Bonnaire: "Le plus dur arrive"

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Bonnaire: "Le plus dur arrive"
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Auteur d'une énorme performance, qui le fait entrer dans une nouvelle dimension, selon de nombreux observateurs, face à l'Angleterre samedi, à l'Eden Park, pour emmener les Bleus disputer une demi-finale de Coupe du monde face aux Gallois, Julien Bonnaire ne veut pas s'arrêter en si bon chemin. Encore marqué par le douloureux souvenir de 2007, le flanker, déjà focalisé sur le Pays de Galles, ne cède en rien à l'euphorie.

Auteur d'une énorme performance, qui le fait entrer dans une nouvelle dimension, selon de nombreux observateurs, face à l'Angleterre samedi, à l'Eden Park, pour emmener les Bleus disputer une demi-finale de Coupe du monde face aux Gallois, Julien Bonnaire ne veut pas s'arrêter en si bon chemin. Encore marqué par le douloureux souvenir de 2007, le flanker, déjà focalisé sur le Pays de Galles, ne cède en rien à l'euphorie. Julien, lorsqu'on est habité de cette colossale envie comme vous l'étiez ce samedi face aux Anglais, est-ce qu'on se dit sur le terrain qu'on ne peut pas perdre ce match ? En tout cas, avant le match, je sentais qu'on allait gagner, sans vraiment savoir pourquoi. Je savais qu'on était prêt et qu'on allait tout donner. Ça s'est confirmé dès l'entame, on a mis ce qu'il fallait et je savais que si on continuait, on gagnerait le match. On a énormément bossé tous ensemble, on s'est accroché, ça a payé et on est récompensés du travail qu'on a produit. N'avez-vous pas senti que vous réalisiez personnellement le match de votre vie durant cette rencontre ? Tout le stade l'a sans doute pensé dans le stade... (un peu gêné) Je n'en sais rien, peut-être, je ne sais pas. Je me donne au maximum comme d'habitude, après, il y a des fois où ça sourit un peu plus que d'autres... Mais je ne vais pas m'arrêter là-dessus, je n'avais pas envie que ce soit mon dernier match de Coupe du monde ; j'espère qu'il y en aura encore deux. "Tous piqués par ce match pourri..." Qu'est-ce qui fait que vous sentiez avant ce match que vous alliez vous imposer, alors qu'avant le Tonga, vous n'aviez pas été mis en garde quant à un éventuel faux pas ? Je ne sais pas, peut-être moins d'application et de concentration à l'entraînement. En tout cas, on était tous piqués par ce match pourri et on avait tous envie de réagir. On s'est fait taper sur les doigts, on a été plus que pourris, à juste titre, dans la presse et par les supporters. On avait envie de montrer autre chose, de laver un peu tout ça, pour nous avant tout, parce qu'on s'était mentis sur le terrain. Et puis aussi pour tous ces gens qui ont payé une fortune pour pouvoir venir, qui ont économisé depuis des années, ceux qui nous regardent et se lèvent de bonne heure pour nous voir jouer. Il faut se rendre compte de la chance qu'on a de pouvoir vivre de notre passion et de pouvoir faire rêver les gens ici ou là-bas, c'est ce qu'il y a de plus beau. Ça a été une victoire collective, tout le monde y a mis du sien pour gagner ce match. Chacun a respecté ce qu'il avait dit et c'est bon pour la suite. Même si on garde beaucoup d'humilité parce que ce n'est qu'un match Les avez-vous battus à l'anglaise ? A l'Anglaise, je ne sais pas. Je crois qu'on a avant tout joué simplement, avec l'envie d'avancer, de se faire mal à l'impact et se mettre dans de bonnes dispositions pour se créer des occasions. Voilà tout, on aurait pu faire mieux certaines choses, mais on a adhéré derrière celui qui prenait l'initiative. Que vous inspirent ces Gallois qui vous barreront le chemin de la finale ? Ça joue, les Gallois aiment envoyer énormément de jeu, solides au milieu de terrain, avec des joueurs qui avancent tout le temps. Un beau challenge, le plus dur arrive, mais aussi le plus beau. Vous évoquez énormément les notions autour du combat, mais avez-vous pris également du plaisir ? Bien sûr, bien sûr qu'il y a du plaisir. Personnellement, je n'en ai pas pris la semaine dernière ; on avait tous envie d'en prendre, c'est un bon feeling et quand on en prend, on est rarement déçu. Bien sûr que je suis content, mais je ne vais pas le hurler. Je le serai plus encore si dans quinze jours il y a le même résultat, mais ce n'est qu'une étape, il y a encore du chemin à faire pour arriver en haut du sommet.