Blanc, un an après...

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Blanc, un an après...
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De retour à Paris, Laurent Blanc est revenu sur la tournée des Bleus en Europe de l'Est. Le sélectionneur de l'équipe de France s'est d'abord refusé à dresser un bilan avant de revenir sur les points qui ont marqué ses dix premiers mois à la tête des Bleus, du retour de Franck Ribéry à l'émergence de Marvin Martin. L'identité du capitaine attendra.

De retour à Paris, Laurent Blanc est revenu sur la tournée des Bleus en Europe de l'Est. Le sélectionneur de l'équipe de France s'est d'abord refusé à dresser un bilan avant de revenir sur les points qui ont marqué ses dix premiers mois à la tête des Bleus, du retour de Franck Ribéry à l'émergence de Marvin Martin. L'identité du capitaine attendra. Le bilan de la saison A l'issue d'une tournée de trois matches en Europe de l'Est, sanctionnée par deux victoires contre l'Ukraine (4-1) et la Pologne (1-0) pour un nul concédé face à la Biélorussie (1-1), Laurent Blanc devait dresser le bilan de sa première saison à la tête de l'équipe de France. Rentré plus tard que prévu à Paris, le sélectionneur a botté en touche. "L'analyse, on la fera tranquillement avec le staff technique", a-t-il promis avant de rappeler son obsession : "Le bilan, on le fera une fois qu'on sera qualifié ou non, le vrai bilan est là. Ce qui est important, c'est l'objectif de se qualifier pour l'Euro. On n'est pas encore qualifiés, il faut avoir de l'humilité, les Biélorusses peuvent le penser, les Roumains et Bosniens aussi. Tant que mathématiquement, ce n'est pas fait, je ne vois pas pourquoi on pourrait penser que, nous Français, on serait qualifiés." Premiers du groupe D avec un total de 13 points, les Bleus ont effacé en partie leur accroc initial au Stade de France contre la Biélorussie (0-1) mais devront négocier au mieux leur rentrée, en septembre, en Albanie (le 2) et en Roumanie (le 6) pour prendre une option sur la qualification. Au-delà de ces éliminatoires à l'Euro 2012, la France reste sur dix matches sans défaite, preuve d'une certaine solidité défensive (5 buts encaissés en 12 matches), la priorité de Blanc à son arrivée, à laquelle s'ajoutent de belles promesses dans le jeu même si ça ne reste encore que passager. Le jeu de l'équipe de France La véritable interrogation de cette tournée concerne le jeu pratiqué par les Bleus. Franchement décevant en Biélorussie, il est apparu meilleur en Ukraine au gré des entrées. L'équipe a progressé depuis ses débuts en Norvège mais c'est dans ce domaine qu'on a le plus de progrès à faire." Le 4-3-3 employé jeudi en Pologne n'a pas non plus franchement séduit, les prestations de Hoarau ou Valbuena devant n'aidant pas sur ce point. "En sélection, il faut arriver à avoir les meilleurs éléments sur la meilleure forme. Parce que il y aura toujours des blessures, des méformes, des suspendus. Ça prend du temps, ça demande beaucoup de travail. On aimerait travailler plus longtemps car certains jouent en club avec une philosophie qui n'est pas la même. La philosophie de jeu est acceptée par tout le monde mais il y a des progrès à faire". Une chose est sûre: les Bleus éprouvent toujours autant de difficultés face à un bloc regroupé, la relance et la projection vers l'avant étant clairement un problème à résoudre. "Si on veut redevenir une nation importante du foot, c'est avec le jeu qu'on le fera", conclut logiquement Blanc. Quel capitaine ? La question a accompagné chacune des conférences de presse de Laurent Blanc. Et le sélectionneur a décidé de prolonger le suspense, revenant là encore sur l'une de ses « promesses ». "J'ai le droit de changer d'avis", a-t-il assumé. "C'est la fin de saison, pendant trois mois il n'y a rien. Des joueurs vont faire des choix importants de carrière car sont dans le marché des transferts. Ça peut faire évoluer les choses", a-t-il ajouté pour se justifier. Près d'un an après sa prise de fonction, Laurent Blanc n'a donc bouclé sa réflexion sur le sujet mais n'en a pas moins avancé. Ils sont sept à avoir porté le brassard de capitaine à sa demande : Philippe Mexès, Alou Diarra, Florent Malouda, Hugo Lloris, Samir Nasri, Steve Mandanda et enfin Eric Abidal. Mexès, Malouda, Lloris, Abidal et Diarra, ce dernier ayant eu le plus souvent cet honneur, sont aujourd'hui plébiscités par le sélectionneur. "L'entraîneur a toujours des relais, c'est préférable. Ce sont les plus expérimentés, ayant des statuts confirmés et titulaires quasi-permanents dans leurs clubs. Ce n'est pas un hasard s'ils sont là. On verra si un se confirme dans le groupe et remplit tous les critères pour être un bon capitaine", a-t-il conclu à ce sujet. Le retour de Franck Ribéry Son retour, quelques mois après Knysna, avait fait parler. Médiocre au Luxembourg, une nouvelle fois très décevant contre la Biélorussie, Franck Ribéry peine à retrouver un vrai rôle au sein de cette équipe de France. Laurent Blanc n'est pas aveugle: "Il pourrait être meilleur mais comme d'autres. On fait une fixation car c'est un joueur important du Bayern. J'attends mieux de certains joueurs, Franck en fait partie. Il a prouvé dans le passé, j'espère qu'il le fera dans l'avenir. Mais ce n'est surtout pas le seul." Refusant de se fixer sur le Munichois, le sélectionneur dresse finalement une petite pique sur sa ligne d'attaque : "Certains n'ont pas joué à leur niveau, malheureusement pour eux et pour nous. J'espère qu'ils pourront apporter ce qu'ils peuvent apporter par leur talent." La révélation Marvin Martin Le milieu offensif de Sochaux est la grande surprise de cette tournée de fin de saison. "C'est une belle surprise, enfin une belle confirmation", a noté Laurent Blanc. Son entrée en Ukraine avec deux buts et une passe décisive a impressionné alors que son match face à la Pologne a confirmé qu'il pouvait incarner une solution intéressante. "Techniquement, il est très fort, il voit les choses très vite. Il a développé des qualités très vite dans un collectif à Sochaux qui joue de manière assez offensive. Il a fait de bons débuts notamment contre l'Ukraine et un bon match contre la Pologne." Le sélectionneur suivra donc l'évolution du joueur et son possible transfert d'autant qu'il garde une grosse marge de progression: "Il n'est pas encore prêt à mon sens mais c'est encourageant et intéressant d'avoir ce type de joueur. Il se projette vite vers l'avant et en plus tire bien les coups de pied arrêtés ce qui est une vraie qualité. Il doit savoir quel est son intérêt maintenant. On suivra ça avec attention". Afin que Martin ne soit pas qu'un tube de l'été... Une ossature s'est-elle dessinée après cette tournée ? Au moment de sa prise de fonction, Laurent Blanc avait employé une formule marquante au sujet du chantier à attaquer: "je n'ai pas le début d'un pépin". Dix mois après, un noyau s'est-il dessiné dans son esprit ? "Oui. On apprend à connaître des joueurs, eux aussi apprennent à nous connaître, connaîitre notre vision. Même s'il y a des nouveaux joueurs, il y a une ossature qui se dégage, un noyau. Et ce n'est pas ce qu'on vient de faire qui va me changer d'avis, il faut s'appuyer dessus tout en laissant la porte ouverte à certains qui peuvent nous amener de la fraicheur à un certain moment." Au vu des compositions d'équipe, l'ancien entraîneur bordelais semble avoir quelques certitudes: derrière où sa défense Sagna-Rami-Mexès-Abidal est promise pour durer à l'instar de Lloris dans les buts et devant avec l'incontournable Karim Benzema. VIDEO Blanc: le noyau dur des Bleus en 2012.