Bouscatel: "Le bilan est bon"

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Bouscatel: "Le bilan est bon"
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Champion d'automne en Top 14 et son statut de Champion d'Europe plus assumé que jamais avec trois victoires en trois journées, le Stade Toulousain réalise, au moins sur le plan comptable, une première partie de saison proche de la perfection. René Bouscatel, président du club depuis dix-neuf ans, balaye pour notre site l'actualité du club, les transferts, le rapprochement avec le Racing, le resserrement de l'élite, tour d'horizon.

Champion d'automne en Top 14 et son statut de Champion d'Europe plus assumé que jamais avec trois victoires en trois journées, le Stade Toulousain réalise, au moins sur le plan comptable, une première partie de saison proche de la perfection. René Bouscatel, président du club depuis dix-neuf ans, balaye pour notre site l'actualité du club, les transferts, le rapprochement avec le Racing, le resserrement de l'élite, tour d'horizon. Président, à mi-saison, le Stade, Champion d'automne en Top 14, signe un carton plein en Coupe d'Europe avec trois victoires en trois matches. Satisfait ? Le bilan ne peut être analysé que comme bon. Nous sommes premiers en Top 14, encore premiers dans notre poule de Coupe d'Europe, où nous allons connaître des moments décisifs avec cette double confrontation en matches aller-retour face à Glasgow. Il nous faut absolument gagner les deux pour avoir une chance de nous qualifier et d'en faire autant sur les deux autres pour essayer de recevoir notre quart de finale à domicile, sans certitude d'y parvenir, mais on tentera d'être prêts pour le faire. Aucune saison, j'en suis à ma dix-neuvième, n'est la copie conforme de la précédente, et heureusement, mais celle-ci pour l'instant n'est pas mauvaise. On en finit plus d'évoquer l'avenir de votre demi de mêlée néo-zélandais, Byron Kelleher, dont le départ en fin de saison est acquis pour beaucoup. Qu'en est-il ? Byron ? Je n'en sais rien. Nous n'en avons pas encore parlé, mais j'ai encore 14 joueurs, dont je n'ai pas renouvelé le contrat, à voir. Byron fait partie de ceux-là. On fera le point avec le sportif, lui et moi. Je ne sais pas s'il a envie de continuer avec nous ou pas. Nous verrons si avec Byron nous avons une envie commune de continuer l'aventure. C'est possible. Mais j'en ai envie bien sûr. On s'attache aux joueurs et même s'il n'a pas une grande antériorité à Toulouse... les joueurs font carrière chez nous. Toulousain un jour, Toulousain toujours. "A Toulouse, nous n'avons pas d'équipe-bis " Pourquoi avoir accepté de vous associer à la création avec le Racing-Métro 92 du "Trophée de Coubertin" (voir: Lorenzetti: "Valoriser le rugby pur") ? C'est une merveilleuse idée qui vient du Racing et de son président, Jacky Lorenzetti ; le Racing, un grand club, même s'il a connu quelques vicissitudes à certaines époques, et s'il y a beaucoup de grandes équipes, il y a peu de grands clubs avec une histoire, notamment avec le "Du-Manoir", où l'on jouait, non pas le championnat, mais en Challenge, sur invitation, la seule compétition, où les deux équipes partageaient un repas en commun avec les dirigeants à l'issue du match. Tout un état d'esprit qui est viscéralement lié au Racing. Et le Stade Toulousain partage ces valeurs, ce n'est pas de la nostalgie, c'est l'actualité et il faut vivre au présent notre héritage. Nous sommes des maillons, un passage et il faut respecter le passé et éduquer ce qui arrivera après nous. Ce match va se jouer au mois de mars, à la fin du Tournoi, avant la phase finale de la H-Cup: on entend déjà Guy Novès nous dire: « J'envoie l'équipe-bis pour ce match, je n'ai pas de joueurs disponibles. »... Déjà, nous n'avons pas d'équipe-bis. Nous ne sommes qu'un pauvre club de province qui possède trente-trois joueurs professionnels, pour peu que nous ayons à cette époque six blessés, il y en aura au moins trois, si je sais bien compter, ce qui n'est pas mon fort, qui seront de l'équipe-type (rires). Plus sérieusement, nous jouerons avec la meilleure équipe du moment compte tenu des circonstances au mois de mars, à Paris. Je peux simplement vous dire qu'il y aura une grande équipe du Stade Toulousain pour tenter de gagner ce Challenge. Le Racing, club émergent, comme Toulon, qui tente aujourd'hui de se rapprocher de vous. Vous ne le ressentez pas comme une menace ? Le Racing n'est pas un club émergeant, c'est une équipe qui revient, mais c'est un club historique. A mes yeux, c'est super. J'estime que ce qui est bien dans notre rugby professionnel, c'est de voir une dizaine d'équipes capables de prétendre être Championne de France. Il y a quelques années, il y avait une équipe au-dessus et un challenger différent tous les ans, puis un, deux, trois, quatre, cinq... Maintenant, on est au moins à huit, sinon à dix, avec des masses salariales quasi semblables, ce qui démontre que chacune a des possibilités. Après, la culture capitalistique du Racing n'est pas celle du Stade Français, de Castres ou de Toulouse. Il n'y a pas de modèle, mais un certain libéralisme qui permet à chaque club de trouver sa solution propre à son histoire. Je suis véritablement ravi de voir des équipes comme Toulon revenir, qui sont nos meilleurs adversaires des années 80, ceux des grandes finales de 85 ou 89. Nous avons énormément de respect parce que nous avons été en grande compétition. Le fait que Toulon et le Racing reviennent au plus haut niveau est dans l'intérêt du rugby en général. "Quand je veux savoir où vont signer mes joueurs..." Néanmoins, on a l'impression que vous avez plus d'affinités avec un club comme le Racing qu'avec le Stade Français ? Non, je crois que notre histoire avec le Stade Français est partie sur une base un peu faussée à travers une politique de marketing qui n'était peut-être la bonne, qui le semblait peut-être à l'époque et qui a sans doute réussi au Stade Français, à savoir d'opposer Paris au meilleur club de province ; nous étions les meilleurs ennemis, au moins médiatiquement, au-delà des joutes à travers les médias. Mais il est vrai qu'avec le Racing, les choses se font moins en opposition qu'en synergie entre deux clubs, porteurs des mêmes valeurs. Même si l'opposition aussi a du bon. Et puis vous savez, il y a la place pour deux équipes à Paris, on en a longtemps eu deux à Toulouse. Ce "Trophée Coubertin" ressemble à un pacte de non agression. Certains de vos joueurs, et non des moindres, en fin de contrat (Dusautoir, Johnston, Albacete), sont annoncés au Racing la saison prochaine... Ça, c'est la presse qui le dit. Quand je veux savoir où vont signer mes joueurs, je lis une certaine presse le lundi. On y prêche beaucoup le faux pour savoir le vrai, des agents essayent de... Même si le Racing était en pourparlers avec certains de nos joueurs, je suis sûr que Jacky Lorenzetti nous l'aurait dit, comme je le lui aurais dit si nous étions en rapport avec certains de leurs joueurs, c'est ça le respect et ce que nous voulons perpétuer. Il me paraît tout à fait légitime qu'un joueur du Stade veuille aller au Racing et inversement, à la condition que tout soit clairement dit entre clubs. C'est ça aussi le Challenge Coubertin, ce respect de certaines traditions, des valeurs...