Blain: "C'est dur !"

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Blain: "C'est dur !"
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Toujours à la recherche de sa première victoire dans cette Ligue Mondiale 2011, l'équipe de France de volley-ball est arrivée, mercredi, en Italie, où elle défiera des Transalpins invaincus, à Messine vendredi puis à Catane samedi, lors de la 4e journée. À mi-parcours, son sélectionneur, Philippe Blain, veut maintenant que les progrès constatés au cours des derniers matches débouchent sur des succès.

Toujours à la recherche de sa première victoire dans cette Ligue Mondiale 2011, l'équipe de France de volley-ball est arrivée, mercredi, en Italie, où elle défiera des Transalpins invaincus, à Messine vendredi puis à Catane samedi, lors de la 4e journée. À mi-parcours, son sélectionneur, Philippe Blain, veut maintenant que les progrès constatés au cours des derniers matches débouchent sur des succès. Philippe, l'équipe de France (6 matches, 6 défaites) est très loin du compte dans cette Ligue Mondiale... On était parti sur un projet ambitieux, celui de se qualifier pour les Jeux olympiques, ce qui ne sera pas facile pour une équipe européenne. On savait que cela pouvait être difficile avec peu de préparation, beaucoup de jeunes joueurs qui n'avaient pas l'habitude de prendre des responsabilités, les blessures, et ceux qui n'avaient pas joué depuis longtemps. Donc, je confirme: c'est dur ! Mais ce qui est important dans le projet au jour d'aujourd'hui, c'est que notre qualité de jeu avance et qu'elle est effective. Si, pour le moment, on n'a pas encore gagné de match, en terme de qualité de prestation sur le terrain, il y a du mieux à chaque sortie. On est à la moitié, il faut maintenant qu'on arrive à engranger des victoires. On sera alors sur une dynamique plutôt positive. Il y a quand même eu du mieux face à Cuba (défaite 2-3), samedi dernier... Oui, on a récupéré un Antonin Rouzier en net regain de forme par rapport au premier week-end. C'est un élément important pour l'équipe. Petit à petit, Samuel Tuia stabilise sa performance. On a retrouvé un peu de réglages et de jeu par le centre, notamment avec Romain Vadeleux. Voilà, un tas de choses se mettent en place. C'est vrai qu'au lieu d'avoir un point sur ce dernier match, on aurait bien aimé en avoir deux... Il faut encore régler ces petits détails, ces séries de points que l'on prend à certains moments. C'est l'inexpérience qui nous amène à cela. J'espère aussi, mais c'est mal parti, que la malchance va un peu nous lâcher. Au dernier match, Pierre Pujol n'était pas opérationnel. Là, c'est Marien Moreau qui s'est blessé, donc il ne va pas pouvoir partir en Italie. Guillaume Samica n'est toujours pas guéri. Mais bon, il faut qu'on aille en Italie avec l'envie, cette fois-ci, d'arracher des points à ces Italiens qui, le premier week-end, nous avaient mis en grosses difficultés. Que vous a-t-il manqué pour battre les vice-champions du monde ? Il nous a manqué de la lucidité sur des points importants. On se précipite souvent sur des phases de relance, sur le jeu sur balle haute. Ce sont des petits détails qui font qu'une équipe passe d'un bon niveau au haut niveau. Face à Cuba, il y a aussi ce joueur, León, qui, à chaque fois physiquement, nous a posé énormément de problèmes. Car il y a aussi l'adversaire qu'il faut prendre en compte, bien entendu. Mais, en ce qui nous concerne, on a encore trop de déchets dans le fond de jeu pour véritablement stabiliser une performance à très haut niveau. Quelle est l'atmosphère au sein du groupe ? Si l'ambiance n'était pas bonne, cela n'avancerait pas, cela stagnerait et on serait en difficulté. Or là, cela avance, parce que justement ce groupe a bien compris le projet qui est d'aller se qualifier pour les Jeux. On a beaucoup travaillé avec les joueurs. Pas en terme d'entraînement, parce qu'on n'a pas beaucoup de temps, mais sur les discussions, la vidéo, la prise d'assurance et de confiance. C'est un travail quotidien, mais le groupe est vraiment réceptif, il a envie de réussir. C'est un bon gage d'avoir un groupe déterminé. Quel discours tenez-vous à vos joueurs, qui doivent être démotivés ? Il n'y a pas à remotiver. Pour le moment, ce sont des gens qui, pour certains, arrivent et découvrent le haut niveau. Au contraire, il faut les accompagner dans leur capacité à terme à performer, à appréhender les difficultés, qui sont différentes de celles qu'ils ont eu l'habitude d'affronter en championnat de France notamment. C'est là aussi que nous, en tant que staff, on doit être patient, ne pas demander la lune à tout le monde dès le premier jour, mais dire: "construisons et tant qu'on avance, c'est que les choses sont en bonne voie." C'est un rapport de mise en confiance. À l'heure actuelle, les Jeux olympiques paraissent bien loin... De toute manière, depuis le début, je leur dis que si on arrive à se qualifier pour les Jeux, cela se passera forcément dans la difficulté et la sueur. Cela ne peut pas être facile. Là, on est en train de vivre un moment difficile, c'est la meilleure des écoles. Maintenant, et encore une fois, les qualités que l'on pouvait envisager dans notre équipe par rapport à l'ancien groupe, c'est-à-dire peut-être moins de technicité, de jeu défensif, mais une plus grosse présence au service notamment, sont en train de se mettre en place. Malheureusement, cela n'est pas sur la continuité d'un match. Par contre, à chaque fois, on met bien en difficulté nos adversaires dans ces domaines-là. Ce sont des petits signes qui montrent que cette équipe a aussi des qualités à faire valoir. Faut-il encore que le fond de jeu et la qualité contre-défense s'améliorent pour pouvoir vraiment en tirer profit. La France se déplace en Italie cette semaine. Pensez-vous pouvoir faire mieux que lors de la première journée (deux défaites 0-3) ? Par rapport au premier week-end, l'équipe a quand même récupéré Nicolas Maréchal, elle a pris du rythme, du physique, et elle a plus de continuité de jeu. Donc, ce seront des matches complètement différents, même si on sait qu'ils vont encore avoir une grosse qualité de service, de contre, parce que ce sont des qualités propres à leur équipe. Mais bon, on sera mieux armé cette fois pour pouvoir les affronter.