Bonnet: "Une course mythique"

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Bonnet: "Une course mythique"
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Dixième et premier Français l'an dernier, William Bonnet est impatient de prendre le départ du Tour des Flandres dimanche. Le coureur de la FDJ, qui reste sur une belle sixième place au GP E3, compte bien jouer sa carte et suivre les meilleurs le plus longtemps possible. Son favori ? Fabian Cancellara évidemment. Mais il ne serait pas contre une victoire de Philippe Gilbert.

Dixième et premier Français l'an dernier, William Bonnet est impatient de prendre le départ du Tour des Flandres dimanche. Le coureur de la FDJ, qui reste sur une belle sixième place au GP E3, compte bien jouer sa carte et suivre les meilleurs le plus longtemps possible. Son favori ? Fabian Cancellara évidemment. Mais il ne serait pas contre une victoire de Philippe Gilbert. William, votre sixième place au GP E3 le week-end dernier vous a-t-elle rassuré sur votre état de forme ? Oui, c'est sûr que ça va mieux, parce que j'ai eu un début de saison un peu compliqué. Mes ennuis de santé sont terminés et la forme revient. J'ai quand même un doute pour dimanche, mais si ça va le dimanche d'après (lors de Paris-Roubaix, ndlr), c'est très bien aussi. Le Tour des Flandres et Paris-Roubaix sont mes deux gros objectifs de ce début de saison et c'est pour ces courses-là que j'ai été recruté à la FDJ. L'an dernier, vous terminez à la dixième place du Tour des Flandres. Etes-vous capable de faire encore mieux ? Prendre la dixième place l'an dernier, ça m'a montré que j'avais les capacités pour faire de bonnes choses dans cette course. Je sais aussi que je suis capable de faire mieux, puisqu'à l'arrivée, je me battais pour la quatrième place. Rééditer la même performance, ce serait déjà bien. Et de toute façon, on a envie de faire toujours plus. La FDJ a une belle équipe, taillée pour les classiques, avec un gros potentiel. Les autres formations sentent bien qu'on n'est pas là pour faire le nombre au départ. Elles se méfient plus de nous, c'est sûr. Que représente pour vous le Tour des Flandres ? C'est une course mythique. Il y en a très peu dans l'année. C'est aussi les pavés, les monts en pavés, beaucoup de spectateurs sur le bord de la route. L'ambiance qu'il y a autour, c'est ça aussi qui fait qu'on aime cette course. Au départ du Tour de Flandres, c'est inimaginable le nombre de personnes qu'il peut y avoir. Beaucoup plus qu'au Tour de France. En Belgique, la course a une dimension incroyable. On sent bien que tout le pays est tourné vers ce week-end là. Tout le monde attend le vainqueur. Et tous les coureurs sont motivés. Quand on entend la foule dans les monts, quand on en bave un peu, ça stimule à aller encore plus loin. "Cancellara est vraiment au-dessus du lot" Fabian Cancellara, impressionnant sur le GP E3, est le grand favori selon vous ? Je ne vois pas comment il peut être battu, à moins d'avoir un gros incident. Il est vraiment au-dessus du lot. Sur le GP E3, quand il est revenu sur le groupe de tête, c'était impressionnant. Il y avait quand même Haussler dans ce groupe, qui n'est pas n'importe qui. Mais il n'a pas même cherché à suivre. On se dit qu'il n'y a pas grand-chose à faire contre lui. Après dans une course, il peut se passer plein de choses, des chutes, une crevaison au mauvais moment. Il n'est pas à l'abri. Mais il a une grosse équipe autour de lui: Stuart O'Grady est en grande condition, d'autres sont là autour de lui. Il va être très dur à battre. Tom Boonen et Philippe Gilbert ont-ils les armes pour contrarier Cancellara ? Pour Boonen, sa victoire sur Gand-Wevelgem lui a fait du bien. Surtout dans la tête. Parce que je pense qu'il n'était pas au mieux avant cette course. Il a conscience aussi que la Quick Step n'est plus aussi dominatrice qu'avant. Là, ça a dû le rassurer personnellement. Il sait qu'il sera esseulé, avec moins de renforts que les années précédentes, il va devoir joueur avec les adversaires. Quant à Philippe, c'est quelqu'un d'assez imprévisible, il peut déclencher la course de bonne heure. On peut s'attendre à tout de sa part. Je serais très content si c'est lui qui gagnait. "Etre malin et anticiper un moment important" La FDJ a-t-elle une stratégie d'équipe déjà préétablie ? On n'en a pas encore discuté entre nous, on le fera la veille de la course pour savoir qui se sent le mieux. Dans la course, il y a des endroits stratégiques. D'abord une première partie relativement plate, où il faudra économiser les organismes. Les coéquipiers seront là pour nous protéger. Ensuite, les monts commencent dans la deuxième partie et il faudra être capable de suivre les meilleurs. Comme souvent, le juge de paix, ce sera le mur de Grammont ? Oui, c'est possible. Mais je pense qu'il faudra être offensif avant quand même. Quand on va attaquer les monts, il y aura un premier écrémage à l'arrière. Il faudra être malin et anticiper un moment important dans la course pour basculer devant les meilleurs qui se seront battus dans les portions les plus difficiles. La stratégie, c'est une chose. Il faut aussi avoir les jambes pour le faire.