Bousquet remonté

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Bousquet remonté
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Furieux de ne pas pouvoir bénéficier de la présence de son coach américain lors des compétitions internationales, Frédérick Bousquet a laissé entendre mardi qu'il pourrait boycotter l'équipe de France. Une menace, utilisée à la veille du coup d'envoi des Championnats de France de Strasbourg (23-27 mars), qui n'a pas fait plier Christian Donzé, le Directeur technique national.

Furieux de ne pas pouvoir bénéficier de la présence de son coach américain lors des compétitions internationales, Frédérick Bousquet a laissé entendre mardi qu'il pourrait boycotter l'équipe de France. Une menace, utilisée à la veille du coup d'envoi des Championnats de France de Strasbourg (23-27 mars), qui n'a pas fait plier Christian Donzé, le Directeur technique national. Si Francis Luyce se plaignait encore en décembre, à la veille des Mondiaux en petit bassin de Dubaï, des retombées modestes de la moisson de médailles européennes de Budapest l'été dernier, le président de la Fédération française de natation peut être rassuré aujourd'hui : les Championnats de France de Strasbourg, passage obligé vers les Mondiaux de Shanghai, font parler. Et Frédérick Bousquet, qui commence à être un vieux routier des bassins, l'a bien compris. A la veille du coup d'envoi de la compétition, qui commence ce mercredi avec notamment le 400m nage libre (M), le 100m dos (M) et 100m papillon (M), le Marseillais a profité de cette tribune médiatique pour défendre ses intérêts. Avec ses mots. "Je ne suis pas arrivé à 30 ans pour me faire 'chier' vraiment avec des mecs qui n'en valent pas la peine", s'est-il énervé. La revendication du compagnon de Laure Manaudou est simple: pouvoir bénéficier de la présence de son coach Brett Hawke, qui l'entraîne à Auburn, sur les compétitions internationales. Une demande à laquelle refuse de répondre favorablement Christian Donzé, le Directeur technique national (DTN), qui a fermé la porte de l'équipe de France aux entraîneurs étrangers. D'où le courroux du vice-champion du monde du 50 mètres, déjà exprimé lundi dans les colonnes de L'Equipe, qui a menacé de boycotter l'équipe de France l'été prochain à Shanghai (24-31 juillet) avant de faire l'impasse sur le point presse fédéral. Horter tape dans le ballon Accompagné en conférence de presse des seuls William Meynard, Fabien Gilot et Camille Lacourt, les autres têtes d'affiche marseillaises reconnaissables à leur moustache en forme de fer à cheval, Romain Barnier, le coach du Cercle des nageurs de Marseille, qui accompagne Bousquet en équipe de France, ne cachait pas son embarras devant les journalistes à l'évocation de ce sujet sensible. "Je respecte son choix. Mais pour être honnête, je n'ai pas discuté avec lui pour connaître ses motivations exactes. Et je n'ai pas envie de rentrer dans le débat, parce que je me trouve au milieu...", a-t-il botté en touche, rapporte les Dernières Nouvelles d'Alsace. Directement concerné, le DTN, accusé par Bousquet d'avoir fait dernièrement le déplacement à Auburn pour ne prendre que des nouvelles de Laure Manaudou sur le chemin du retour, s'est montré plus explicite. Et toujours aussi ferme. "On a des entraîneurs qui font partie des meilleurs mondiaux. Il n'y a aucune raison motivée pour modifier ce qui marche, s'est-il exprimé, relate La Provence. Il ne faut pas polluer ces championnats par des considérations alors que l'équipe de France n'est pas encore constituée. Je trouve d'ailleurs déplacé de lire ça dans la presse à l'avant-veille d'une compétition majeure. On ne sert pas la performance. Concentrons-nous !" Une position partagée par Lionel Horter, le responsable des relais, qui ne goûte visiblement guère la revendication du sprinteur marseillais. "Il y a des règles à respecter, dit le Mulhousien dans les colonnes du quotidien régional alsacien. L'exemple du foot nous rappelle que le temps n'est pas aux caprices généralisés." Citée en contre-exemple du fiasco des footballeurs en Afrique du Sud pour sa réussite l'été dernier à Budapest, la natation française touche là du doigt les limites de sa notoriété. Et Bousquet a compris depuis bien longtemps les règles du jeu. Difficile de croire d'ailleurs qu'il ne s'y plie pas l'été prochain à Shanghai...