Boonen, le poissard du Tour

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Boonen, le poissard du Tour
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La malchance le poursuit. Depuis l'édition 2007, qui l'a vu ramener le maillot vert à Paris, Tom Boonen accumule les galères avec le Tour de France. Cette année n'échappe pas la règle. Victime d'une lourde chute lors de la 5e étape, l'ancien champion de Belgique a mis pied à terre ce vendredi, lors de la 7e étape entre Le Mans et Châteauroux.

La malchance le poursuit. Depuis l'édition 2007, qui l'a vu ramener le maillot vert à Paris, Tom Boonen accumule les galères avec le Tour de France. Cette année n'échappe pas la règle. Victime d'une lourde chute lors de la 5e étape, l'ancien champion de Belgique a mis pied à terre ce vendredi, lors de la 7e étape entre Le Mans et Châteauroux. Comme un air de déjà-vu. On approche de la mi-parcours entre Le Mans et Chateauroux quand Tom Boonen s'arrête sur le bord de la route, échange quelques mots avec son ami et directeur sportif Wilfried Peeters, natif de Mol comme lui, puis décide d'enlever son dossard et de quitter la route du Tour, vaincu par la douleur. Le Belge souffrait trop depuis sa lourde chute il y a deux jours qui avait impliqué plusieurs coureurs d'une équipe Quick Step pas épargnée (voir encadré). "J'ai dû freiner à fond, mais j'ai heurté la roue de celui qui me précédait. J'ai volé au-dessus de mon vélo et suis retombé fortement sur la tête et sur le côté droit du corps. Mon casque s'est cassé sous la violence du choc", avait raconté Boonen mercredi. Sonné, le champion du monde 2005 était tout de même remonté sur sa machine, pour effectuer au courage les 62 kilomètres vers le Cap Fréhel loin du peloton, en compagnie de son coéquipier Addy Engels. Jeudi, Boonen avait pu repartir, pour une nouvelle étape galère achevée un peu plus de deux minutes après le peloton, après avoir seulement lâché dans la bosse finale vers Lisieux. "Une journée difficile, expliquera-t-il. La pluie, le vent et les kilomètres ont rendu la course difficile. Je ressentais encore les conséquences de ma chute. Je traverse l'une des épreuves les plus difficiles qu'un coureur puisse traverser après une chute." Selon son équipe, le leader de la Quick Step était encore victime de maux de tête et de vertiges, des séquelles qui ont finalement eu raison de son courage ce vendredi. Voyant les étapes de moyenne montagne arriver, Boonen a jeté l'éponge et mis un terme à un nouveau chapitre de sa douloureuse histoire avec le Tour de France. 2008, le tournant Une histoire qui avait pourtant bien commencé. Pour son premier Tour, en 2004, le Flamand claque deux étapes, dont celle des Champs-Elysées, puis récidive l'édition suivante, l'année de son doublé Tour des Flandres - Paris-Roubaix et de son titre mondial. En 2006, il ne lève pas les bras sur la ligne mais porte le maillot jaune pendant quatre jours, puis ramène le vert à Paris l'année suivante, avec deux étapes en prime. Le temps du bonheur. Et puis viendra 2008, et la fracture. Le 10 juin, un quotidien néerlandais révèle que Boonen a été contrôlé positif à la cocaïne (*) hors compétition, ce qui lui évitera une suspension. Le Belge reconnaît les faits, demande pardon, et la Quick Step s'empresse de le soutenir en lui offrant une prolongation de trois ans. ASO, en revanche, se montre moins conciliant, et lui ferme les portes du Tour. En avril 2009, Boonen est à nouveau rattrapé par ses tracas. Il est encore contrôlé positif à la cocaïne, révèle ses dépressions qui l'ont conduit vers l'alcool, mais jure de redevenir celui qu'il était avant. Le Tour ne veut toujours pas de lui, mais "Tornado Tom", sacré champion de Belgique pour la première fois, est autorisé à courir par le CNOSF la veille du Grand départ à Monaco. Il va vivre un véritable cauchemar. Gêné par des douleurs abdominales avant la première étape, embarqué dans une chute par Napolitano lors de la deuxième, piégé par une bordure pendant la troisième, victime d'une crevaison dans le final de la cinquième et d'une chute dans les rues de Barcelone dans la sixième, le sort s'acharne sur le triple vainqueur de Paris-Roubaix. En 2010, Boonen réalise de bonnes classiques, mais tombe sur un énorme Cancellara. Une blessure au genou le freine à nouveau, le privant du Tour et de la deuxième partie de saison. En remportant Gand-Wevelgem début 2011, Boonen signe son retour mais les ennuis vont le rattraper lors d'un Tour des Flandres catastrophiquement négocié par la Quick Step (n'est-ce pas Chavanel) et surtout lors de Paris-Roubaix. Crevaison, chute, il finira par abandonner sur les pavés du Nord. Son enfer s'est malheureusement prolongé jusqu'en juillet. (*) On apprendra en décembre 2008 que Boonen avait également consommé de l'ecstasy.