Bidégorry-Coville, c'est l'heure !

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Bidégorry-Coville, c'est l'heure !
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Après deux mois et demi d'attente, l'équipage du trimaran Banque Populaire V appareille de Brest ce week-end, avec dans son viseur, le Trophée Jules-Verne, détenu depuis mars 2010 par Franck Cammas et Groupama 3. Dans le même temps, Thomas Coville quitte lui aussi la Cité du Ponant, pour une deuxième tentative contre le record du tour du monde en solitaire de Francis Joyon.

Après deux mois et demi d'attente, l'équipage du trimaran Banque Populaire V appareille de Brest ce week-end, avec dans son viseur, le Trophée Jules-Verne, détenu depuis mars 2010 par Franck Cammas et Groupama 3. Dans le même temps, Thomas Coville quitte lui aussi la Cité du Ponant, pour une deuxième tentative contre le record du tour du monde en solitaire de Francis Joyon. Les pontons de la Marina du Port du Château s'animent en cette fin de semaine. Depuis lundi, on savait en effet que Banque Populaire V, en stand-by à Brest depuis début novembre, a programmé son premier départ sur le Jules-Verne, restait à savoir précisément quel jour et quelle heure, ce sera samedi, le code vert (départ imminent) ayant été déclenché vendredi matin par le skipper Pascal Bidégorry, après consultation auprès de ses navigateurs, à terre (Marcel Van Triest) et à bord (Juan Vila). Joint à la veille du grand départ, Jérémie Beyou, chef de quart sur le maxi-trimaran, confirme: "A priori, on part demain midi, même si on a envie d'attendre un petit peu car la situation semble meilleure 12 ou 24 heures après, mais on n'a pas envie non plus de jouer avec le feu." On peut le comprendre, car cela fait maintenant plus d'un an que les équipiers de Banque Populaire V, au nombre de quatorze à bord, attendent cette libération, eux qui n'étaient jamais partis au cours de l'hiver 2009-10, faute de bonne fenêtre météo, et avaient assisté, impuissants, à la marche triomphale vers le Trophée Jules-Verne de Franck Cammas et son équipage de Groupama 3 après 48 jours 7 heures 44 minutes et 52 secondes. Cette fois, l'heure n'est plus aux atermoiements, d'autant que, de l'avis même de Jérémie Beyou, la fenêtre est plutôt bonne: "On espère être en moins de 6 jours à l'équateur et en 13-14 à Bonne-Espérance, Groupama 3 avait mis 14 jours. Maintenant, ce n'est bien évidemment pas sûr à 100% car on a quelques petites incertitudes." Retour avant le 10 mars... Lesquelles ? "Concrètement, on a un bel anticyclone sur les îles britanniques qui nous apporte un bon flux de nord-est basculant nord avec du vent maniable pour partir, de l'ordre de 15 noeuds, qui devient un peu plus tonique au fur et à mesure qu'on se rapproche de la péninsule ibérique. Dessous, on a une dépression qui se déplace des Açores vers les Canaries à contourner par l'ouest. Mais c'est ensuite que ça se complique avec une petite dépression secondaire qui va peut-être nous obliger à contourner un peu plus et surtout pas trop d'alizé en dessous. C'est pour ça qu'on ne veut pas partir trop tard car le risque est que cette petite dépression casse l'alizé." En même temps, d'où le casse-tête, partir quelques heures plus tard samedi semble plus favorable en vue du contournement de l'anticyclone de Sainte-Hélène, après le passage de l'équateur: "Plus on retarde la mise à feu, plus la situation est bonne pour traverser l'Atlantique Sud, poursuit Jérémie Beyou, car l'anticyclone de Sainte-Hélène a tendance à s'effacer". Mais là encore, la prudence dans les prévisions est de mise, la situation pouvant évoluer le temps d'arriver au large du Brésil. C'est donc sûrement samedi après-midi que Pascal Bidégorry et ses hommes s'élanceront depuis la ligne fictive située entre Ouessant et le Cap Lizard, avec l'objectif de passer cette ligne dans l'autre sens avant le 10 mars prochain. Coville, deuxième ! Ils devraient être suivis par Thomas Coville qui, de son côté, a prévu de quitter Brest dimanche matin pour une deuxième tentative contre le record du tour du monde en solitaire de Francis Joyon (57 jours 13 heures 34 minutes et 6 secondes en janvier 2007). Lors de la première il y a deux ans, le skipper de Sodebo avait échoué d'un peu plus de deux jours (59 jours 20 heures 47 minutes et 43 secondes). Depuis, le trimaran a été nettement optimisé, avec notamment l'installation de foils et d'une nouvelle grand-voile plus performante, un allègement général et un gros travail sur les pilotes automatiques, le «nerf de la guerre» lorsqu'on navigue en solitaire. Quant au marin qui se définit lui-même comme un "laborieux", mais "pugnace", il s'élance dans un état d'esprit revanchard, lui qui a été très déçu de sa troisième place sur la dernière Route du Rhum derrière Franck Cammas et Francis Joyon. S'il part dimanche comme prévu (il ne s'élancera visiblement pas samedi, puisqu'il a convoqué la presse à 17h...), Thomas Coville devra arriver à Brest avant le 20 mars pour décrocher ce record qui fait figure pour lui de Graal depuis qu'il a mis à l'eau son plan Irens-Cabaret.