Bousquet jette une ombre

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Bousquet jette une ombre
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C'est sur un bilan contrasté que les championnats de France en grand bassin se sont achevés dimanche, à Strasbourg. Si sportivement, hormis quelques exceptions (Leveaux, Balmy, Bernard), la semaine a été riche en promesses (Agnel, Muffat), l'attention s'est bien souvent portée en dehors des bassins, autour de Frédérick Bousquet. Le Marseillais a de nouveau menacé de boycotter les Mondiaux de Shanghai.

C'est sur un bilan contrasté que les championnats de France en grand bassin se sont achevés dimanche, à Strasbourg. Si sportivement, hormis quelques exceptions (Leveaux, Balmy, Bernard), la semaine a été riche en promesses (Agnel, Muffat), l'attention s'est bien souvent portée en dehors des bassins, autour de Frédérick Bousquet. Le Marseillais a de nouveau menacé de boycotter les Mondiaux de Shanghai. Bousquet ne lâche pas l'affaire La journée était pourtant belle. Dimanche, Frédérick Bousquet a connu la double satisfaction de remporter le 50 mètres papillon des Championnats de France, et de voir Florent Manaudou, le petit frère de sa compagne Laure, décrocher son ticket pour sa première grande compétition internationale, les Mondiaux de Shanghai. Sauf que le Marseillais a autre chose en tête. Depuis son arrivée à Strasbourg, Bousquet est entré dans une sorte de guerre interne avec l'encadrement de l'équipe de France, et en particulier le DTN Christian Donzé. En cause, la volonté du nageur d'Auburn d'avoir son coach aux Etats-Unis, l'Australien Brett Hawke, à ses côtés à Shanghai cet été. Dimanche, Bousquet a même été plus loin dans ses menaces. "Si Brett n'est pas au bord du bassin à Shanghai je ne vois pas pourquoi j'y serais. Si aujourd'hui il n'y a pas de solution pour que Brett soit au bord du bassin à Shanghai, ça veut dire que je vais arrêter, tout simplement", a déclaré le pensionnaire du CNM à la sortie de l'eau, rapporte RMC. La menace de voir l'un des moteurs de la natation tricolore bouder le grand rendez-vous de 2011 (voire plus) apparait réelle. Un cas épineux à gérer pour le staff tricolore, habitué à n'accorder que peu de passe-droits à ses athlètes. Agnel, plus qu'une confirmation Le cas Bousquet prend d'autant plus d'ampleur que globalement, hormis la non-qualification de Bernard (voir par ailleurs) sur le 100 mètres, la semaine avait été globalement positive pour les cadres de l'équipe de France. Ainsi, le DTN tire un "bilan positif", "sur les bases solides créées à Budapest". "Tous les médaillés individuels à Budapest sont qualifiés pour Shanghai", ajoute Donzé. Si Amaury Leveaux n'est pas parvenu à ressortir la tête de l'eau, au rang des confirmations, on retrouve notamment Camille Lacourt, dominateur sur le dos, ou encore Sébastien Rouault, qui s'est qualifié pour les Mondiaux sur 400m, 800m, 1500 mètres nage libre. Mais le gros coup de la semaine a été réalisé par Yannick Agnel, auteur d'un chrono canon, le 13e de tous les temps sur le 400 mètres: 3'43"85 soit plus de deux secondes plus rapide que ses 3'46"17 synonymes d'or européen l'été dernier. Énorme. Mais pas si étonnant. A 18 ans, le Niçois n'a débuté l'entraînement à plein temps que cette saison. Son potentiel, du 100 au 400, est hors norme. "Je crois que je suis encore un jeune nageur et qu'il me reste beaucoup de choses à apprendre", dit-il... Bernard noyé dans la masse du 100 Assurément, la course de ces championnats de France. Le 100 mètres nage libre, l'épreuve la plus attendue de la semaine, a tenu toutes ses promesses. Une course ultra-rapide, avec les cinq nageurs les plus rapides du monde en 2011 sur la distance. Une densité jamais vue en France, qui a fait deux gagnants, Fabien Gilot et William Meynard, et un grand perdant, Alain Bernard. Là où Gilot est parvenu à tirer profit de cette concurrence - "Si je n'avais pas à côté de moi des mecs avec autant de talent, de personnalité et de charisme, je n'arriverais pas à trouver la force de m'entraîner. Cette émulation, je m'en nourris et elle me pousse", explique le Nordiste dans la Voix des Sports-, le champion olympique, soumis à rude pression à chacune de ses sorties, a fini par craquer. A l'arrivée, une quatrième place, derrière Agnel, qui condamne l'Antibois à se contenter du 50 mètres et du relais à Shanghai. S'il promet de revenir, Bernard se retrouve dans une période délicate à un peu plus d'un an des JO de Londres. Gilot, lui, a prouvé une fois de plus, après sa médaille d'argent aux Mondiaux en petit bassin à Dubaï fin 2010, qu'il faudrait compter avec lui. Du mieux chez les filles Constamment en retrait des hommes depuis la fin de l'ère-Manaudou, les nageuses tricolores semblent refaire une partie de leur retard, alors que la championne olympique 2004 retrouve elle le chemin des bassins (d'entraînement). La preuve: sur les 21 qualifiés pour Shanghai, on compte 9 femmes pour 12 hommes, même si les qualifiés individuels sont beaucoup plus nombreux chez les messieurs. Toujours est-il qu'avec Camille Muffat, les Françaises se sont peut-être trouvé une nouvelle locomotive. Alors que Coralie Balmy devra se contenter du relais 4x200 mètres, la Niçoise s'est adjugée le titre et le billet pour la Chine sur pas moins de quatre épreuves: 100, 200, 400 et 800 mètres nage libre. Excusez du peu. Mais cela n'a pas vraiment fait sauter l'intéressée au plafond. "J'aurais pu nager plus vite. Mais j'ai tout de même réussi ce que je voulais faire, gagner les quatre courses, avec un temps honorable". Derrière Muffat, on notera les progrès d'Alexianne Castel et surtout de Lara Grangeon, qui, à tout juste 19 ans, a remporté son troisième titre consécutif sur le 200m 4 nages, en signant au passage la meilleure performance mondiale de l'année. Prometteur...