Blanc: "Plus ou moins habituel"

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Blanc: "Plus ou moins habituel"
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A la veille du match face à l'Albanie, Laurent Blanc ne s'est pas spécialement plaint des nombreux forfaits. Concentré sur l'objectif de la qualification pour l'Euro 2012, le sélectionneur estime que cette première rencontre peut influer mentalement sur la préparation de la Bosnie. Le "Président" a également confirmé le forfait d'Eric Abidal pour vendredi.

A la veille du match face à l'Albanie, Laurent Blanc ne s'est pas spécialement plaint des nombreux forfaits. Concentré sur l'objectif de la qualification pour l'Euro 2012, le sélectionneur estime que cette première rencontre peut influer mentalement sur la préparation de la Bosnie. Le "Président" a également confirmé le forfait d'Eric Abidal pour vendredi. Laurent, à l'aube de ces deux matches fondamentaux, ça fait un an et demi que vous êtes le sélectionneur de l'équipe de France. Est-ce que le métier est conforme à vos attentes ? Oui, plutôt. C'est un métier que beaucoup pensent facile, puisqu'il y en a beaucoup dans la salle. J'ai pu discuter avec d'anciens joueurs avant même de commencer, on s'était fait une idée et globalement c'est assez conforme. Et c'est compliqué. Qu'est-ce qui est compliqué exactement dans cette tâche de sélectionneur national ? D'aligner une bonne équipe, d'avoir des résultats. C'est compliqué aussi de gagner quelque chose, ces trophées que toutes les nations veulent obtenir. Un sélectionneur est soumis à la même enseigne que les entraîneurs de clubs, d'où la difficulté de la tâche. C'est un examen, une étape personnelle ? On vous avait fixé comme premier objectif de vous qualifier pour l'Euro 2012... Comme un entraîneur de club, l'entraîneur contribue aux résultats quand ils sont bons. Et c'est le seul responsable en cas de mauvais... Mais dès vendredi, les joueurs seront concentrés sur un objectif, la qualification pour l'Euro 2012, et ça ne doit pas être quelque chose de personnel pour moi. C'est l'objectif des joueurs, mais ça doit être aussi celui des médias et de tout le football français. On a tous besoin de cette qualification. En quoi ce match contre l'Albanie est essentiel, puisqu'une victoire contre la Bosnie sera qualificative quoi qu'il arrive ? Parce que le premier match peut conditionner le second. Et ça fait quelques matches qu'on ne perd plus, on a une série à poursuivre. En plus, c'est devant notre public, à Paris. Rien que pour ces raisons-là, il est essentiel de faire un bon match et de gagner. Après, on verra pour la Bosnie, qui sera un match capital. Lundi, il y avait déjà beaucoup d'absents potentiels. Désormais, trois jours plus tard, comment sentez-vous le groupe ? Il y a beaucoup de joueurs blessés, qui ont dû déclarer forfait pour un ou pour deux matches. Il a fallu être calme, faire le point sur les problèmes physiques. On avait prévu certaines choses, mais quand on a vu les joueurs disponibles ne pas arriver au top, ni physiquement, ni mentalement... Les deux premiers jours, ça a été plutôt un travail de psychologue que d'entraîneur, il a fallu parler aux joueurs et faire avec leur état de fatigue. Les entraînements ont été légers jusque-là, on va essayer de monter petit à petit pour arriver au top vendredi. C'est un peu compliqué à vivre, mais finalement, c'est plus ou moins habituel... Vous avez encore eu une semaine pour préparer une défense recomposée. Comment faites-vous ? Dans ce domaine, c'est vrai qu'on a beaucoup, beaucoup de blessés et assez graves. Ça a commencé par Mexès, il y a eu la suspension de Rami, la blessure de Sakho... A ce niveau-là, en tant qu'entraîneur, on ne peut que subir... Koscielny s'est récupéré au dernier moment, j'espère qu'Abidal pourra récupérer pour mardi. Il faut composer avec ça. On parle avec les joueurs, avec le staff médical... Et vu la liste, je pense que vous allez vite trouver qui composera la charnière centrale... "Ce qui s'est passé en 1993, les joueurs ne l'ont pas en mémoire" On a déjà beaucoup parlé d'Israël et de la Bulgarie en 1993, deux matches que vous avez vécu sur le terrain. Vous n'en avez pas parlé aux joueurs, vous ne leur en parlerez pas ? Ça ne faisait pas partie de la préparation, et vu les pépins qu'on a eu, on a de toute façon très vite su qu'on ne leur en parlerait pas. On a vraiment eu d'autres soucis à régler... Après, il y a eu une semaine de stage, de vidéo. Et puis, à part moi ou quelques-uns du staff médical et de la presse, les joueurs savent ce qui s'est passé, mais ils ne l'ont pas en mémoire parce qu'ils ne l'ont pas vécu. Ce qui n'est pas plus mal d'ailleurs... Même si vous l'espérez encore pour mardi, Eric Abidal est donc définitivement forfait pour l'Albanie ? Oui, ce sera vraiment trop juste. Notre staff médical essaie de faire des miracles, mais parfois ce n'est pas possible. Ça va mieux, mais il y a quand même un niveau à atteindre pour un match international. Il ne faut pas faire n'importe quoi. Vous évoluerez en 4-4-2 vendredi, comme la tendance des derniers entraînements peut le faire penser ? Et qui jouera à droite, Mathieu Debuchy ou Anthony Réveillère ? Pour le 4-4-2, c'est vous qui le dites. Mais selon les projections que j'ai pu voir dans la presse, ça peut vite se transformer en 4-3-3. Et l'important, c'est l'animation. Ça fait parler, ça fait réfléchir aussi donc c'est bien, mais ce qu'il faut, c'est être efficace devant le but. Et plus on aura de joueurs performants en club dans ce domaine-là, plus on aura de chances d'y parvenir. Quant au latéral droit, la certitude, c'est que ce sera effectivement soit Debuchy, soit Réveillère. Mais il y a aussi des joueurs qui peuvent être suspendus, et ça fait partie du rôle du sélectionneur de préparer ça. Le fait d'avoir pensé au groupe depuis le début, ça doit vous aider non, maintenant qu'il faut mettre en avant certains éléments qui sont restés dans l'ombre auparavant ? Les blessures, ça arrive en club, ça arrive aussi en sélection. Là, tout est arrivé d'un coup, mais notre objectif c'est de se qualifier pour l'Euro. On voulait faire des essais après ces deux matches, mais toutes ces blessures ont fait qu'on a pris un peu d'avance sur le calendrier. Le discours de Samir Nasri lundi, ça vous a plu ? Moi, ce que j'aime, c'est qu'on pense au présent. Il faut analyser et se servir de ce qu'on a fait avant, cependant il faut s'en servir pour progresser. Son discours est plus appréciable qu'il y a quelques mois, mais je répète que je n'ai aucun problème avec lui. C'est vrai que son attitude me plaît beaucoup plus qu'il y a quelque temps... C'est aussi une forme d'intelligence que de se rendre compte de certaines choses. J'espère que ça va se voir sur le terrain, car c'est la finalité. Où en est Kévin Gameiro ? Avec son problème récurrent au genou, il est trop juste pour vendredi. On espère pouvoir compter sur lui mardi, c'est pour ça qu'on l'a conservé dans le groupe. Lui aussi va mieux, mais c'est logique car ses entraînements sont très légers. On fera un autre point samedi voire dimanche matin, sur les joueurs qui ont joué, mais aussi qui n'ont pas joué et qui sont espérés. Il n'est pas impossible que j'en rappelle. A Tirana, vous aviez évoqué la possibilité d'aligner Nasri sur un côté ? Pourtant, vous avez indiqué tout à l'heure que ce 4-4-2 entrevu pouvait aussi se transformer en 4-3-3... Pouvez-vous nous éclairer ? A Manchester City, il est souvent sur un côté au départ - comme il l'était à Arsenal d'ailleurs - mais il a quand même une certaine liberté car il aime ça, se retrouver face au jeu. C'est là qu'il exprime tout son potentiel et toutes ses qualités. VIDEO