Biarritz, la bonne ouverture ?

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Biarritz, la bonne ouverture ?
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Après trois défaites consécutives, là où le staff basque avait tablé sur trois succès lors des quatre premières journées pour lancer cette saison 2009-2010, le BO a renoué avec la victoire dimanche dernier face au Stade Français (19-11). Un match dans lequel le jeune Jean-Pascal Barraque, 19 ans, s'est illustré à l'ouverture, validant la politique juvénile impulsée par Serge Blanco. A confirmer samedi contre le Stade Toulousain.

Après trois défaites consécutives, là où le staff basque avait tablé sur trois succès lors des quatre premières journées pour lancer cette saison 2009-2010, le BO a renoué avec la victoire dimanche dernier face au Stade Français (19-11). Un match dans lequel le jeune Jean-Pascal Barraque, 19 ans, s'est illustré à l'ouverture, validant la politique juvénile impulsée par Serge Blanco. A confirmer samedi contre le Stade Toulousain. Dimanche soir dernier, dans les travées d'Anoeta, Serge Blanco ne boude pas son plaisir. La réaction de son équipe face au Stade Français (19-11), après trois défaites consécutives contre Toulon (3-13), Agen (28-23) et Perpignan (17-12), aide certes au bonheur du président du Biarritz Olympique. Mais l'homme fort du BO savoure une autre victoire, la sienne, celle d'avoir poussé, avec succès, ses entraîneurs, Jean-Michel Gonzalez et Jack Isaac, à promouvoir progressivement les espoirs du club chez les pros. Après avoir découvert Paul Couet-Lannes et Yann Lesgourgues la saison dernière, les fidèles d'Anoeta avaient déjà appris à apprécier sur la durée les performances de Wenceslas Lauret et Raphaël Lakafia, de nouveau invités à entourer le capitaine Imanol Harinordoquy face aux Parisiens. Dimanche dernier, ils ont été bluffés, comme le staff du BO, par la performance du jeune Jean-Pascal Barraque, 19 ans, à l'ouverture. Pensionnaire, comme Lesgourgues et Couet-Lannes, l'année dernière du pôle France à Marcoussis, cet ancien membre du pôle espoirs du Stade Toulousain, venu au rugby à Concarneau sous les conseils avisés de son père, Jean-Marc, ancien arrière toulousain, était revenu à Biarritz cet été avec l'idée "d'approcher le groupe pro et pourquoi pas faire quelques feuilles de match" comme il le confiait alors sur le site du club. La rechute de Damien Traille, dont le retour était attendu le week-end dernier, mais qui est aujourd'hui repoussé à début octobre, lui a donné l'opportunité de faire valoir ses qualités, notamment sa pointe de vitesse, qui s'approche de celle de Takudzwa Ngwenya, c'est dire ! A l'épreuve de la référence Propulsé à vitesse grand V dans le grand bain, l'intéressé étonne par sa maturité, jusqu'à Isaac, l'entraîneur des lignes arrières de Biarritz. "Je ne l'imaginais pas à ce niveau", convient l'ancien centre du BO dans les colonnes du Sud Ouest. "Je ne suis pas d'un naturel anxieux et le bonheur de jouer a pris le dessus", explique Barraque, pas plus impressionné que cela à l'idée d'évoluer au côté de joueurs, Thion, Harinordoquy ou encore Yachvili pour ne citer que ces trois cadres, qu'il admirait derrière sa télé il n'y a pas si longtemps. Un mariage (de raison ?) entre espoirs et tauliers pas si compliqué à vivre à écouter Lakafia, devenu l'une des valeurs du club en troisième ligne : "C'est plus facile de jouer à côté de joueurs comme ça. On est mis en confiance par les anciens du groupe." Reste à savoir quelle est la pertinence sportive d'une telle politique dans un championnat toujours plus concurrentiel, en attestent les ambitions du voisin bayonnais, actuel leader du Top 14, pour une équipe de Biarritz qui affichait ostensiblement, selon les voeux de son président, sa volonté d'accrocher un titre en fin de saison après quatre années blanches. "S'engager sur l'avenir n'est pas un pari, c'est une nécessité", assumait récemment Laurent Rodriguez, le manager du BO, sur le site officiel du club. "On fait jouer Jean-Pascal Barraque car on croit en lui, comme on croit en Yann Watremez, en Laurent Tranier. Il faut bien donner leur chance aux jeunes de progresser et d'acquérir de l'expérience. J'observe en outre que si ces deux jeunes, pour ne parler que d'eux, ont connu toutes les sélections, c'est qu'ils ont tout pour réussir." La sortie de Watremez après une demi-heure de jeu face à Perpignan, broyé par son vis-à-vis de la première ligne catalane, Nicolas Mas, est là pour rappeler le fossé qui sépare les espoirs du haut niveau, comme un holà donné aux ambitions basques. Aussi frais et enthousiaste peut-il être, Barraque n'échappera pas à cette remise en question perpétuelle qu'est le rugby d'élite, avec pour prochain examen la réception dès samedi du Stade Toulousain, l'une des références hexagonales en terme de jeu. "Il a vraiment de grosses qualités maintenant, il faut qu'il apprenne à gérer le jeu", rappelait à juste titre Isaac à propos d'un joueur, qui doit encore forcer sa nature pour imposer son autorité à ses avants. Un message qui, dans le contexte actuel, pourrait aussi s'adresser à son président...