Bienvenue dans l'enfer du Nord

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CYCLISME - Paris-Roubaix se déroule dimanche avec un duel Boonen-Cancellara.

CYCLISME - Paris-Roubaix se déroule dimanche avec un duel Boonen-Cancellara. La météo s'annonce radieuse dimanche entre Compiègne et le vélodrome de Roubaix. Pour autant, la reine des classiques n'aura rien d'une course au soleil. Pour sa 108e édition, Paris-Roubaix devrait attirer des milliers de personnes tout au long du parcours et des 27 secteurs pavés pour voir passer les grands favoris, Fabian Cancellara et Tom Boonen en tête. Et ces deux-là ne viendront pas faire du cyclotourisme. Le coureur de la Saxo Bank, intouchable sur le Tour des Flandres le week-end dernier, vise un doublé Ronde-Enfer du Nord inédit pour un Suisse depuis Henri Suter en 1923. Le champion de Belgique, vainqueur l'an dernier, s'attaque lui au record de succès dans la reine des classiques détenu par son compatriote Roger De Vlaeminck (4 victoires entre 1972 et 1977). "Monsieur Paris-Roubaix", son surnom à l'époque, suscite toujours l'admiration, notamment celle de Marc Madiot. "Il surfait sur les pavés. Il faisait comme s'ils formaient une vague et il accompagnait celle-ci en permanence", a déclaré le manageur de la Française des Jeux dans les colonnes de 24 Heures. Les deux dignes successeurs du Belge, Cancellara et Boonen, misent plus sur leur physique et leur science de la course pour désarçonner leurs adversaires. "Cancellara, lui, est davantage comme Moser. C'est plus physique. Boonen a un profil à peu près comparable. Avec la pointe de vitesse qui peut lui permettre de gagner sans avoir besoin de lâcher les autres", a précisé Madiot. Depuis leur mano a mano sur le Tour des Flandres, tout le monde attend une nouvelle explication entre les deux meilleurs coureurs actuels. Madiot: "C'est d'abord une question de volonté" "On ne fait pas le même sport", a lâché Yoann Offredo dans 20 Minutes. Le jeune coureur français, qui s'est montré en partant seul dans le Poggio lors de Milan-San Remo, traduit bien le sentiment du peloton face à la domination des deux favoris. Pourtant, une faille pourrait bien briser leur hégémonie. "En 2007, Boonen et Cancellara se sont marqués, et c'est O'Grady qui en a profité", a rappelé Frédéric Guesdon, dernier vainqueur tricolore à Roubaix en 1997. Ce scénario-là, certains prient pour qu'il se reproduise sur les pavés. Ils s'appellent George Hincapie, Juan Antonio Flecha, Stijn Devolder ou Matti Breschel. Thor Hushovd fait aussi partie des outsiders, lui qui jouait la gagne l'an dernier avec Boonen avant partir dans le décor à quelques kilomètres de l'arrivée. Et comme chaque année, la sélection sera impitoyable. En 2009, seuls 99 coureurs sur 187 au départ avaient rallié le vélodrome sans encombre. Les 27 secteurs pavés répertoriés devraient encore faire des ravages. Surtout les trois mythes: la trouée d'Arenberg, le secteur de Mons-en-Pévèle et le Carrefour de l'arbre, catégorisés en cinquième difficulté. "Un coureur, s'il est en super condition, peut gagner n'importe quelle course en fonction des circonstances. Sauf Paris-Roubaix et le Tour des Flandres. Là, c'est d'abord une question de volonté, a souligné Marc Madiot. Il s'agit d'abord d'aimer cette course, d'avoir envie d'y être." Demandez à David Millar qui prendra le départ de la reine des classiques pour la première fois de sa carrière dimanche après y avoir assisté en tant que spectateur l'an dernier, bluffé par les coureurs et leur volonté. Celle, irrépressible, de soulever le pavé au milieu du vélodrome en fin d'après-midi. Quitte à revenir de l'enfer...