Bourgoin perd la tête

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Bourgoin perd la tête
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Bourgoin, lanterne rouge du Top 14, s'enfonce encore un peu plus dans la crise. Vendredi, à l'issue d'un conseil d'administration exceptionnel qu'il avait lui-même réuni, Arnaud Tourtoulou a en effet démissionné de ses fonctions de président. Arrivé en octobre dernier plein d'ambitions, le désormais ancien président du CSBJ a en effet rendu son tablier, en raison d'une situation économique très difficile.

Bourgoin, lanterne rouge du Top 14, s'enfonce encore un peu plus dans la crise. Vendredi, à l'issue d'un conseil d'administration exceptionnel qu'il avait lui-même réuni, Arnaud Tourtoulou a en effet démissionné de ses fonctions de président. Arrivé en octobre dernier plein d'ambitions, le désormais ancien président du CSBJ a rendu son tablier en raison d'une situation économique très difficile. C'est ce qui s'appelle déchanter. Arrivé en octobre dernier à la tête de Bourgoin en tant que successeur du mécène Gaston Maulin, Arnaud Tourtoulou partageait alors l'ambition de son prédécesseur, à savoir ramener le club dans les cinq ou six ans "parmi les six premiers du Top 14", avec un projet de nouveau stade derrière la tête. Deux mois plus tard, le constat est accablant: Bourgoin est toujours lanterne rouge et accuse déjà un retard de neuf points sur le premier non relégable et s'enfonce dans une crise financière dont il semble bien difficile de voir la sortie. Le fait est que si la soudaineté de cette décision a de quoi surprendre, le départ de Tourtoulou était lui presque annoncé, depuis que l'entrepreneur en communication avait pris conscience d'un déficit bien supérieur à celui qu'il lui avait été annoncé. "Je suis très amer car on m'a menti", réagissait alors Tourtoulou, dont l'amertume n'a visiblement fait que grandir... "Il faut savoir si les collectivités veulent avoir un club en Top 14", questionnait-il encore cette semaine avant de rencontrer le maire de Bourgoin. Un successeur désigné lundi Sa décision vaut toutes les réponses et en dit long sur la situation réelle du CSBJ, dont l'espoir de relance, porté par l'homme d'affaires cantalou, fin connaisseur du jeu, n'aura pas vécu plus de deux mois... "Le CSBJ est un club fantastique au niveau de son histoire, de sa génétique et des valeurs véhiculées par ses joueurs emblématiques, qui en sont les garants", commentait Tourtoulou à son arrivée à la tête du club. "Notre premier objectif est, bien évidemment, de maintenir le club en Top 14. Mais, nous souhaitons également structurer ce club, qu'il fonctionne comme une entreprise pour être rentable rapidement et pour préparer sereinement la saison prochaine." Des voeux restés pieux... Le successeur de Gaston Maulin, rendu à l'évidence ces derniers jours d'un déficit finalement réévalué de 650 000 à 1,3 million d'euros s'interrogerait ces dernières heures sur son avenir et surtout sur la réalité du soutien des collectivités locales à son projet de relance du club isérois, peu évident au regard de l'épisode du déneigement de Pierre-Rajon. Le match face à Biarritz, la semaine passée est en effet la triste illustration de l'amateurisme qui semble régner en terre iséroise. Le club berjallien, surpris par les chutes de neige qui avaient touché la région, n'avait en effet pas trouvé suffisamment de main-d'oeuvre pour déneiger la pelouse de Pierre-Rajon, et avait donc dû affronter Biarritz sur ses terres, à Aguiléra. Ce qui aurait pu être anecdotique est en fait symptomatique du fonctionnement du club isérois, ce qui aura donc eu raison des bonnes intentions d'Arnaud Tourtoulou. Que certains n'hésiteront certainement pas à considérer comme un lâche quittant le navire en perdition à moins d'une semaine d'un passage qui s'annonce plus que périlleux, le 16 décembre prochain, devant la DNACG, l'organe de contrôle financier du rugby professionnel français. Tourtoulou, qui était censé présenter le 16 décembre prochain devant la DNACG, le gendarme de la Ligue (LNR), une caution de 240 000 euros non provisionnée, n'en sera donc pas. Reste à savoir qui s'y collera, un point que devrait régler le conseil d'administration exceptionnel prévu lundi soir.