Bourdais: "Gagner les 24 Heures"

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Bourdais: "Gagner les 24 Heures"
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Reconduit chez Peugeot pour la saison d'Endurance, Sébastien Bourdais aborde cette nouvelle année avec envie. En plus de ses essais en IndyCar, le Sarthois veut croire en la nouvelle 908, avec l'objectif du titre en Intercontinental Le Mans Cup (ILMC). Et les 24 Heures du Mans en ligne de mire, évidemment. Quant à la F1, "c'est terminé".

Reconduit chez Peugeot pour la saison d'Endurance, Sébastien Bourdais aborde cette nouvelle année avec envie. En plus de ses essais en IndyCar, le Sarthois veut croire en la nouvelle 908, avec l'objectif du titre en Intercontinental Le Mans Cup (ILMC). Et les 24 Heures du Mans en ligne de mire, évidemment. Quant à la F1, "c'est terminé". Sébastien, les neuf pilotes de 2010, dont vous faisiez partie, ont été reconduits chez Peugeot pour cette saison d'Endurance. C'est le pari de la stabilité ? Je ne sais pas, demandez à Olivier Quesnel (patron de Peugeot Sport, ndlr)... L'année dernière, on avait un groupe de pilotes et un package très performants. Il n'y a pas eu d'envie de révolution, ni au niveau technique, ni au niveau des pilotes. Tout le monde était satisfait de ce qui était en place. C'est important d'avoir une cohésion et ça ne se fait pas forcément en un jour. Quand on est content du groupe en place, on le reconduit le plus tôt possible pour ne pas qu'il se disperse, pour ne pas perdre des éléments. C'était surtout ça, l'objectif. La contre-performance au Mans (triple abandon) n'a donc pas influé sur la stratégie de l'équipe pour 2011 ? Ce n'est pas comme si on avait sorti les voitures ! On a eu un niveau de performance extrêmement élevé, avec les quatre premières places sur la grille. En course, on était devant jusqu'à ce qu'on ait des problèmes. Il n'y avait pas de raison de remettre en cause les pilotes, on a gagné sur le reste de l'année. L'objectif, c'était de travailler dans la continuité, comme l'a dit Olivier. Pouvez-vous nous parler de cette nouvelle voiture, qui conserve l'appellation de 908 ? C'est une évolution, pas une révolution, pour reprendre les propos de Bruno Famin (directeur technique de Peugeot Sport, ndlr). On avait un concept qui fonctionnait très bien, et les petits points faibles qui ont pu être identifiés au fur et à mesure ont été revus et corrigés. Ça donne cette deuxième version de la 908. Je pense que cette voiture sera encore très polyvalente, très performante au Mans, voire plus performante encore que la 908 de l'an passé sur des circuits un peu plus sinueux, puisque c'est le point qui péchait essentiellement. La 908 était la référence au Mans en performance pure pendant quatre ans. Il n'y avait pas besoin de tout changer, d'autant que la réglementation est relativement stricte. On ne peut pas faire Supercopter (sic) comme la 905 à l'époque. On est dans la continuité, avec une voiture bourrée de qualités, en plein processus de validation et de fiabilisation. "Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort" Même si la saison 2010 a globalement été très bonne pour Peugeot, le public français reste focalisé sur Le Mans, où les problèmes de fiabilité ont éclaté au grand jour. Cette nouvelle 908 résoudra-t-elle ces soucis ? La voiture ne résoudra rien (rires), c'est à nous de changer nos processus de validation et il y a eu beaucoup de travail effectué à ce niveau-là. Maintenant, on pensait être extrêmement fiable l'an dernier et on s'est rendu compte qu'il y a peut-être eu un excès de confiance, ou une envie de trop bien faire. Si on avait su qu'on disposerait de cet avantage de rythme sur Audi, on n'aurait peut-être pas été chercher les dernières évolutions jusqu'au bout. Malgré tout, on pensait vraiment avoir tout validé, et c'était le cas d'ailleurs. Mais Le Mans reste Le Mans, très difficile à reproduire, et on doit peut-être prendre un peu plus de marge. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, c'est un peu le leitmotiv de cette équipe. On a pris un gros coup sur la tête au Mans, c'est clair, avec les problèmes de fiabilité sur la n°3 et des soucis moteurs sur les autres. Il y a eu une grosse remise en question, puisqu'on avait passé quatre ou cinq validations dans des conditions similaires. Ça remet les choses à leur place... On voit qu'Audi, qui fait un triplé au Mans, ne fait pas dix tours avec une voiture à Silverstone. Ça reste de la course auto, il y a tout un tas d'impondérables et il faut s'y préparer. C'est comme ça pour tout le monde, mais il faut faire en sorte que ça se produise le moins souvent possible. On sait qu'on ne pourra pas se permettre d'avoir ce genre de mésaventures une deuxième fois au Mans. Tout le monde est conscient de ce problème-là, et ça travaille extrêmement dur pour ne pas avoir de soucis de fiabilité cette année. Quels sont les objectifs de l'équipe pour cette saison, et vos objectifs personnels ? Les objectifs personnels sont ceux de l'équipe: tout le monde veut gagner. On espère remporter l'ILMC (le Championnat) et Le Mans, forcément, puisque la course fait partie du championnat et représente un point très haut de la saison. Je vais y participer pour la neuvième fois. Je suis né au Mans, j'y suis revenu, et cette course prend encore plus de place pour moi. J'ai l'ambition d'essayer de gagner les 24 Heures un jour, mais ce n'est pas suffisant. Il faut être dans la bonne voiture, ne pas faire de fautes et avoir le petit coup de pouce. Un jour, ça arrivera, et j'espère que 2011 sera la bonne année. La bonne voiture, vous l'avez cette année... En 2009, on avait la bonne voiture, mais je n'étais pas à l'intérieur de la bonne. C'est une course très difficile à gagner. Entre les six ou huit voitures officielles au départ, ce sera une de celles-ci qui l'emportera. Ce n'est pas toujours juste, pas toujours tendre, mais ça fait partie du sport et c'est la loi du Mans. Il faut vivre avec. "La F1, c'est terminé" Qu'en est-il de vos essais futurs en IndyCar ? Comment va s'organiser votre saison, la priorité sera quand même donnée à Peugeot ? L'équipe ne prend pas trop mal ce mélange des genres ? Il n'y a pas de priorité donnée à l'Indycar, puisqu'il n'y a pas de programme pour l'instant. Je vais juste faire un essai. Le seul programme validé jusqu'ici, c'est celui avec Peugeot, qui est évidemment prioritaire. Mais c'est vrai qu'en regardant les calendriers, il n'y a pas de clash entre l'ILMC et l'Indycar. S'il y a une possibilité, c'est quelque chose qui m'intéresse forcément. J'ai pris beaucoup de plaisir là-bas, je suis retourné tester la voiture avec Dale Coyne (propriétaire de l'écurie éponyme, ndlr) et ça s'est bien passé. Ce n'est pas une ChampCar, mais c'est une voiture plutôt sympa à conduire, qui me convient bien. S'il arrive à réunir les éléments, c'est-à-dire les hommes puisqu'il manque trois ou quatre personnes clés dans le programme, on fera quelque chose ensemble. On vous pose souvent la question, mais l'éventualité d'un retour en Formule 1, ça vous trotte encore dans la tête? La F1, c'est terminé. En tout cas, je ne cours plus après. A moins que quelqu'un vienne me proposer quelque chose de très intéressant, ce dont je doute énormément... La page s'est tournée après le Nürburgring en 2009 et ça ne me manque pas du tout. J'ai fait de bonnes courses, de moins bonnes et des terribles. J'ai pris de l'expérience, mais je vais avoir 32 ans dans moins d'un mois et je ne suis pas sans savoir que la fenêtre est passée. J'ai eu ma chance, ça ne s'est pas passé exactement comme je le voulais mais ça s'est fait. Maintenant, je cours après d'autres défis. Votre motivation est-elle encore intacte pour l'Endurance ? Bien sûr. C'était ma passion avant de devenir mon métier. J'ai toujours mené plusieurs programmes de front depuis 1999, c'est quelque chose qui me plaît énormément. Je prends beaucoup de plaisir chez Peugeot, avec un matériel et des moyens adéquats pour gagner. Et si je peux en remettre un petit coup aux Etats-Unis, ce serait avec plaisir. On verra comment ça se passera.