Blanc: "On n'a pas de temps"

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Blanc: "On n'a pas de temps"
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Quatre jours après sa courte victoire face aux Etats-Unis (0-1), l'équipe de France reçoit la Belgique mardi en amical. L'occasion pour Laurent Blanc, face à un adversaire qu'il estime supérieur, de trouver la bonne formule pour proposer un jeu plus séduisant, avec sans doute une équipe largement remaniée. Lundi en conférence de presse, le sélectionneur a également évoqué son avenir.

Quatre jours après sa courte victoire face aux Etats-Unis (0-1), l'équipe de France reçoit la Belgique mardi en amical. L'occasion pour Laurent Blanc, face à un adversaire qu'il estime supérieur, de trouver la bonne formule pour proposer un jeu plus séduisant, avec sans doute une équipe largement remaniée. Lundi en conférence de presse, le sélectionneur a également évoqué son avenir. Après le match face aux Etats-Unis, vous attendez-vous à une opposition plus conséquente face à la Belgique ? Si je me réfère aux joueurs, c'est une belle équipe sur le papier. Il n'y a qu'à voir les noms, et les clubs dans lesquels ils jouent. Nous avons visionné des images cet après-midi, individuellement c'est fort. La plupart des joueurs jouent dans des grands clubs européens. C'est une belle génération. Malheureusement pour eux, ils ne participeront pas à l'Euro, mais ils ont beaucoup de qualités. Quel regard portez-vous sur la relation entre le public français et l'équipe de France, un an et demi après la Coupe du monde 2010 ? Il y a eu un traumatisme après la Coupe du monde. Les matches amicaux de novembre sont toujours une période délicate. Même si le prix des places a été baissé, on a fait presque 70000 spectateurs vendredi et on en attend 55000 mardi. Il n'y a pas si longtemps, je me souviens avoir joué devant 20000 personnes au Parc des Princes. C'est une évolution positive, j'espère, même s'il y a toujours un débat sur le jeu. Mais ce débat a toujours eu lieu. Les gens attendent que leur équipe joue bien, cela a toujours été comme ça. Eden Hazard a indiqué qu'il voulait briller face à la France. Etes-vous inquiet ? On connaît bien ce joueur, il a eu quelques soucis avec l'équipe nationale. C'est un jeune joueur. On est très, très exigeant avec lui, mais on oublie qu'il n'a que vingt ans. On s'attend à ce qu'il dribble tout le monde, mais il n'a peut-être pas encore la maturité nécessaire. La Belgique a la chance de disposer d'un joueur de grand talent, mais ce n'est pas le seul en Belgique. Witsel m'a aussi fait une très, très bellle impression. A Bordeaux, j'étais déjà intéressé, mais il était déjà très cher. Il y a aussi Kompany, Van Buyten, Fellaini... On sait où ils jouent. Il y a beaucoup de qualité athlétique, j'ai rarement vu une équipe aussi haute en taille, mais il y a aussi de la technique. Après, il y a un débat au niveau du jeu, comme chez nous. "Le poste de milieu gauche n'est pas réservé à Ribéry et Malouda" Lors de votre prise de fonction à l'été 2010, vous aviez parlé de reconstruction. Où en êtes-vous aujourd'hui ? Depuis quinze mois, on a essayé pas mal de nouveaux joueurs, jusqu'au dernier match de vendredi où plusieurs joueurs ont fêté leur première sélection. Il faut du temps, de l'indulgence, mais on en a pas en sélection. En quinze mois, il faudrait trouver des grands joueurs, un fond de jeu et gagner tous nos matches, même gagner l'Euro. Je vous rassure, on n'en est pas encore là... Pensez-vous offrir mardi du temps de jeu à Mamadou Sakho, qui reste sur une prestation décevante avec les Bleus en Biélorussie ? Il faut analyser pourquoi il a eu un peu de mal en Biélorussie. Il sortait d'une saison complete avec le PSG. Il avait en difficulté, comme d'autres, mais était dans un état de fatigue avancé. L'entame du match et le collectif ne l'avaient pas aidé. C'est un jeune joueur. Là, il revient de blessure, il monte en puissance et sera apte à jouer mardi, s'il a du temps de jeu. Il doit redevenir le Mamadou que l'on a vu la saison dernière. Loïc Rémy et Marvin Martin sont-ils devenus indispensables à l'équipe de France ? Le problème, c'est que vous prenez en considération quand Marvin rentre à 25 minute de la fin. C'est vrai, il éclaire le jeu, mais il y a aussi la fatigue de l'équipe adverse. Il a déjà débuté en équipe de France, ça s'était bien passé, mais il peut mieux faire. C'est un joueur très intéressant quand il rentre, car il a beaucoup de qualités, mais j'espère qu'il le sera aussi quand il débutera, durant 90 minutes. Pareil pour Loïc Rémy. Indiscutables ? Sur la forme du moment, ils le sont, mais ce n'est pas figé. Et je vous rappelle qu'il y a des joueurs blessés. Les joueurs qui ont fêté leur première sélection vendredi (Koscielny, Mathieu, Giroud) auront-ils encore du temps jeu pour saisir leur chance ? Du temps, on n'en a pas. On fait ce qu'on peut. Mais ils ont amené ce qu'ils devaient amener. J'ai pu en tirer de bons enseignements. Après, je pense que la Belgique a peut-être plus d'atouts que les Etats-Unis. Il faudra donc aligner une deuxième équipe compétitive. Les joueurs qui ont débuté pourront peut-être rentrer en cours de match. Depuis que vous l'avez rappelé, Franck Ribéry n'est pas vraiment performant. Etes-vous plus indulgent avec lui qu'avec d'autres ? Non, comme pour Florent Malouda, je lui ai laissé du temps. Mais je ne suis pas plus patient avec l'un ou l'autre. Franck a disputé certains matches et, c'est vrai, n'a pas donné sa pleine mesure, mais je n'ai pas l'impression d'être plus indulgent avec lui. Et le poste de milieu ou d'ailier gauche n'est pas uniquement réservé à ces deux joueurs. S'ils veulent l'occuper, ils devront être performants. "Quand on est Zinedine Zidane, on ne peut pas entraîner le FC Mimosas" Le public s'est un peu ennuyé vendredi. Comment faire pour améliorer le jeu des Bleus ? Marquer des buts. Les gens et la presse traduisent le spectacle en termes de buts, c'est logique. J'espère que nous ferons de meilleurs choix vendredi sur le plan offensif, comme ça, nous serons tous satisfaits. Tout le monde veut du jeu, les joueurs aussi ont cette intention. Mais c'est autre chose de le traduire en acte. Zinedine Zidane a confié récemment qu'il se sentait prêt à entraîner. Pensez-vous qu'il serait un bon entraîneur ? Si Zinédine a envie, oui, mais qu'est-ce un bon entraîneur ? Un entraîneur qui gagne. Je lui ai dit: "Zinédine, si t'as envie, entraîne." Mais quand on est Zinédine Zidane, on ne peut pas entraîner le FC Mimosas. Après, il faut qu'n président lui fasse confiance, comme cela a été le cas pour moi. Il connaît bien le foot, après entraîner, c'est aussi les rapports humains, avoir des résultats. S'il en a envie, qu'il le fasse sans se poser de questions. Quand vous vous posez trop de questions, vous ne le faites plus, surtout lorsque vous êtes un joueur comme lui. Irez-vous voir Noël Le Graët pour évoquer votre prolongation de contrat qui expire en juin prochain ? Non. Depuis qu'il est président, vous avez décidé de nous mettre en opposition. On n'est pas en opposition. Il est venu à midi comme chaque fois avant un match. On a tout intérêt à travailler en commun. Pour tout vous dire, je trouve cela indécent que l'on parle de mon renouvellement de contrat, ce n'est pas le moment. Je n'y pense pas du tout, il faudra y songer, mais pour l'instant, je n'y pense pas. Nicolas Anelka a purgé sa suspension en équipe de France. Est-il sélectionnable ? Selon les textes oui, mais je n'ai rien d'autre à ajouter. Vu tout ce que vous avez écrit sur lui, il vous intéresse sans doute plus que moi il m'intéresse...