Bordeaux attend encore son grand stade

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Bordeaux attend encore son grand stade
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FOOTBALL - Le projet de futur grand stade à Bordeaux peine à réunir les 200 millions nécessaires à son financement.

Le projet de futur grand stade à Bordeaux peine à réunir les 200 millions nécessaires à son financement. Le Conseil général de Gironde se dit dans "l'impossibilité" d'y participer."Nous sommes inquiets et soucieux à propos de ce grand stade." Interviewé sur l'antenne de France 3 Aquitaine, mercredi, Nicolas de Tavernost, président du directoire de M6, propriétaire des Girondins de Bordeaux, réagissait alors au verdict du dernier entretien en date entre Jean-Louis Triaud et Philippe Madrelle, le président du Conseil général de la Gironde: Non, le département, qui n'a plus investi dans les structures utiles au club depuis les grands travaux de France 98, n'a pas l'intention de verser un sou pour soutenir le projet bordelais "grand stade"."Nous ne sentons pas une mobilisation extrêmement forte, déplore Nicolas de Tavernost. Or que ce soit dans deux ans, cinq ans ou dix ans, il faudra tôt ou tard un équipement à Bordeaux. [...] Chaban-Delmas n'est pas adapté à faire du rugby, du football, de grands événements sportifs parce qu'il est obsolète pour des tas de raisons. Il n'est plus aux normes, d'ailleurs la Fifa et l'UEFA l'ont fait remarquer." Ce constat, implacable, le président Triaud en a bien sûr fait son principal argument pour persuader le Conseil général de mettre la main à la poche. En vain... "La position du Conseil général ne facilitera pas la tâche.""Le Conseil général est dans l'impossibilité de participer au financement du projet de grand stade, sauf à augmenter massivement les impôts, répliquait jeudi Philippe Madrelle dans les colonnes de Sud-Ouest préconisant du reste la destruction du stade Chaban-Delmas pour justifier le nouveau chantier. Un message destiné à la mairie de Bordeaux, propriétaire de Chaban-Delmas, dont la réplique ne s'est pas fait attendre: "La position du Conseil général ne facilitera pas la tâche. Quant à raser le stade Chaban-Delmas, vendre les terrains et lancer un emprunt obligataire, comme le conseille Philippe Madrelle, cela relève de l'aimable plaisanterie, ou de la provocation. La piste la plus sérieuse, c'est le PPP (partenariat public privé, ndlr)", a ainsi réagi Alain Juppé, le premier édile de Bordeaux, jeudi, à l'occasion de ses traditionnels voeux à la presse.Cette solution miracle permettrait à la mairie de faire construire son nouveau stade par un opérateur privé, chargé de l'exploitation et pour ce faire gratifié d'un loyer pendant les 20 ou 30 années à venir. Au terme de ce délai, la structure reviendrait alors à la ville, qui débourse à l'heure actuelle pas moins d'un millions d'euros pour entretenir le vieillissant Chaban-Delmas, sans compter les grands travaux qui, selon Sud-Ouest, ont coûté la bagatelle de 7,4 millions d'euros ces six dernières années. A ce jour, Nicolas de Taversnost le garantit: "Il y a plus de 60 % du financement supposé du grand stade qui est assuré par le club et par l'État", soit environ 100 millions d'euros. Même en tenant compte des aides de la région et de la Communauté urbaine, sans ce coup de pouce privé, à défaut de soutien du département, le futur grand stade girondin ne demeurera qu'un projet. Et la candidature de la France à l'organisation de l'Euro 2016 n'en sera que plus difficile à assumer.