Blanc: "On va jouer pour les gagner"

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Blanc: "On va jouer pour les gagner"
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Leader du groupe D des éliminatoires de l'Euro 2012, l'équipe de France s'apprête à jouer ses deux derniers matches les 7 et 11 octobre prochains au Stade de France face à l'Albanie et la Bosnie. Après avoir annoncé sa liste de 24 joueurs, ce jeudi au siège de la FFF, Laurent Blanc a justifié certains ses choix, mais aussi fait part de son ambition de produire du jeu et de remporter ces deux rencontres.

Leader du groupe D des éliminatoires de l'Euro 2012, l'équipe de France s'apprête à jouer ses deux derniers matches les 7 et 11 octobre prochains au Stade de France face à l'Albanie et la Bosnie. Après avoir annoncé sa liste de 24 joueurs, ce jeudi au siège de la FFF, Laurent Blanc a justifié certains ses choix, mais aussi fait part de son ambition de produire du jeu et de remporter ces deux rencontres. Le choix de Gomis en attaque, c'est une évidence ? C'est une évidence par rapport à ce qu'il réalise depuis le début de la saison. On a pu s'apercevoir encore lors de son dernier match que c'est un joueur en pleine confiance. Il n'y a qu'à voir l'action qu'il a osé pour marquer le but. On avait dit lors du dernier stage qu'il n'était pas loin du groupe. Il fallait qu'il continue ses bonnes prestations avec son club et c'est ce qu'il a fait. L'équipe de France est ouverte, surtout aux joueurs en confiance et qui sont capables de nous apporter quelque chose de plus. J'espère qu'il nous fera profiter de son état de forme. Avez-vous des nouvelles de Karim Benzema, blessé ce mardi en Ligue des champions avec le Real Madrid ? Il a été touché, c'est un ennui musculaire, mais ce n'est pas très grave. Il devait passer une IRM jeudi matin. On va se renseigner sur son état de santé et voir s'il est convoqué par son club pour le match du week-end (sur la pelouse de l'Espanyol dimanche). Quel que soit le cas de figure, il sera avec nous lundi matin, car je vous rappelle que cette convocation est valable pour deux matches. Nous allons suivre l'évolution de sa petite blessure très attentivement. Vous disputez vos deux derniers matches des éliminatoires à la maison. Cela vous rappelle-t-il 1993, lorsque les Bleus, dont vous faisiez partie, avaient manqué le Mondial 94 après s'être inclinés à domicile face à Israël et la Bulgarie ? Je savais que vous y feriez référence. Certes, ce sont deux matches à domicile et nous avons la pression sur ces deux matches. Mais lorsque vous attaquez une campagne de qualification, à un moment donné, vous savez que vous aurez des matches plus importants que les autres. Et c'est le cas, surtout le dernier. Mais après, il vaut mieux avoir la pression pour obtenir quelque chose plutôt que de vouloir éviter quelque chose. J'ai connu les deux, ce n'est pas la même pression. Il va falloir gérer cela et le rendre positif. Je ne suis pas sûr que les joueurs de cette génération aient connu cette période et il ne vaut mieux pas. Certes, ce sont deux matches à domicile, face à des équipes qui peuvent nous poser des problèmes mais qui n'évoluent pas de la même façon à domicile et à l'extérieur. Il faut gagner ces deux matches-là, être ambitieux dans le jeu. On fera peut-être des calculs, mais seulement durant les six ou dix dernières minutes. "On veut finir avec ce groupe" Lors de votre arrivée, vous insistiez sur la vie de groupe. Pensez-vous avoir réussi à l'instaurer ? La réussite, ce n'est pas à vous que je vais l'apprendre, dépendra de notre qualification. C'est la chose qui fera que l'on a réussi ou pas. On a fait un grand pas par rapport à notre point de départ, mais il faut enfoncer le clou, se concentrer sur cela. La notion de groupe est importante dans les sports collectifs. Certains voudraient qu'on change de groupe à chaque rendez-vous. Certains joueurs font preuve de qualité, on les note, mais on a commencé avec ce groupe et on veut finir avec ce groupe. Après, on pourra parler de jeu et de ces joueurs qui pourraient éventuellement rejoindre l'équipe nationale. Djibril Cissé réalise un bon début de saison avec la Lazio. Avez-vous songé à le sélectionner ? C'est un joueur que l'on suit, que l'on regarde, mais nous avons plusieurs joueurs importants, en forme et qui marquent des buts dans ce secteur. Nous n'allons pas tout bouleverser à ce niveau des éliminatoires, après il peut se passer plein de choses. La vérité d'octobre ne sera pas la même qu'en juin, novembre ou février. Vous évoquiez un noyau il y a quelques mois. Pensez-vous désormais avoir trouvé plus qu'un noyau ? Non (catégorique). On a un noyau qui s'est formé et qui peut être amélioré. Après, on a pas mal de joueurs blessés, comme toutes les sélections. Il y a quelques noms qui ne sont pas indiscutables, mais facilement sélectionnés. On connait les joueurs et les hommes. C'est dans ce sens-là aussi que l'on progresse. Franck Ribéry est en forme avec son club, mais peine à reproduire ses performances en sélection. Avez-vous décidé d'en parler avec lui ? Je l'ai dit à plusieurs joueurs. On veut toujours plus des joueurs, mais c'est déjà une bonne chose qu'ils retrouvent leur niveau en club. Certains ont eu des ennuis sportifs, voire extra-sportifs, cela met du temps. Franck a retrouvé le bonheur de jouer, c'est déjà une bonne chose. Après, je souhaite bien sûr profiter de sa forme en équipe de France, mais je n'ai pas prévu de lui tenir un discours particulier, même si cela m'arrive parfois d'avoir des discussions individuels avec certains. Un livre est sorti ce jeudi évoquant les déboires de sa vie privée. Pensez-vous que cela puisse le déstabiliser ? Je ne ferai aucun commentaire, je me concentre sur l'annonce de la liste pour les matches contre l'Albanie et la Bosnie... (Un blanc) Ça a jeté un froid, non (rires) ? "Il y a une liste de 24 mais on surveille beaucoup de joueurs" Lors de ses derniers matches, l'équipe de France a présenté des lacunes sur coups de pied arrêtés. Avez-vous prévu de les travailler ? Oui, même si on n'aura pas beaucoup de temps. C'est sûr qu'ils doivent être améliorés que ce soit au niveau du frappeur ou à la réception. On a prévu de pouvoir être plus performant dans ce domaine. Mais vu le peu de temps qu'on aura à disposition, on ne fera pas de travail physique, mais beaucoup de récupération. Avez-vous songé à appeler Philippe Mexès, éventuellement pour le deuxième match ? Non, ce n'est pas l'envie qu'il me manquait, mais il faut être sérieux. Un joueur doit être au maximum de sa forme physique et mentale et avoir le rythme de la compétition pour jouer en équipe de France. Philippe a repris hier la compétition. C'est de bon augure, mais il est trop juste pour prétendre faire partie du groupe pour ces deux matches. Rejouer est une bonne chose pour lui et pour d'autres comme Hatem Ben Arfa. On surveille tout le monde. Il y a une liste de 24, mais on pense à beaucoup de joueurs, ceux qui sont sur la liste et ceux qui n'y sont pas. Surtout les blessés de longue date. Pensez-vous qu'il faille aborder ce match avec un mental différent ? Le mental est capital. Les joueurs ont l'habitude de jouer des matches à enjeux. La pression, c'est leur quotidien. Mais c'est une bonne pression. Ils devront être sérieux et appliqué, mais je préfère cela à un match à pression pour éviter quoique ce soit. Comme les autres matches, on va jouer pour les gagner. On peut compter sur un nombre de points minimum, mais c'est un mauvais calcul, on se doit de produire du jeu et marquer des buts à domicile. Laurent Koscielny est blessé, cela vous inquiète-t-il ? Il n'a pas joué et ne s'est même pas entrainé. Son club va sûrement tout faire pour qu'il puisse jouer ce week-end. Ce n'est pas anodin d'avoir appelé 24 joueurs et j'ai toujours la possibilité d'en appeler d'autres. Certains ne sont pas dans les meilleures conditions. On a encore quelques jours, les matches ne sont prévus que le vendredi et le mardi suivant. Cela laisse la possibilité de voir les blessures évoluer du bon côté. Si ce n'est pas le cas, d'autres joueurs seront appelés. Le début de saison d'Alou Diarra n'est pas tonitruant. Or, vous l'avez encore appelé. Est-ce pour son expérience ? Entre autres oui, et aussi parce que je le connais très bien en tant que joueur et en tant qu'homme. Je sais ce qu'il est capable de faire avec nous et dans un groupe, surtout sur ces matches-là. Sa présence est importante. Il réalise un début de saison médiocre, comme son club, et il en est conscient. Mais je sais qu'il répondra présent au niveau mental. Il est important pour l'équipe. Est-ce pour vous le moment le plus important de votre carrière d'entraîneur ? L'objectif que l'on s'était fixé, c'était d'être présent à l'Euro. Le football français a besoin d'y être, les joueurs et l'entraîneur que je suis aussi, mais vous aussi les médias. On a tous intérêt à se qualifier. Un petit mot sur le sélectionneur de l'équipe de France de rugby, Marc Lièvremont. Comprenez-vous les critiques à son encontre ? Lui aussi, comme tous les entraîneurs et sélectionneurs, ce sont les résultats qui lui donneront raison dans sa démarche. Les Bleus ont perdu un match face aux Blacks, mais ils peuvent se qualifier et je pense qu'ils se qualifieront. S'il a de bons résultats, il aura eu raison de tenir ce genre de propos, sinon on lui tombera dessus. C'est la dure loi de notre métier. Il a décidé d'être vrai, je trouve cela courageux de sa part.