Bernaudeau: "C'est son destin"

  • A
  • A
Bernaudeau: "C'est son destin"
Partagez sur :

Manager de l'équipe Europcar, Jean-René Bernaudeau était très ému dimanche soir au Plateau de Beille à l'issue de la 14e étape du Tour de France. Son leader, Thomas Voeckler, venait de prouver qu'il était bien l'un des grands coureurs de cette 98e édition. Pour le patron de la formation vendéenne, il s'agit d'une juste récompense pour le maillot jaune qu'il pense capable de raviver la flamme dans le coeur des Français.

Manager de l'équipe Europcar, Jean-René Bernaudeau était très ému dimanche soir au Plateau de Beille à l'issue de la 14e étape du Tour de France. Son leader, Thomas Voeckler, venait de prouver qu'il était bien l'un des grands coureurs de cette 98e édition. Pour le patron de la formation vendéenne, il s'agit d'une juste récompense pour le maillot jaune qu'il pense capable de raviver la flamme dans le coeur des Français. Jean-René, Thomas Voeckler a encore été épatant dans le Plateau de Beille ? Oui. Je pense qu'il a souffert énormément mais tout le monde a souffert. On a vu une montée où la limite était atteinte et il était là. C'était la même image qu'à Luz-Ardiden avec Pierre Rolland, je me pinçais pour y croire. Je savais à 4 kilomètres de l'arrivée que c'était gagné pour le maillot jaune, parce qu'il n'y avait plus que des changements de rythme et Thomas adore ça. Je ne peux pas trouver les mots. Il a été maillot jaune dix jours en 2004, là il va faire son septième jour. C'est son destin. Notre destin n'a jamais été facile, mais toujours beau. On vous sent plein d'émotion... (les larmes aux yeux). C'est toute une histoire. C'est la famille, ses enfants, son masseur. On a créé un concept il y a 21 ans avec le sport-études, le Vendée U, et aujourd'hui ça marche puisque sept coureurs sur neuf habitent dans la même région et roulent ensemble. Ils partent en vacances ensemble. Ce que je sais aujourd'hui, c'est qu'en Vendée il va y avoir plein de petits Thomas Voeckler qui vont faire des courses de vélo. Il va y avoir une émulation et Thomas c'est un bon ambassadeur. C'est un garçon exemplaire. On a eu l'impression qu'il aurait même pu attaquer dans le dernier col ? Oui mais il faut lui demander à lui. On est maillot jaune il ne faut pas exagérer. Et attaquer pourquoi ? Non, Thomas c'est quelqu'un qui court juste, qui connaît ses forces. Il est parfois capable d'être devant pour faire de l'intox, on ne peut pas savoir. Il ne commet pas de fautes, il utilise ses forces à bon escient. "Le maillot jaune ne fait pas monter" Son maillot jaune l'aide à se dépasser à ce point-là ? Non c'est le coureur qui monte, le maillot jaune ne fait pas monter. Je peux vous le dire, je l'ai eu une journée et je l'ai perdu le lendemain. Evidemment ça crée beaucoup de fierté donc on va au bout du bout. Thomas, lui, il aime pas le Tour de France, il aime toutes les courses, il aime le cyclisme. Vous rendez-vous compte qu'on a un coureur français capable de gagner le Tour de France ? Ce que je peux vous dire, c'est que Thomas est un vrai leader pour les valeurs que le sport doit véhiculer. Les Français vont découvrir un type bien, bien élevé. C'est tout, après qu'il gagne le Tour de France... Aujourd'hui c'est du bonus. C'est une récompense pour Europcar. Est-ce que cela signifie que ce Tour est à visage humain ? Le cyclisme c'est des attaques, des défaillances, des joies et des peines. Des grimaces, des sourires. Il n'y avait pas toujours ça depuis dix ans et aujourd'hui on retrouve des choses qui vont faire que ce sport va vite retrouver sa place. Avec des belles images de la France, avec des belles images des coureurs. Et avec un beau leader dans le coeur des Français, Thomas Voeckler.