Boudjellal lynche Saint-André

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Boudjellal lynche Saint-André
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Après la gifle reçue par Toulon face à Clermont samedi (0-17), Mourad Boudjellal s'est attaqué directement à son futur-ex entraîneur, Philippe Saint-André. Le boss du RCT a ouvertement critiqué le bilan du prochain sélectionneur des Bleus, et compte lui faire payer son départ. De zéro à 260 000 euros selon le classement du club varois à l'issue de la 6e journée du Top 14.

Après la gifle reçue par Toulon face à Clermont samedi (0-17), Mourad Boudjellal s'est attaqué directement à son futur-ex entraîneur, Philippe Saint-André. Le boss du RCT a ouvertement critiqué le bilan du prochain sélectionneur des Bleus, et compte lui faire payer son départ. De zéro à 260 000 euros selon le classement du club varois à l'issue de la 6e journée du Top 14. Il a laissé passer 24 heures avant de sortir le bazooka. Mais la pilule que représente la défaite du RC Toulon contre Clermont samedi (0-17 !) était trop grosse pour être avalée si facilement par Mourad Boudjellal. Alors, dimanche, c'était avis de tempête sur la Rade. Et c'est Philippe Saint-André qui essuyé le coup de tabac. Le futur sélectionneur du XV de France en a pris pour son grade et c'est peu dire. Morceaux choisis. "Quand on assiste à cette grande défaite et qu'on dresse le constat, on n'est pas très fier, a doucement démarré Boudjellal, cité par Var-Matin. Ça ne paraît même pas possible de jouer plus mal. J'ai le sentiment d'avoir été trahi ou du moins, je n'en ai pas pour mon argent. En terme de jeu, on n'a rien proposé. Mais qu'avons-nous vu depuis trois ans ? Où est le style de jeu Saint-André ? Le match face à l'ASM est la résultante de tout ça. On avait avec un Umaga, un Sony Bill Williams, un Wilkinson, des arbres qui cachaient la forêt. On peut planter des arbres, on ne bâtit pas une forêt." Boudjellal aurait pu s'arrêter là. Le divorce entre lui et PSA aurait été définitivement acté, et l'idylle entre les deux hommes se serait terminée en eau de boudin (auvergnat). Mais non, avec Boudjellal, ce n'est jamais aussi simple. Le boss du RCT s'est légitimement senti lésé par la manoeuvre de la FFR, et ne compte pas en rester là. "Philippe pris pour l'équipe de France par la Fédé, c'est ni plus ni moins du débauchage actif, assène Boudjellal. C'est un acte délictuel. Il existe dans le rugby français des habitudes. Mais ces habitudes-là, ce n'est pas le droit. Je ferai estimer le préjudice. J'irai, si nécessaire, devant les tribunaux. On verra alors si la justice me donne raison ou tort. Ce n'est pas moi qui fais la loi. La règle aurait voulu que la FFR me contacte pour savoir si j'étais prêt à lâcher Philippe. Là, j'ai été mis devant le fait accompli. Pris en otage, j'ai été piégé." "Philippe s'en ira s'il paie" Quant à Saint-André, Boudjellal ne compte pas le lâcher aussi facilement. S'il pourrait annoncer le nom de son successeur dans la semaine, le président varois compte sur son actuel entraîneur pour laisser le club dans une situation confortable en Top 14. Pour cela, il a mis au point un drôle de barème. S'appuyant, selon ses dires, sur une clause du contrat de Saint-André qui stipule que celui-ci doive s'acquitter d'une indemnité en cas de rupture anticipée, Boudjellal entend faire payer son départ à PSA... en fonction du classement du club en championnat ! "Après le match de Montpellier (6e journée, le 30 septembre), Philippe s'en ira s'il paie au club le dédommagement qui m'agrée. D'ici là, il a une obligation de résultats. Un contrat stipulait que je devais payer 720 000 euros à Philippe si je le licenciais. Pour son départ, je demande des indemnités liées aux résultats. Rien si on est premiers, 300 000 euros si on est derniers", détaille Boudjellal. En détail, selon L'Equipe, ce sera 20 000 euros si Toulon est deuxième, 40 000 si le RCT est troisième, et ainsi de suite jusqu'à 260 000 euros (et non 300 000). Mis au courant, Saint-André n'a pas souhaité réagir...