Bonnaire:"La pression sera sur eux"

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Bonnaire:"La pression sera sur eux"
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Julien Bonnaire ou le remplaçant idéal... Une étiquette que l'intéressé se plaît à décoller, au point de s'imposer aux yeux des sélectionneurs comme une évidence au sein de la 3e ligne du XV de France. Dans le jeu comme au combat, en passant par le secteur de la touche, le Clermontois, devenu à 32 ans ce joueur de rupture loué par Lièvremont, sait aujourd'hui tout faire. Forcément précieux à l'heure d'une balade irlandaise plus que périlleuse.

Julien Bonnaire ou le remplaçant idéal... Une étiquette que l'intéressé se plaît à décoller, au point de s'imposer aux yeux des sélectionneurs comme une évidence au sein de la 3e ligne du XV de France. Dans le jeu comme au combat, en passant par le secteur de la touche, le Clermontois, devenu à 32 ans ce joueur de rupture loué par Lièvremont, sait aujourd'hui tout faire. Forcément précieux à l'heure d'une balade irlandaise plus que périlleuse. Julien, à l'heure de ce déplacement à Dublin, faut-il retenir votre large défaite de l'ASM au Leinster (24-8) ou la victoire de Toulon face au Munster (32-16) ? Je ne retiens rien du tout, ça, c'est du passé... Moi, je regarde devant. Ce sera différent, même si beaucoup de joueurs de ces deux formations nous feront face dimanche. On a en tout cas les moyens de les mettre en difficultés, il faut en être convaincu et y aller sans pression, on a tout à gagner là-bas. Il faut se lâcher et faire un bon match, moi, j'ai confiance. Après le match face à l'Ecosse, la question est-elle selon vous pour cette équipe de France de savoir bien placer le curseur de l'attaque pour ne pas en faire trop ? Oui, tout à fait. C'est avoir la bonne alternance qu'on n'a pas forcément en permanence. Ou on joue trop, ou pas assez... C'est arrivé à faire le tri des ballons à jouer et ceux qu'il faudrait sortir en touche pour ne pas se cramer et pouvoir être performant sur quatre-vingt minutes. Sur le terrain, avez-vous la capacité à exprimer ce genre de consignes, ou est-ce que ça n'intervient qu'a posteriori ? Oui, bien sûr, mais on ne l'a sans doute pas fait suffisamment parce qu'on a laissé beaucoup de jus là-dessus et on a fini par le payer en défense sur certains lancements. C'est vrai qu'on a beaucoup couru pour peu de récompenses... On a manqué de lucidité. Ce n'est pas normal de prendre des essais qui n'ont rien de construit, ce n'est pas normal, alors qu'on est en nombre. C'est un manque de communication, on ne se parle pas et ça suffit pour se faire prendre. Il se trouve qu'on est tombé en plus sur une équipe qui produit énormément de jeu. Mais je crois qu'il était malgré tout important d'avoir ces initiatives. "Je préfère autant jouer contre les meilleurs..." La touche n'a pas été non plus exempte de reproches face aux Ecossais. Ce sera là aussi essentiel ce dimanche face aux experts irlandais... (voir par ailleurs) Certaines ont peut-être mal annoncées, d'autres sur lesquelles on était en retard au lift. On a bossé. C'est beaucoup de coordination et on en a certainement manqué la semaine dernière. On a essayé de régler tout ça parce qu'on sait que c'est une rampe de lancement importante et on a besoin de ces ballons-là pour essayer de se créer des occasions. Spécialement contre l'Irlande, ils ont un très bon alignement, qui leur permet de perdre très peu de ballons sur leurs lancers. Ils sont très performants, mais je crois qu'on a les armes aussi pour faire le nécessaire et avoir aussi des ballons propres. Le retour de Jamie Heaslip, c'une mauvaise nouvelle pour vous ? Non, je préfère autant jouer contre les meilleurs. C'est tant mieux. En tout cas, on sait ce qu'il vaut et que c'est un joueur qui fait souvent avancer l'équipe. Si tu ne vas pas le chercher en défense... Il est assez dense et il vaut mieux le prendre aux chevilles. Après il est comme les autres, seulement il faut se baisser un peu plus. Il faudra le surveiller de près. Vous évoquez l'absence de pression pour ce choc, c'est pourtant le premier gros choc de ce Tournoi aux yeux du grand public... Mais pour moi, il était plus compliqué de préparer l'Ecosse que ce match en Irlande. Parce qu'on sortait d'une période critique, que c'était le premier match du Tournoi à la maison, et on sait toujours que c'est compliqué, on était attendu et on avait envie de faire beaucoup mieux que ce qu'on avait pu montrer. Pour moi, la pression sera sur eux. En plus, ils sortent d'un match moyen en Italie (victoire 13-11), ils ont dû se faire remonter les bretelles durant la semaine et ils auront l'envie de faire un gros match. Mais si on arrive à les faire douter dès le début de match... "Je n'irai pas en 2015..." Autrefois habitué aux tâches obscures, comment fait-on pour devenir un joueur de rupture à l'âge de 32 ans ? Je sens que j'en ai les moyens, ça vient de moi. Même si depuis que je suis à Clermont, je touche beaucoup plus de ballons. Je sens que je peux le faire. C'est un plus dans le bagage et c'est important, on a toujours à faire évoluer son jeu, quel que soit le poste ou le secteur. Ça pouvait être un facteur important pour être ou non sur le terrain, donc autant le mettre de son côté. Si on vous dit qu'on vous sent plus installé dans cette équipe de France... Je sais que ça peut aller très vite et que je dois prouver à chaque sortie. J'ai envie à chaque fois de prendre du plaisir et prouve que je mérite d'être ici. Des matches, il ne m'en reste pas beaucoup en équipe de France. Il y en a en tout cas plus derrière que devant moi. Cette Coupe du monde sera mon dernier gros objectif, il est sûr que je n'irai pas en 2015. J'apprécie ces instants au maximum, on ne sait pas ce qui peut se passer, je me dis à chaque fois que ça peut être la dernière.