Bernard: "Une récompense"

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Bernard: "Une récompense"
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Malgré la médaille d'argent au bout, il ruminait son départ avec le relais 4x100 mètres nage libre dimanche. Alain Bernard a obtenu ce qu'il était venu chercher sur 50 mètres nage libre: valider par une médaille le travail accompli, parfois dans la difficulté, parfois avec des doutes, depuis un an. Non l'Antibois n'est pas fini et compte bien désormais défendre son titre olympique du 100 mètres nage libre l'été prochain à Londres.

Malgré la médaille d'argent au bout, il ruminait son départ avec le relais 4x100 mètres nage libre dimanche. Alain Bernard a obtenu ce qu'il était venu chercher sur 50 mètres nage libre: valider par une médaille le travail accompli, parfois dans la difficulté, parfois avec des doutes, depuis un an. Non l'Antibois n'est pas fini et compte bien désormais défendre son titre olympique du 100 mètres nage libre l'été prochain à Londres. Alain, que représente cette médaille de bronze ? C'est beaucoup d'émotions. Je l'avais dit, ça pouvait être ouvert, il y en a peut-être un ou deux qui se détachaient devant mais derrière il y avait la place. J'y ai cru, je ne me suis pas posé de questions. Et quand je vois que je suis troisième, je suis très content. Pour moi, c'est un peu une récompense après cette année où il y a eu beaucoup de doutes, beaucoup de remises en question, énormément de travail aussi que j'avais l'impression de ne pas avoir pu valider. Là, j'ai l'impression d'avoir validé quelque chose en un peu moins de 22 secondes. C'était très important pour le moral. Quel goût a cette médaille ? Celle de faire partie pleinement de cette équipe de France qui est très performante ici. On nous a reproché une certaine mauvaise en équipe de France mais notre préparation sait très bien passée. On a vécu des moments assez atypiques à Singapour. Et puis, chacun faisait son truc, chacun était professionnels et en même temps ouverts. Ça m'a fait plaisir de vivre cette aventure en équipe de France. Et ce n'est pas fini pour cette équipe. Mais je suis fier de moi et d'être un acteur malgré tout de cette équipe. Vous rappelez à tout le monde qu'Alain Bernard n'est pas fini... Loin de là, loin de là ! Il faut vider ces idées de la tête des gens. Ce n'est pas parce que ça ne marche pas un an ou deux qu'on n'est pas là. Il y a des grands champions qui ont réussi à rebondir et être même mieux qu'avant. Moi j'y crois, et tant que j'y crois, on ne m'enlèvera pas ça de la tête. Je ne sais pas si j'y arriverai mais je vais utiliser tous les moyens qui sont en moi pour faire le maximum. Et après, que je sois premier, deuxième, troisième ou sixième, que ce soit aux France, aux Monde, aux Jeux, je veux partir sans regret. "Sur 100 mètres, c'est très ouvert, j'en ai pris conscience cette semaine" Quel sentiment avez-vous eu en regardant le 100 mètres ? Je me suis dit que je n'étais pas si largué que ça. Sur une course, avec des repères en plus, je suis sûr que j'aurais pu être compétitif. Magnussen a nagé vite, certes, mais derrière ça reste ouvert. J'en ai pris conscience cette semaine, paradoxalement, sans nager le 100 mètres. Et c'est aussi important en vue de l'année prochaine. La médaille de bronze de Mélanie Hénique vous a-t-elle aidé ? Mélanie m'avait envoyé un texto en partant de l'hôtel: « je fais la surprise sur 50 pap à l'extérieur, tu n'as qu'à faire comme moi ! » Quand j'ai vu dans la chambre d'appel qu'elle faisait troisième, je me suis dit : « elle est folle, je vais devoir faire pareil ! » C'est une fille qui a énormément de talent, elle travaille beaucoup. On a une équipe de France très jeune et très polyvalente, c'est aussi ce qui fait notre force. Comment expliquez-vous cette réussite de l'équipe de France ? Depuis un, deux ou trois ans, il y a des choses qui sont mises en place individuellement dans les clubs. Je pense que l'on est de plus en plus tourné vers la performance de très haut niveau. Depuis la saga de Laure, Hugues et Malia aux Jeux Olympiques 2004, chaque année, ça prend de plus en plus d'ampleur. Il faut garder cette émulation. Il n'y a pas de secret, si on en est là aujourd'hui, c'est qu'il y a du travail derrière.