Blanc: "Clore ce chapitre"

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Blanc: "Clore ce chapitre"
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A la veille de la cinquième rencontre de l'équipe de France dans les éliminatoires de l'Euro 2012 au Luxembourg, Laurent Blanc a souhaité jeudi recadrer le débat au terme d'une semaine dont l'actualité aura été en grande partie consacrée aux retours en Bleu des «bannis» de Knysna, Franck Ribéry et Patrice Evra. Pour le sélectionneur, l'heure est désormais au résultat.

A la veille de la cinquième rencontre de l'équipe de France dans les éliminatoires de l'Euro 2012 au Luxembourg, Laurent Blanc a souhaité jeudi recadrer le débat au terme d'une semaine dont l'actualité aura été en grande partie consacrée aux retours en Bleu des « bannis » de Knysna, Franck Ribéry et Patrice Evra. Pour le sélectionneur, l'heure est désormais au résultat. Laurent, on a beaucoup parlé cette semaine des retours de Ribéry et Evra, est-ce que cela a rendu plus compliquée la préparation de ce match au Luxembourg ? On s'y attendait, c'étaient deux retours qui étaient difficiles à gérer, on savait que, dans l'aspect médiatique de ce choix, il y aurait quelques turbulences, des questions, des retours en arrière. On ne fait que répéter qu'on veut passer à autre chose, mais forcément en les rappelant, on était conscients qu'une partie de la semaine serait consacrée à ces joueurs et aux événements du passé. Mais c'est peut-être la meilleure façon de clore ce chapitre, même s'il y aura toujours des gens qui feront en sorte d'en reparler. Vous envisagez de jouer avec trois créateurs au milieu, Gourcuff, Nasri et Ribéry, ce qui est très rare et fait penser à la génération Platini ? N'allez pas si loin, n'allez pas chercher la génération 84. On a joué comme ça en Angleterre avec Yann (M'Vila), Yoann (Gourcuff) et Samir (Nasri) et on a été très bons dans le jeu, ça offre une possibilité. Mais je ne considère pas Franck comme un élément indispensable dans le coeur du jeu, je le considère indispensable sur le front de l'attaque. C'est plus un attaquant que dans le coeur du jeu, au milieu de terrain, il n'y a qu'à voir dans son club où il joue. Franck Ribéry, de par sa capacité à éliminer, représente-t-il une arme supplémentaire par rapport au match aller ? Je le pense. On sait tous que l'équipe du Luxembourg va jouer très regroupée comme à l'aller. Elle nous avait posé énormément de problèmes car elle avait mis beaucoup d'énergie. Et nous, même si on avait eu une énorme possession, dans la transmission, on n'avait pas été assez rapides à mon sens. Quand une équipe défend bien devant son but, on peut la mettre en porte à faux par des mouvements, mais si vous n'y arrivez pas, à un moment donné, si un joueur arrive à éliminer voire deux adversaires, aucun schéma tactique ne vous permet de le travailler dans la semaine. Donc ça vous arrange bien et Franck fait partie de ces joueurs qui ont cette capacité. "Yoann a une qualité requise pour jouer dans le coeur du jeu plus bas, son volume physique" Craignez-vous les blessures en raison de l'engagement que va sans doute mettre le Luxembourg à défendre ? Chacun joue avec ses qualités, ses forces. Quand vous défendez, il vous faut de l'énergie, et s'il n'y a pas d'agressivité, ça ne va pas aller. A nous de les déstabiliser justement en les provoquant, en essayant aussi d'avoir quelques fautes car on sait que dans le football moderne, les coups de pied arrêtés sont une arme importante. Le dispositif que vous mettrez en place face au Luxembourg est-il spécifique à ce match ou souhaitez-vous l'installer sur la durée ? Quand vous préparez le Luxembourg, vous vous attendez à avoir le ballon, vous formez une équipe en fonction. Le Brésil, on a une analyse différente, mais dans le noyau, l'esprit, il faut faire en sorte de préparer nos matches avec la même disposition, pas forcément les mêmes joueurs, car certains dont plus ou moins indispensables. Le Luxembourg a battu récemment la Slovaquie et a pris des points dans ce groupe D, craignez-vous un tel scénario ? A nous d'essayer de prendre six points contre le Luxembourg, on en a pris trois dans la difficulté à l'aller, ne croyons pas qu'il nous faut seulement rentrer sur le terrain pour gagner ce match. Il va falloir essayer de bien jouer et mettre plus de rapidité et d'intensité que nous ne l'avons fait au match aller. Votre arme principale en ce moment, n'est-ce pas Karim Benzema ? Il fait partie des gens en pleine forme, il ne l'était pas tout à fait au match aller, mais il nous avait débloqué la situation. Il est en pleine confiance, c'est une bonne chose pour lui, pour son club et l'équipe de France, il peut être déterminant, éliminer des joueurs dans un petit périmètre et à tout moment marquer des buts. On a la chance de l'avoir avec nous, il aura à coeur de briller. On évoque la possibilité pour Yoann Gourcuff de jouer plus bas, qu'en pensez-vous ? C'est une question qui revient souvent, parce que Yoann n'est pas dans la meilleure forme possible. Quand il évoluait à Bordeaux, et je suis bien placé pour le savoir, il était dans une certaine position et performant, on ne se posait pas la question. Là, on se la pose parce qu'il n'est pas performant comme il l'a été l'année d'avant. Mais c'est vrai que c'est quelqu'un qui a une qualité requise, avec son volume physique, pour jouer dans le coeur du jeu plus bas. Il ne rechigne pas à travailler, il ne rechigne pas dans les duels. Et quand il est dans une bonne forme, il est capable de faire la passe là où il faut et quand il faut. "Le capitaine et le vice-capitaine choisis le 9 juin" Aura-t-on vendredi un capitaine inédit ? C'est possible qu'il y ait un capitaine inédit. C'est possible que ce soit Alou Diarra aussi, mais on continue. Ça en fait sourire certains, mais c'est quand même préférable de prendre du temps pour choisir deux personnes, un capitaine et un vice-capitaine, qui auront des responsabilités au sein du groupe, des messages à faire passer. On est encore en train de regarder car j'estime qu'il ne faut pas faire n'importe quoi, mieux vaut avoir du recul et une bonne analyse sur les personnes choisies. Quand ce choix sera-t-il fait ? Je n'ai pas changé d'opinion, le 9 juin. On aura une analyse d'une année passée ensemble, on pourra choir ces deux personnes pour la suite. Vous parliez de "jouer" contre le Luxembourg, est-ce possible d'avoir un match différent qu'à l'aller face à une équipe regroupée ? C'est difficile de savoir ce qui va se passer demain (vendredi) et dans un match de football. On connaît notre philosophie, notre envie, on peut penser qu'on connaît l'envie des Luxembourgeois de jouer comme au match aller, si on veut que ce soit différent, il faut se procurer des occasions et essayer d'ouvrir la marque le plus vite possible. C'est ce qu'a fait la Bosnie ici, elle a gagné 3-0 et a marqué très tôt, ça fait changer la philosophie de l'adversaire. J'espère qu'on mettra plus d'engagement, plus de rapidité dans la transmission du ballon qui a été un peu laborieuse à l'aller. Redoutez-vous l'accueil du public français qui sera présent au Luxembourg à l'égard de Ribéry et Evra ? Si je fais une analyse comme ça, redouter, ça veut dire que ça aura une incidence sur ma composition d'équipe ? Ma réponse est non. Peut-être que des supporters français auront un message à faire passer, on n'est sûr de rien, mais nous sommes là surtout pour gagner un match et essayer de prendre du plaisir de le gagner.