Grande-Bretagne. Mais elles devraient alors passer par un tournoi pré-olympique. "Lorsqu'on a goûté une fois à la victoire, on y prend goût, sourit Isabelle Yacoubou. On est des compétitrices, on veut gagner. Mais l'objectif fixé par la fédération, et par le coach, ce sont les J.O. Pouvoir y participer, c'est le rêve. On va tout faire pour y arriver. [...] Aujourd'hui, tout le monde nous attend un peu plus. Il y a deux ans, comme disait le coach, on était les «Marie-Louise». Personne ne nous connaissait." Et si la "dream team" du basket français, finalement, c'était elles ?