Brandao, le mal-aimé

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Brandao, le mal-aimé
@ Reuters
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LIGUE 1 - Le Brésilien est régulièrement la cible des supporters.

LIGUE 1 - Le Brésilien est régulièrement la cible des supporters. La vie ne sera donc jamais un long fleuve tranquille pour Brandao à Marseille. Régulièrement moqué pour son manque d'habilité technique, le Brésilien s'est une nouvelle fois retrouvé au centre de l'attention des supporters, samedi à Arles-Avignon. Alors qu'il n'a pas encore marqué depuis le début de la saison, l'avant-centre s'est fait copieusement siffler lors de son entrée en jeu. Une attitude qui a eu le don de provoquer la colère froide de son coach, juste après la victoire olympienne (3-0). "J'espère que ce ne sont que les supporters d'Avignon qui ont sifflé Brandao quand il est entré. J'espère qu'il n'y en avait pas de la part des supporters de Marseille, ce ne serait pas une bonne chose. Cela ne servirait pas notre cause, ni la sienne, ni celle de l'équipe", a ainsi lâché Didier Deschamps, prêt à défendre un soldat toujours prêt à se sacrifier pour l'équipe, et qu'il a toujours loué pour son activité. Un travail de l'ombre que les supporters ont semble-t-il du mal à apprécier, préférant cristalliser leur rancoeur sur son manque d'efficacité offensive. "C'est un avant-centre et il ne marque pas. A Marseille, on dit que c'est le seul Brésilien qui ne sait pas faire un crochet. Il a aussi à son actif des loupés magistraux", lance Christian Cataldo, le président des Dodgers, sur RMC. Montés au front pour défendre leur coéquipier, les Olympiens n'y voient là que de l'amnésie. "L'an passé, ils lui avaient créé une chanson après ses buts en Coupe de la Ligue. Il est peu frustré de ce qui se passe actuellement. Il ne s'attendait pas à ça", explique le défenseur Vitorino Hilton, sur le site officiel du club. "Du respect et de l'indulgence" Double buteur en demi-finale de l'épreuve face à Toulouse, le Brésilien avait en effet qualifié son équipe pour la finale de l'un des deux titres olympiens. Pas assez pour des supporters qui attendent plus de lui. "C'est injuste. Il se bat comme un chien, le public pense que l'attaquant doit marquer, mais c'est la chose la plus dure en foot. [...] Je peux vous dire qu'avoir un gars comme ça à marquer, c'est vraiment chiant", proteste Souleymane Diawara, dans les colonnes de L'Equipe. Pour Edouard Cissé, "il suffit qu'il retrouve le chemin des filets et ça ira, les choses seront oubliées". Oubliées pour des supporters qui font rois ceux qu'ils traînaient dans la boue quelques jours plus tôt, c'est bien possible. Mais de son côté, Brandao risque bien d'avoir du mal à digérer la situation, lui qui ne s'est jamais senti à 100% Phocéen. Parfaitement bilingue en ukrainien – il a évolué sept ans au Shaktar Donetsk – il n'a jamais fait l'effort d'apprendre le français, estimant que son temps était compté sur la Canebière. Contacté cet été par le Rubin Kazan, le Brésilien ferait sans doute ses valises si une offre identique lui parvenait l'été prochain. En attendant, à l'image de José Anigo sur OMTV, le club olympien aimerait "un peu plus de respect et d'indulgence".