Beyou: "Tout est facile"

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Beyou: "Tout est facile"
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Fatigué mais tellement heureux ! C'est un Jérémie Beyou comblé et entouré de ses deux garçons qui a commenté une fois amarré à un ponton du port de Dieppe sa deuxième victoire dans la Solitaire du Figaro. Une victoire accompagnée de trois succès d'étape sur quatre, dont la dernière, au terme d'un final à quatre haletant. Le skipper de BPI compte bien savourer...

Fatigué mais tellement heureux ! C'est un Jérémie Beyou comblé et entouré de ses deux garçons qui a commenté une fois amarré à un ponton du port de Dieppe sa deuxième victoire dans la Solitaire du Figaro. Une victoire accompagnée de trois succès d'étape sur quatre, dont la dernière, au terme d'un final à quatre haletant. Le skipper de BPI compte bien savourer... Vous remportez cette Solitaire avec panache en gagnant cette ultime étape à Dieppe, racontez-nous... Je n'étais pas parti pour la gagner ! J'avais juste fait attention à ma première place au général et à garder Fabien (Delahaye, deuxième au général, ndlr) derrière moi. J'ai marqué toute la nuit, c'était un peu longuet, pas très fun comme course, et à la fin, je me suis repiqué au jeu, on ne se refait pas... Et il y a ce final incroyable avec quatre hommes en 35 secondes sur la ligne... J'ai commencé à me dire que ce serait plus propre si Fabien était derrière, sinon, il m'aurait battu deux fois, je l'aurais battu deux fois, c'est des trucs de cours de récré... Et en me disant ça, on s'est rapprochés de Paulo (Meilhat, finalement deuxième de l'étape à 12 secondes, ndlr), le vent est revenu un peu par derrière, et à un moment, je me suis dit que la Solitaire était dans la poche, et là, ça a fait tilt ! Je me suis dit qu'il y avait une petite régate à gagner, avec de la réussite, ça le fait, j'ai eu vraiment beaucoup de chance. Paulo empanne un peu trop loin, moi j'en profite. Quand je vois que Paulo se manque sur l'empannage, je me dis que ça peut le faire, j'étais à fond comme vous l'imaginez même pas, ça a duré deux minutes pendant lesquelles je savais qu'il fallait que le bateau ne perde pas sa vitesse, il fallait aussi regarder Fabien derrière, Paulo dessous... J'étais déjà tout à mon bonheur de gagner la Solitaire, mais, là, gagner en plus l'étape, je ne sais pas quoi dire... Avez-vous douté au cours de cette dernière étape ? Non, je n'ai jamais trop douté. La première partie de course, je l'ai faite à ma main, Fabien était dans le même coup. J'ai toujours été le premier à virer, le premier à aller à la côte au Four, le premier à aller vers la bascule en Manche, après, quand ça a commencé à prendre feu, sous Guernesey, et que le vent a molli, je me suis dit qu'il était temps de jouer conservateur, jusqu'à cette arrivée. "C'est magique" Etes-vous un marin comblé ? Oui, que voulez-vous que je vous dise? C'est même trop, il faut que j'en profite, que je savoure. Comment expliquez-vous une telle réussite ? Je ne sais pas... Tout est facile. Tout le schéma stratégique est très clair dans ta tête, tu as une bonne vitesse et ça s'enchaîne naturellement. Là, je me suis dit, il y a une petite régate à gagner, paf tu la gagnes, c'est un petit état de grâce. C'est magique, depuis le début de l'année, je navigue bien, je ne me pose pas de questions, il y a aussi l'expérience qui me permet d'être clair dans ma tête plus souvent qu'avant. Avez-vous déjà aussi bien navigué ? Non. Là, tout te réussit, le truc est hyper clair dans ta tête, tu es clairvoyant sur tout ce que tu fais, c'est vraiment sympa. Un mot sur votre dauphin, Fabien Delahaye... Je pense que l'avenir lui sourira parce qu'il navigue vraiment très bien, il va très vite. Je savais que j'allais un peu moins vite que lui au portant, c'est pour ça que je n'ai pas joué les gros bras, j'ai fait du gagne-petit ou plutôt du "perd-petit". Il a gagné une étape, il est tout jeune, comme Paul Meilhat, il fait partie des jeunes qui ne sont pas faciles à battre. En se retournant, je me suis dit que ce n'était pas facile de revenir et de gagner. Quand je suis revenu en 2009 et que j'ai dit à Bernard Paoli (son partenaire) que j'allais la gagner, ce n'étaient que des mots. Depuis, il y a eu un paquet de boulot pour en arriver là, je suis super fier de ça: dire qu'on revient pour gagner et arriver à le faire, ça restera une fierté. "On fera aussi bien sur le Vendée 2012 que sur le Figaro" Cette victoire a-t-elle un goût différent de celle de 2005 ? J'ai plus de bouteille, je pense que je vais plus savourer. En 2005, j'ai gagné, c'était exceptionnel, mais j'étais dans le tourbillon du truc et deux semaines après, c'était fini, je n'en avais pas profité. Là, c'est un peu différent. Cette victoire vous permet-elle d'envisager l'avenir avec optimisme, notamment le prochain Vendée Globe ? Normalement, oui, ça serait bien pas de bol de ne pas être au Vendée. J'ai la gniaque, j'ai envie de bien faire, je sais faire, ça mettra un peu de spectacle sur l'eau si j'y suis. Et puis on parle bien de sport, non ? Dans d'autres sports, les mecs qui plantent des buts ne restent pas chez eux dans le canapé, donc oui, ce serait bien que j'y sois. Il ne manque plus que les partenaires et on fera aussi bien sur le Vendée 2012 que sur le Figaro. Avant, il y a la Jacques-Vabre avec Jean-Pierre Dick fin octobre ? Oui, merci de me le rappeler ! Lundi, 8 heures, entraînement avec Jean-Pierre ! Mais entre-temps, on va profiter de Dieppe, de la famille et des amis qui sont venus.